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   Le "négationnisme espagnol":

guerre civile d'Espagne 1936-1939

1ère partie : la "Non intervention"

Non -intervention : déclaration  de Léon Blum :

Historique de la "non intervention"

Le 18 juillet 1936, alors que l’euphorie consécutive à l’Accord de Matignon commence à retomber, la guerre civile espagnole éclate. Elle va passionner la vie politique française et commencer à diviser le Rassemblement populaire. De nombreuses similitudes vont contribuer à faire de ce conflit extérieur une affaire française. Géographiquement proche, l’Espagne est surtout une jeune République fragile, née en avril 1931 et gouvernée depuis février 1936 par une coalition de Frente popular.

Le 20 juillet 1936, José Giral, le chef du gouvernement espagnol de Frente popular, envoie un télégramme à Léon Blum, président du Conseil depuis le 4 juin, pour lui demander une aide immédiate afin de faire face au coup d’État militaire du général Francisco Franco. Léon Blum, dont la sympathie va naturellement aux républicains espagnols, entend honorer les engagements commerciaux pris l’année précédente par la France et livrer le matériel demandé par le gouvernement espagnol régulier et ami. Mais, face à la neutralité anglaise et à l’opposition de la droite française, le président du Conseil, qui craint un élargissement du conflit, propose le principe d’une non-intervention des grandes puissances européennes dans cette guerre civile.

Fin août, le projet est ratifié et, début septembre, un Comité de non-intervention est constitué.

Cette décision va diviser tous les partis réunis dans le Front populaire, excepté le Parti communisme .La SFIO et le Parti radical sont littéralement déchirés entre les partisans du soutien à l’Espagne et les opposants. Roger Salengro, Léo Lagrange, Max Dormoy ainsi qu’une partie de l’aile gauche du Parti socialiste se prononcent pour une aide effective tandis que Paul Faure, Georges Monnet, Charles Spinasse et Marceau Pivert soutiennent la non-intervention. Un Comité d’action socialiste pour l’Espagne est d’ailleurs créé le 1er décembre 1936 pour «rétablir l’Espagne dans ses droits, le socialisme dans ses devoirs». Chez les radicaux, la même division partage Pierre Cot et Jean Zay aux défenseurs de la neutralité (Camille Chautemps, Yvon Delbos et Edouard Daladier). Le Parti communiste français est le seul à être totalement opposé à la non-intervention. Article de presse adressé au peuple espagnol :

« Les travailleurs groupés dans la CGT française sont avec vous entièrement de cœur et d’esprit dans cette bataille contre l’oppression.»

La lutte des républicains espagnols est présentée comme une lutte universelle contre le fascisme, et la CGT met l’accent sur les conséquences d’une éventuelle victoire franquiste et sur le risque de voir la sécurité de

La France menacée sur trois frontières.

Aussi, dès la ratification de la convention de non-intervention par les principales puissances, le Bureau de la CGT se prononce contre. Il publie une déclaration affirmant que «la politique de neutralité n’est qu’une duperie." Elle doit être déconsidérée, les démocraties ne doivent pas céder aux insolentes agressions du fascisme international. La neutralité est devenue une véritable hypocrisie».

 La CGT va alors s’engager pour tenter d’obtenir une réorientation de la politique gouvernementale française. Le 5 septembre, une délégation des métallurgistes de la Seine propose à Léon Blum «leur appui total»pour toute mesure visant à la levée de l’embargo sur l’Espagne et lui annonce qu’une grève d’une heure sera lancée sur ce mot d’ordre deux jours plus tard. Blum ne cède pas, obligé par les circonstances, et Salengro doit reconnaître que 80% des 225000 métallurgistes parisiens suivent le mouvement le 7 septembre. La réussite de cette grève prouve le malaise et l’incompréhension d’une fraction importante du monde ouvrier vis-à-vis de cette décision gouvernementale de neutralité. La même opposition se retrouve à l’échelle internationale puisque, début octobre, les bureaux de la Fédération syndicale internationale et

  • l’Internationale ouvrière socialiste adoptent une première résolution intitulée «Le blocus de l’Espagne doit cesser ! En mission administrative de la CGT en appelle au gouvernement dans une déclaration intitulée «Le maintien de la non-intervention n’est plus possible» Le 25 janvier, une conférence des responsables de l’IOS et de la FSI réclame la réouverture de la frontière espagnole pour le passage du matériel de guerre. Elle demande également que le droit du gouvernement espagnol de s’acheter des armes lui soit légalement reconnu. La démarche est vaine et, le 1er avril 1939, la République espagnole est vaincue.

  • Aux yeux de la CGT, la non-intervention est la principale responsable de cette défaite. Toutefois, la CGT n’est pas une organisation monolithique. Une minorité pacifiste commence à se dessiner à l’automne 1936, parmi laquelle on compte des responsables importants du mouvement syndical tels Auguste Savoie, de la Fédération de l’alimentation, Pierre Milan, de la chapellerie, Pierre Vigne, du sous-sol, ou Georges Dumoulin, de l’Union départementale du Nord. Après Marcel Roy, secrétaire de la Fédération de la métallurgie, André Delmas, secrétaire général du Syndicat national des instituteurs, se prononce officiellement pour la politique de non-intervention au mois de décembre 1936. On sait également que René Belin, secrétaire confédéral, la soutient. À la Fédération des PTT, dont il est originaire et où il garde une influence certaine, une fraction importante des syndiqués et des dirigeants, tel Albert Perrot, justifie cette politique et considère que«Léon Blum, c’est la paix».

  • Le gouvernement français sous Léon Blum veut la neutralité (idée de Léon Blum ) pour l'Espagne. Les britanniques y adhèrent d'office ne désirant pas voir le conflit durer et veulent que la question espagnole soit réglée d'elle-même. Les Britanniques étaient fermement décidés à éviter que la guerre civile ne dégénérât en un conflit généralisé , bien que le gouvernement et le Foreign Office (à l'exception d'Anthony Eden), entretinssent de discrètes sympathies pur Franco. Les exilés espagnols furent affligés de voir qu'à la fin de la guerre mondiale, l'Angleterre et les Etats Unis ne retournaient pas leurs armes contre le général Franco et ils continuent de leur en tenir rigueur. Les guérilleros qui avaient combattus contre les allemands tentèrent de 1944 à 1949 de mettre sur pied des opérations de reconquête.(à suivre) II ème partie

Manifestation en faveur de l'aide à la République Espagnole

Manifestation en faveur de l'aide à la République Espagnole

Tag(s) : #la non intervention, #dictionnaire guerre d'Espagne
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