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La légende de la grande crevasse

 

C'était un beau matin  de juillet .  Un couple et ses trois enfants : Gautier, un grand garçon sérieux et très brun,

Jocelyn le blondinet,

et Gaïa la petite dernière , avaient passé la nuit dans un refuge en haute montagne à 3000 mètres d'altitude . Les parents ,bons alpinistes, projetaient de faire l'ascension du  » Mont perdu » .Ils confièrent leurs enfants à Mathias , un ancien guide reconverti en hôtelier et partirent de très bonne heure avant l'aube. L'ascension ne durerait qu'une demi -journée et ils seraient de retour pour le dîner.

Mathias fut un bon animateur et occupa la petite tribu en cueillette de plantes, en observation de marmotte, chamois , aigle. Il fut aussi un excellent conteur en leur racontant des histoires des montagnes, celles des chevreuils, de la crevasse, de la montagne interdite et de la fée des glaces dont il fallait se méfier. L'après midi était déjà bien engagée quand Mathias fut appelé d'urgence dans la vallée .Avant de descendre ils prévint les enfants :

-Surtout restez ici ! Vous avez des livres ! Je suis de retour dans deux heures .

-Ne t’inquiète pas Mathias ! Rassura le plus grand, Gautier.

Le vieux guide partit avec ses bâtons de marcheurs, plus bas à deux kilomètres il prendrait sa camionnette pour se rendre au village....

Le temps passa et la petite soeur proposa :

-Et si nous allions à la rencontre des parents ! Cela leur ferait une surprise !

-Oh oui ! S'écria Jocelyn .

Gautier ne put les retenir et pour calmer leur ardeur, leur proposa de ne pas aller plus loin que le petit lac mauve à peine à cinq cent mètres et visible du refuge . Les petits acceptèrent ce compromis. Ils enfilèrent chaussures et casquettes alors que Gautier prépara son sac à dos.

Le soleil était haut dans le ciel. Il faisait presque chaud. Le petit groupe atteignit assez vite le joli plan d'eau ou le ciel se mirait dedans. Gaïa enleva ses chaussures et se trempa les pieds tout comme Jocelyn. Soudain un bouquetin et son petit s’approchèrent pour boire. Les enfants ravis les observèrent puis les bêtes détallèrent. Gaïa et Jocelyn remirent leurs chaussures et se lancèrent à leur poursuite sous les désapprobations du grand frère .

-Revenez revenez !

En vain. Ils avaient disparu au tournant du versant et arrivèrent vers le plateau de neige .Les chevreuils étaient là . Ces derniers décampèrent à l'arrivée des enfants, escaladant des rochers abruptes .

Gautier avaient rattraper Gaïa et Jocelyn devant le glacier il n'était qu'à six mètres d'eux :

-Comme c'est beau ! s'écria Gaïa : on glisse comme à la patinoire !

-Regarde ! S'écria Jocelyn ce trou !

Gaïa s'approcha et s’exclama :

- Oh on dirait comme..

Elle ne finit pas sa phrase, la glace céda sous le poids des deux enfants qui furent projeter au fond du trou , de la crevasse.

Gautier vit sa soeur et son frère disparaître

-Où êtes vous? Hurla t -il ? Jocelyn, Gaïa !

Pas de réponse . Le garçon atteignit le trou béant   et aperçut au fond les corps allongés sans réaction de son frère et de sa soeur .

Il sortit une corde de son sac , l'accrocha à un pieu et descendit rejoindre les blessés qui avaient perdu connaissance mais qui respiraient. Gautier décida d'aller chercher du secours, mais la corde qu'il avait précipitamment accrochée se détacha et il glissa lui aussi au fond de la grande crevasse .Il se mit à crier !

-Au secours , on est là !

Mais qui allait bien pouvoir passer par là  et les sauver ?

Les petits gémissaient et leur corps se refroidissaient .Que faire ?

Gautier retira de son sac les cahiers , les livres et un briquet. Il fit un feu mais le papier brûlait bien vite. Alors il chercha au fond de la crevasse quelque chose pouvant servir de combustible..Il découvrit des racines . Il alimenta son feu de ce bois providentiel et approcha les petits du feu .Il les réchauffa aussi en leur faisant des frictions comme il avait appris avec les secouristes de son école.

Pendant ce temps Gaïa et Jocelyn étaient dans un autre monde : une belle fée des glaces se dressait devant eux en robe de flocons de neige et en cape de nuages. Elle leur souriait et leur proposait de la suivre dans son royaume des neiges éternelles. Elle les invitait à monter dans sa belle calèche tirée par des ours blancs. Elle offrait un collier de diamant à Gaïa, et une ceinture de rubis à Jocelyn. Elle les envelopperait dans de douces fourrures de visons et de marmotte. Ils n'auraient plus jamais faim, froid, peur. Elle leur tendait ses mains bleues parées de bagues merveilleuses. Les enfants s’apprêtaient à monter avec elle, lorsque Mathias apparut :

-Mathias c'est toi ? Tu es revenu du village ?

-Oui ! Il ne faut pas aller avec cette fée car si on vous ne reverrez jamais vos parents .

-la fée sourit et s'approchant des enfants , les prit par la main

-Allons il est temps de dire au revoir à votre ami. Un monde merveilleux nous attend

-Non ! Hurla Mathias ! Tirant à lui les enfants ! Partez vous !

-C'est  aux enfant à décider ! Dit la belle dame.

-Avec qui voulez vous partir  ?

Les enfants se tournèrent vers Mathias et allèrent se blottir contre lui.

La fée alors monta dans son carrosse et disparut .Gaïa et Jocelyn se réveillèrent .Ils n'avaient plus froid ; même un peu trop chaud près du feu ardent .

-Mathias ? Questionna Jocelyn en regardant autour de lui

-Où est Mathias ?

-Certainement à notre recherche ! Dit Gautier rassuré. Vous allez bien ?

-J'ai mal à l'épaule ! Lui dit Jocelyn et un peu à la tête mais ça va ! Que s'est il passé ?

-Vous êtes tombés tous les deux ! Et toi Gaïa ça va ?

- Je ne peux me redresser j'ai mal à la jambe, à la cheville .

Gautier palpa la cheville de la petite qui hurla

-Eh bien une entorse, une foulure au bras ! Belle promenade ! Soupira Gautier.

Comme il maugréait les deux chevreuils se pointèrent en haut de la crevasse

-Ah vous voici petits voyous ! S'écria Gautier ! C'est à cause de vous que nous sommes là !

Les animaux semblèrent comprendre le message et disparurent.

-Vous m'avez fait une peur terrible ! Dit Gautier

-Nous avons vu Mathias dans la crevasse et la fée des glaces dont il nous avait parlé dans son histoire  ! Expliqua Gaïa. Ils nous a empêchés de partir avec la belle dame .

-Oui ! confirma Jocelyn .Nous les avons vus : la fée des glaces très belle et Mathias.

Gautier pensa que le choc, et le coup sur la tête avaient provoqué ces hallucinations. Il ne chercha pas à contredire sa soeur et son frère .

-Il faut signaler notre présence à Mathias car il doit être à notre recherche. Essayons de maintenir le feu pour que la fumée sorte de la crevasse .

Mathias de retour bien plus tôt que prévu ,se lança immédiatement à la recherche des enfants ayant un mauvais pressentiment. Il était devant le lac mauve lorsqu'il vit deux chevreuil un adulte et un petit qui semblaient l'attendre. Mathias les suivit persuadé que les bêtes le guideraient vers les enfants. Les chevreuils le conduisirent, en effet, devant la crevasse 

-Ohé ! S'écria Mathias . Vous êtes tous ici bien vivants ?

-Oui Mathias ! Deux blessés légers mais nous sommes bien vivants !

-Je vais vous hisser hors de là.

Et le guide les sauva . Il prit Gaïa sur ses épaules .Jocelyn blessé à l'épaule était soutenu par son grand frère. Ils rentrèrent au refuge.

Les parents arrivèrent une heure plus tard. Un médecin avait été appelé pour soigner les plaies des petits sans gravité.

Mathias s'en voulait d'avoir laissé les enfants seuls :

-Ce n'est pas de votre faute ! Lui dirent les parents .Mais de la nôtre !Merci Mathias de les avoir ramenés.

-C'est ma faute ! dit Gautier la tête basse . C'était à moi de les empêcher. J'avais promis à Mathias de rester dans le refuge !

-Non ce n'est pas ta faute ! Dit Jocelyn à son grand frère. C'est de la mienne ! J'ai voulu suivre Gaïa et je t'ai désobéi !

Et Gaïa ajouta :

-Moi je dis que ce n'est ni la faute des parents, ni la faute de Mathias, ni la faute de Gautier, ni la faute de Jocelyn mais la faute des deux chevreuils qui voulaient qu'on les suive et qui nous ont conduit dans la crevasse !

Tous se mirent à rire mais Mathias précisa :

-Non petite ! ce n'est pas la faute non plus des chevreuils car ce sont eux qui m'ont indiqué où vous étiez ! Ils sont venus à ma rencontre et m'ont guidés jusqu'à la crevasse !

Les enfants étonnés l'écoutaient

-Alors c'est la faute à qui ? S'écria Gaïa.

-Peut être à la fée des glaces ! Conclut malicieusement Mathias .

 

 

Tag(s) : #mini conte de l'été des montagnes
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