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conte de la marelle
" La couronne du prince"

Il était une fois une belle jeune fille qui gardait des moutons dans une charmante prairie, nommée le Val Blanc tout près d'une montagne . Il faisait très chaud et la demoiselle , bien que portant un adorable chapeau de paille décoré de cerises , s'était mise à l'abri sous un grand tilleul dont l'ombre la préservait des rayons du soleil ! Août avait succédé à juillet dans sa robe dorée. Le champ qui se déroulait devant elle et où paissaient agneaux et brebis ,étaient couvert de fleurs .Aussi pour s'occuper les avait -elle cueillies ainsi que quelques brins de paille et en avait-elle fait une magnifique couronne

.Vint à passer deux cavaliers. Voyant la belle dans le pré, ils descendirent de leur monture et s'approchèrent :

-N' ayez crainte ! Rassura le plus beau des deux .

-Je n'ai pas la moindre crainte ! Sourit la jeune fille.

-Que faites vous par cette chaleur ? Questionna le même jeune homme ?

-Comme vous voyez ,je garde les moutons et je m'occupe en tressant une couronne !

-Me donnerez -vous cette couronne ? Questionna le garçon.

-Si vous la désirez ?

Et elle lui tendit la couronne. Il la mit sur la tête et demanda à son compagnon ,Sylvain, qui était son écuyer , de le laisser. Ce qu'il fit. Le jeune couple discuta une bonne heure de tout et de rien : des fleurs, des chansons, de la vie...mais ne parla ni de famille ni de leurs origines .

 

Une jeune paysanne très mignonne apparut tout en haut de la colline :

-Mademoiselle c'est l’heure. Il vous faut renter !

-Oui Manon, je viens !

La jeune fille prit alors congé. .

-Garder cette couronne avec vous ! Lui dit le jeune garçon. Je viendrai la chercher demain .

Ils se quittèrent ainsi..

Le jeune homme repartit au château royal car c'était un prince. Il retrouva son écuyer non loin, qui l'attendait et qui avait fait connaissance avec la jeune Manon. Le prince se confia à lui : il avait un rendez vous demain .Sylvain demanda de l'accompagner pour revoir Manon.

Le lendemain les deux jeunes gens retournèrent dans la prairie mais il n'y avait pas de bergère, ni de paysanne, seul un petit berger était là et sifflotait dans un pipeau.

Le prince demanda à l'enfant :

-La jeune fille n'est pas là aujourd'hui ?

Le garçonnet répondit :

-Je ne sais pas de qui vous parlez ! Il n'y a que moi et les moutons !

-Et Manon la petite paysanne, ne l'a tu pas vue ? Questionna Sylvain.

L'enfant fit les yeux ronds et dit avec beaucoup d'aplomb :

-Je ne connais pas de Manon !

Malgré l'insistance du jeune homme, le gamin ne dit plus un mot et s'en alla plus loin garder ses moutons.

Tous les jours de l'été, le prince et son écuyer revinrent au même endroit. Ils voyaient au loin le bambin mais point de jeune fille. Ils ne cessaient de penser à elles ! Mais le prince ne désarma pas.

Vint l'automne. Septembre passa , puis octobre avec ses couleurs merveilleuses toute la prairie et les bois étaient en feu mais en feu de lumière bien sûr ! Les violets, les pourpres, les jaunes tout cela faisait une féerie de couleurs !

Il faisait si doux ce jour là. Notre jeune prince arriva dans cette nature luxuriante accompagné de Sylvain. Il vit la silhouette féminine tant désirée. Il s'en approcha , laissant l'écuyer en arrière : c'était la même jeune fille vêtue de couleur pourpre et violette dans une robe splendide , les cheveux sagement noués en nattes ravissantes sur la nuque :

-Mais où étiez vous passée ? questionna t-il ? Je suis venu tous les jours ici ?

La jeune fille qui tressait une autre couronne de bruyères, de feuilles rousses, et de lierre lui sourit :

 

-Je n'étais pas très loin mais je n'ai pu me libérer !

-Je ne sais même pas votre prénom !

- On m' appelle Fleurine !

  • Comme ce nom vous va bien ! Moi je m'appelle Guillaume.

    Ainsi ils parlèrent une bonne heure encore de tout et de rien sans se confier vraiment..Encore une fois la jeune Manon réapparut et s'écria du haut de la colline :

    -Vite Mademoiselle , on vous attend, vous êtes en retard !

    Sylvain grimpa allègrement la colline et salua avec beaucoup d'émotion Manon qui le lui rendit .Ils échangèrent brièvement paroles !

    Fleurine proposa à Guillaume de garder la seconde couronne .

  • Cette fois il la prit :

  • Faites- moi la promesse de revenir demain !

  • Je ne fais aucune promesse ! Sourit Fleurine . Je ne le peux !

  • Mais serez- vous là demain ?

    - Les brebis et tout le troupeau doivent retourner aux étables car l'hiver arrive . Je ne peux rien vous garantir !

    Le jeune homme attristé mais heureux d'avoir retrouvé, celle pour qui son coeur battait si fort, lui remit une bague en gage de son amitié :

    -Ainsi serez-vous obligée de revenir ici pour me la rendre ! Lui lança t -il !

  • La jeune fille la prit et la mit à son doigt, et partit en courant dans le brouillard rejoindre Manon .

-Bah se dit Guillaume ! Je pourrais toujours la retrouver à présent je connais son nom, le nom de sa servante et l'endroit où elle vit !

Il revient le lendemain avec la couronne accrochée à la selle , mais la demoiselle n'y était pas. De retour au château, il se rendit aux écuries, détacha le harnais et posa la couronne sur un muret , le temps de reconduire son cheval dans son boxe. L' âne du château voyant cette belle couronne si appétissante abandonnée sur le mur, crut qu'elle était pour lui , et la mangea goulûment. Quand le prince ressortit , l'âne digérait tranquillement son « bon repas ». Le jeune homme furieux donna un coup de bâton à l'animal qui s'échappa en brayant ne comprenant pas le courroux de son maître !

Tous les jours de novembre, le prince retourna avec son ami dans cette prairie, en vain .

Alors il décida de faire ses recherches. Et se fit aider . Sylvain , recherchait lui aussi Manon . Guillaume n'avait pas dit à Fleurine qu'il était le fils du Roi pour ne pas l'effrayer ! Il envoya donc des messagers accompagnés de Sylvain dont la mission était de retrouver la jeune bergère « Fleurine « qui demeurait dans la Val Blanc au pied de la montagne .

En vain ! Personne ne l'avait vue ni ne la connaissait ! Le jeune pastoureau restait muet comme une carpe …Comme cela était curieux !

Guillaume ne désespéra pas !

-Elle aime les saisons, la nature, elle doit avoir quelques secrets à garder ! J'attendrai ! Je la reverra au prochain hiver.

Ainsi il attendit décembre et Noël . C'était la veille de la Nativité .

Partout on s’apprêtait à fêter en famille ! Guillaume dans l'après- midi s'habilla chaudement et partit pour la prairie. Son ami Sylvain l'accompagnait ! Arrivés dans le val Blanc , les jeunes gens aperçurent la jeune fille dans le pré couvert de neige, près d'elle deux agnelets. Vêtue d'une magnifique capeline bleu-nuit de fourrure blanche, Fleurine des gants blancs très chauds à ses jolies mains , confectionnait avec dextérité, une couronne de houx de gui et de branches de sapin .Guillaume demanda à son ami de s’éloigner. Il s'approcha d'elle :

-Fleurine cela fait des jours et des jours que je vous recherche !Vous n'habitez pas notre province ?

La jeune fille hocha la tête

-Vous m'avez manqué aussi ! Murmura t -elle en rougissant .

-Que faites vous ici ?

-On m'a demandé de sortir ces petits agneaux pour leur faire prendre l'air car ils avaient du mal à respirer..

-Ils semblent bien aller ! Lui dit Guillaume.

-Oui je suis très contente ! L'air est vivifiant pour eux !! Avez vous toujours ma couronne ?

-Hélas ! lui dit Guillaume ! L'âne l'a mangée le lendemain même !

-Alors je ne peux garder votre bague !

-Je vous en prie gardez la ! Insista Guillaume . Donnez moi cette couronne de gui en échange . Je promets qu'aucun animal ne la mangera ni aucun humain d'ailleurs !

Fleurine éclata de rire et accepta l'échange.

-Ce soir c'est Noël ! Dit Guillaume ! J'aimerai tant vous avoir auprès de moi !

- Mais cela ne se peut pas ! Je ne sais rien de vous même pas votre nom !

-C'est vrai ! Je ne me suis pas présenté ! Je suis le fils du Roi Gontran , son fils aîné Guillaume !

-Et vous pensez que le Roi et votre mère la reine vont accueillir une étrangère, une bergère dans leur château ?Et en quelle qualité ? Votre amie ? Aucune jeune fille ne peut accepter une telle invitation. D'ailleurs il est temps que je rentre ! Déjà une heure que je suis ici et la neige qui recommence à tomber ! Voilà Manon !

-Mademoiselle Mademoiselle ! pressez- vous ! On vient !

Sylvain eut juste le temps de saluer la petite Manon si charmante dans son long manteau de fourrure marron clair !

- Adieu Guillaume ! Dit Fleurine

-Ne nous quittons pas ainsi ! Implora Guillaume !

-Vous avez raison ! Dit Fleurine . Voilà ma couronne de l'hiver . Gardez-là auprès de vous cette nuit , elle vous rappellera ma présence et moi je garde votre bague !

Le jeune homme prit la couronne et fit un baiser sur la main gantée de Fleurine .

-Quand vous verrai -je ? Insista le prince ?

Fleurine ne lui répondit pas et s'enfuit avec Manon .

Guillaume s'en retourna au château mélancolique, et garda la couronne près de lui , près de son lit .Le lendemain il retourna à la prairie mais ne revit pas Fleurine. Il rentra au château, déprimé. Comme il cherchait la couronne ,il appela la servante :

-Servante où est la couronne de houx ?

-Ah Seigneur ! Comme Noël était passée et que les épines de sapin tombaient dans toute la chambre , je l'ai jetée avec le sapin quand j'ai fait le ménage !

-Et sans me demander mon avis ?

-Mais ce n'était qu'une couronne de gui et de houx ?

-C'était ma couronne ! Sotte ! De quoi vous mêlez vous! Où l'avez vous jetée ?

La pauvre servante guida le prince jusqu'aux jardins . Le sapin était à terre, avec des branches, des bois et les restes de ce qui avait été la belle couronne de Fleurine ! L'âne n'était pas très loin et s'était enfui à l'arrivée du prince ,des branches de gui et de houx dans la gueule ! Guillaume entra dans une terrible colère. Il renvoya la servante et promit de battre à nouveau l’âne quand il l'attraperait !

La servante en pleurs alla se plaindre la reine. Celle-ci fit venir son fils :

-Que t’arrive t-il ? Renvoyez cette pauvre Lison pour une couronne de sapin ? Elle n'a fait que son travail ! Es-tu devenu fou ?

-Oui ma mère ! Je suis fou d'amour pour une belle jeune fille qui m'avait fait cette couronne !

-Et pourquoi tant de cachotterie ? Où vit cette petite princesse ?

-Ma mère ce n'est pas une princesse !

-Alors où vit cette une duchesse ?.

-Ce n'est pas une duchesse !

-Comtesse, marquise ou baronne , personne de notre rang de ton rang!

-Ce n'est ni une comtesse ni une baronne ni une marquise ni une …...! Murmura Guillaume très gêné.

-Alors c'est une reine ou une impératrice ?

Guillaume s’arrêta net. Il comprit que sa mère n'accepterait jamais qu'une simple bergère devienne sa belle fille. Il devait pour l'heure, protéger son amour .La reine crut que son fils était amoureux d'une reine et que cet amour devait être impossible ! Cette reine était- elle déjà mariée ?

En tout cas c'est ce qu'elle dit à son époux, le Roi ,le soir même :

-Sire je crois que notre fils est tombé amoureux d'une Reine mais que cet amour est sans lendemain ! Sans doute est -elle déjà mariée ?

-Bah dit le Roi ! Un amour de jeunesse! Laissons -lui encore un peu de temps, puis nous exigerons qu'il choisisse une princesse libre pour l'épouser et pour nous donner une descendance !

Cependant Guillaume gardait espoir. Il retrouverait Fleurine à la prochaine saison..Il attendit .L'hiver passa . Mars, avril et vint le beau mois de mai.

ll retourna, avec son écuyer, dans la prairie du Val Blanc qui en cette saison était si verte , si fleurie de rosiers sauvages.. Il revit la jeune fille.

Elle était vêtue d'une robe verte bordée de dentelles blanches et de broderie de fleurs délicates blanches comme le muguet , roses comme la rose et violette comme le lilas, sur ses épaules un châle blanc de soie léger et les cheveux sagement rangés en une grosse tresse retombant gracieusement sur son épaule. Fleurine confectionnait une couronne de muguet, de lilas et d'oeillets .Auprès d'elle les petits agneaux avaient grandi et gambadaient dans le pré et pourchassaient les premiers papillons. Elle fut très heureuse de revoir Guillaume. Sylvain s'éloigna comme d’habitude. Les deux jeunes gens partagèrent une heure merveilleuse .Fleurine était encore plus belle .

Le temps passa, et Manon réapparut appelant Fleurine. Sylvain se précipita vers elle : ils échangèrent de doux propos.

-Hélas je dois m'en aller à présent ! Dit Fleurine .Prenez cette couronne de fleurs , ainsi vous penserez à moi !

-Je n'ai pas besoin de couronne pour pensez à vous ,belle Fleurine ! Mais je la prends car c'est votre ouvrage ! Je voudrai vous présenter à ma famille ! Lui dit Guillaume

-Je doute qu'elle m'accepte ! Dit Fleurine.

-Eh pourquoi ?

-Vous le savez bien ! Vous êtes prince et moi je ne suis qu' une bergère des quatre saisons ! Jamais vos parents ne voudront de moi !

-Et moi je veux de vous ! S'écria Guillaume.

-Cela ne suffira pas mon aimé. Moi aussi je voudrais..mais cela est impossible !

-Non ! Insista Guillaume . Je le veux ! Et il lui prit la main.

Fleurine en larmes posa un baiser sur les lèvres fiévreux de son amoureux ,et s'enfuit .

Guillaume se mit alors à a poursuivre .Il allait la rattraper quand cinq chiens bergers immenses se dressèrent devant lui et devant Sylvain ,les empêchant d'aller plus en avant .Guillaume pensa que ces colosses étaient venues secourir Fleurine, la croyant en danger .Il s’arrêta net .Les silhouettes de Fleurine et de Manon venaient de disparaître à l'horizon.

Les jeunes garçons rentrèrent chez eux le coeur gros .Guillaume avait oublié dans l'émotion la quatrième couronne de muguet et de lilas de Fleurine, dans le pré ! Il y retourna aussitôt mais les oiseaux chanteurs s'étaient emparés d'elle, et s'en servaient pour construire leurs nids !

Le lendemain il retourna dans la prairie .Personne ! Ni pastoureau ! Il s'aventura à la recherche de la ferme aux agneaux » .Il en visita plusieurs mais ne retrouva ni Fleurine ni Manon .

Le lendemain il poursuivit ses recherches et se fit aider par Sylvain et ses domestiques...

Alors il décida d'attendre et de laisser faire le temps .Il attendit l'été .Chaque jour il avait l'espoir de retrouver l'élue de son coeur .Mais Fleurine ne revint pas cet été. Il attendit l'automne. Mais Fleurine ne revint pas cet automne. L’hiver et Noël! Rien pas de Fleurine dans la prairie du Val Blanc ni ailleurs ; et le printemps, toujours pas de Fleurine ! Une année s'était écoulée !

Le vieux Roi tomba malade et appela son fils :

-Il faut te marier et avoir un héritier ! Fini les enfantillages ! C'est un ordre ! Tu dois prendre une épouse !

Guillaume tenta de gagner encore du temps mais sa mère la reine lui rappela ses devoirs :

-Mon fils ton père est très inquiet : il ne voudrait pas partir avant d'avoir eu un petit fils pour assurer la succession . Tu dois te marier. Voilà presque deux que tu poursuis une chimère, un rêve d'après ce que l'on m'a dit. J'ai obligé Sylvain à me dire la vérité ! Cela suffit. Nous avons été patients, je crois ! Maintenant nous n'avons plus de temps à perdre .Tu dois choisir si non, nous choisirons à ta place !

Guillaume alors imposa ses conditions :

« Un concours de couronne ouvert à toutes les jeunes filles du royaume ,des contrées voisines et lointaines : comtesse, reine, princesse, servante, chanteuse, bergère ! Quelque soit leur condition ! »

Le Roi et la Reine refusèrent d'abord mais devant l'intransigeance de leur fils et l'urgence de la situation , acceptèrent ! La jeune fille qui rapporterait la couronne faite de ses mains et digne du coeur du jeune prince , aurait sa faveur et deviendrait sa femme. On fit placarder de partout cet avis .

  •  

« Oyé oyé braves gens baves damoiselles approchez et écoutez :

un grand concours de couronne est ouvert à toutes les jeunes filles du royaume et d'ailleurs ! De sang royal ou roturières, princesse duchesse ou simple bergère ! La jeune personne qui réalisera la couronne qui plaira au prince Guillaume deviendra la future princesse et par deçà la future Reine ! Qu'on se le dise ! Oyé oyé braves gens !! »

Guillaume fit venir Sylvain auprès de lui et lui demanda un grand service : comme il ne pouvait s'absenter , Sylvain devait reprendre les recherches à sa place et d'aller au delà des frontières du royaume à la recherche de Fleurine. Guillaume lui remit des bourses d'or pour délier les langues.

Sylvain qui était aussi motivé que Guillaume dans cette recherche à cause de Manon, partit aussitôt.

Pendant ce temps, l'avis avait fait grand bruit et alors accoururent au château du Roi, princesses, paysannes, aventurières, reines , avec des couronnes aussi belles les unes que les autres, avec des feuilles d'or, des pierres précieuses, des couronnes de bois peints sertis de rubis, celle de bronze, de fer forgé précieux, des couronnes aux fleurs de soie, celle coulées en argent d'autres plus simple en osier , en tissu odorant, en perles des mers ,en pierres volcaniques et même en pierres lunaires ! Mais à chaque fois Guillaume les refusait. Le Roi se mit très en colère :

-Que cherches-tu Guillaume à gagner du temps ! Aucune vraiment aucune de ces magnifiques couronnes ne te convient ?Aucune de ces jeunes filles qui ont tant travaillé sur ces couronnes ne te plaît ? Comtesse , Baronne, servante, ???

-Père dit Guillaume , un peu de patience !

-De la patience mon fils je n'en ai plus ! Trois jours je te donne trois jours et le troisième jour au coucher du soleil si tu n'as pas choisi, c'est moi mon fils qui choisirai avec ta mère , pour toi !

Guillaume retourna très affecté dans sa chambre. Il n'arriva pas à fermer l'oeil de la nuit.

Il envoya un messager à Sylvain l'informant qu'il n'avait plus que trois jours . Alors le jeune écuyer franchit la frontière de neige et s'en retourna auprès du jeune pâtre guidé par l'intuition .

- Comment t'appelles-tu mon garçon ? Questionna Sylvain gentiment :

-Patrice !

-Sais- tu Patrice que tu peux devenir très riche si tu le veux et ainsi changer de vie ?

-Ah et que dois-je faire ?

-Répondre avec sincérité à mes questions ! Expliqua Sylvain.

Alors l'enfant s'expliqua : il avait menti ! Il connaissait très bien Fleurine et Manon .S'il s'était tu ,c'était pour se couvrir et couvrir Fleurine qui s'appelait en fait : Fleur. C'était lui qui l'avait baptisée ainsi Fleurine .Il l'aimait beaucoup. C'était la fille d'un régisseur important d'un royaume voisin .L'homme visitait quatre fois par an les domaines de son seigneur. Fleur sa fille l'accompagnait lors de ses déplacements. Elle avait pris en amitié, Patrice, lui le petit pâtre dont personne ne s'occupait .Lui qui travaillait si durement sans avoir de temps pour jouer avec ses amis, les garnements du village. Petit orphelin , Patrice avait été placé dans cette ferme, et n'était pas heureux. Les maîtres étaient durs. Alors Fleurine le considéra un peu comme « son petit frère ».Elle lui proposa de le remplacer durant une heure pour lui permettre d' aller jouer avec ses amis. Personne n'en saurait rien : ni les paysans, ni son père . Elle dirait à ces hommes ,qu'elle restait avec le patre dans le pré prendre l'air et jouer avec les agnelets. Son père exigea cependant que Fleurine soit de retour , dans une heure! D'ailleurs Manon la servante irait l 'appeler ! Ainsi le petit pâtre put-il le jour de la première rencontre de Fleurine et Guillaume, aller se baigner tranquillement une heure durant , dans la rivière avec trois de ses compagnons, et chaparder abricots et pêches des vergers voisins, cueillir mures et framboises sauvages sans oublier les myrtilles des bois ! Le jour d'automne ,alors que Fleurine surveillait ses moutons, il put aller cueillir des châtaignes, des noisettes et des champignons et chasser les lièvres des forets ; l'hiver il put aller glisser sur le lac gelé , récupérer aussi des perce- neige , du houx, du gui, du sapin pour décorer une petite crèche que ses amis et lui avaient faite dans une grotte près du lac ; et le jour du printemps, Patrice profita de cette heure de liberté pour aller à la pêche avec ses fidèles compagnons ,et savourer le poisson attrapé qu'ils avaient fait griller ! Voilà pourquoi il ne pouvait parler de Fleurine et dire toute la vérité !

L' écuyer essaya ensuite de retrouver la jeune Fleur ! Impossible ! Il ne savait où la chercher, même Patrice ne savait où elle demeurait .

La nuit tomba et Sylvain s’assoupit au pied d'un arbre. Le lendemain il reprit ses investigations sans aucun résultat. Sylvain marcha tout ce deuxième jour . Epuisé il s'écroula au pied d'un arbre : quatre rossignols l'entourèrent. Il leur parla :

-Jolis rossignols ,mon ami le prince ,est bien malheureux ! Ne connaissez vous point une jeune fille du nom de Fleur ? De grâce portez -lui de ce message, car je crains que demain il ne soit trop tard pour tous les deux !

Les oiseaux chantaient et piaillaient .Le plus gros saisit soudain la feuille sur laquelle Sylvain avait écrit une lettre à Fleur l'implorant de se présenter au château dès demain avec une couronne . Le rossignol messager s'envola suivi de ses compères. Sylvain s'endormit heureux sans savoir pourquoi .

Le lendemain il s'en retourna au château. Guillaume l'attendait impatiemment. Il lui rapporta les fruits de son enquête : l'identité de Patrice, de Fleur ….sauf qu 'il n'avait pas réussi à la localiser. Guillaume demeurait inquiet. Mais Sylvain ajouta :

-Quatre rossignols sont venus à moi ! Ils vont apporter ma lettre à Fleur !

-Merci Sylvain ! Lui dit Guillaume .Je sais que tu as fait tout ton possible. Merci tu es un véritable ami !

Dans la nuit ,Guillaume entendit du bruit sur le rebord de sa fenêtre :c'était les rossignols tenant chacun dans leur bec, une plante : un bleuet ; un brin de bruyère , une branche de houx, et une branche de gui . Guillaume prit le bleuet la bruyère, le gui et le muguet .Il les regardant tous les quatre et comprit que Fleur lui envoyait un message. Elle viendrait demain…

Le troisième jour arriva.

Il passa bien lentement. Encore des courtisanes avec leurs couronnes, et leur jolis sourires ! Mais Guillaume n'en avait cure . C'était le soir, et les derniers rayons de soleil faiblissaient. Déjà l'astre se couchait au loin. Les dernières concurrentes s'étaient présentées et Guillaume n'avait toujours pas fait son choix. Le Roi allait se lever et choisir à sa place, quand une volée de rossignols pénétra par la fenêtre entrouverte et lâcha sur l'assemblée une pluie de pétales de roses, de muguet, de bruyère et de gui. L'assistante enchantée et amusée applaudit. On annonça l'arrivée de la dernière concurrente :

-« Fleur des Quatre Saisons du Val Blanc ! »

Guillaume paralysé regarda celle qui venait à lui. Plus belle que jamais la jeune Fleurine, les cheveux blonds tombant en boucles régulières sur ses fines épaules,s'avançait avec grâce dans une robe divine aux couleurs de l'arc-en-ciel, une couronne à la main :

-Voici mon prince la couronne que vous attendiez ! Dit-elle avec assurance en faisant une révérence.

Guillaume ému aux larmes s'approcha, prit la couronne faite des fleurs des quatre saisons, serties de perles de rosée, enrubannées des couleurs du jour et de la nuit, et décorée de gelée d'argent , et de poussière d'étoile filantes .Il la posa sur sa tête et s'adressant à son père et à sa mère il dit avec fermeté :

-Voilà père ,voilà Mère , la couronne que j'attendais et la jeune fille que j'attendais ! Merci de m'avoir donné du temps ! Merci d'avoir été si patients.

Puis s'adressant à Fleur :

-Voulez- vous être ma femme ?

La jeune fille accepta à trois conditions : que Manon son amie épouse le jeune écuyer Sylvain dont elle était éprise ; que Patrice, le petit pâtre reste auprès d'elle au château , ainsi que son père .

Les deux mariages furent célébrés sur l'heure .

Un an ne s'était pas écoulé ,qu'un garçon naissait au château : le petit fils du Roi, l'enfant de Fleurine et de Guillaume . Quant à Manon elle mit au monde également un petit garçon ! Les deux nourrissons grandiraient ensemble comme des frères ! Quant au petit pâtre , il eut le temps de jouer ,certes ,mais aussi d'étudier pour devenir un savant. D’ailleurs la nouvelle princesse exigea que tous les petits pâtres ou paysans ,paysannes, tous les enfants du royaume aillent à l'école et aient le temps de jouer !

Tag(s) : #conte La couronne du prince, #conte
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