Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les aventures de maitre Nantin
Les aventures de maitre Nantin
Les aventures de maitre Nantin
Les aventures de maitre Nantin

Les aventures de maitre Nantin

Les aventures de maitre Nantin

Les aventures de maître Nantin

 

L'histoire se passe en 1922 dans le Pilat, montagnes du Massif Central, à la« Jasserie» ferme-auberge et station de ski. Les hivers étaient rudes et la neige y tombait abondamment.

Au village du Bessat, vivait maître Nantin sabotier , qui ,faisait les livraisons et l’acheminement du courrier avec sa carriole et sa mule .

L'hiver précoce s'était installé depuis début novembre. Un bel hiver froid sec mais lumineux. Toute la semaine avant le jour de l'an, le soleil avait réchauffé les versants enneigés. Le ciel d'un bleu limpide ajoutait au paysage immaculé sa touche féerique de carte postale.Notre muletier devait livrer trois barriques de vin à la station de ski ,ainsi que le courrier et autres effets aux fermes voisines.

Il chargea sa charrette tirée par une mule à la personnalité bien trempée. Nantin l'avait prise toute jeunette et l'avait baptisée la «belle Julie» du nom de son ex-compagne avec laquelle il ne s'était jamais entendu .

Ce matin donc, notre homme prit le raccourci à travers bois. Le soleil ne s'était pas montré . Un brouillard épais s'était abattu sur le paysage. Après un bon kilomètre, l'équipage arriva à la première ferme . On lui offrit le vin chaud, et la «niôle» Nantin fut sollicité pour raconter une de ses histoires drôles. Il commence ainsi :

« C'était l'hiver. Un voyageur accompagné de son âne ,cherchait le village du Bessat . Celui-ci avait été «englouti «sous la neige qui avait atteint le sommet du clocher  On ne distinguait aucune maison , toutes ensevelies . Seule la girouette de l'église émergeait dans ce désert blanc. Notre homme arrivant dans la nuit , aperçut la girouette, et la prit pour une barrière. Il y attacha sa bête et trouva un coin pour dormir . La nuit était devenue douce et très claire .Un vent doux venu du sud souffla et fit fondre en quelques heures toute la neige . A l'aube notre naufragé fut tiré de son sommeil par des braillements . Il vit sa bête tournant au vent accrochée à la girouette de l'église . Les habitants allèrent chercher une échelle pour la décrocher. On dut l'endormir pour la faire redescendre «

Nantin poursuivit avec les mésaventures du maréchal ferrant de Tarentaise Laurent, avare et brutal . Voulant économiser son bois, il ne chauffait ni l' atelier, ni le dortoir de ses deux jeunes apprentis . Les jeunes gens ne savaient que peu de choses du passé leur maître ,mais ils avaient appris qu'il y a bien longtemps, ce dernier devait se marier avec une jeune fille  : Yolande. Il l'avait attendue à l'église des heures mais elle n'était pas venue.

Un jour ,les jeunes garçons profitèrent de l'absence de leur maître pour allumer de grands feux la maison et pour ouvrir de bonnes bouteilles, tout en se servant dans le garde- manger. Quand Laurent fut de retour , ils inventèrent une histoire : « une dame que leur maître aurait connu jadis, était venue. Elle l'avait attendu et était repartie. Les jeunes gens l'avaient bien accueillie, en chauffant la maison , en lui offrant le rhum , le vin, les jambons et autres victuailles.

Laurent, demanda des détails et les deux apprentis s'épanchèrent en paroles et en mensonges.

Un autre jour , les deux garçons écrivirent une lettre signée Yolande dans laquelle , la dame donnait rendez-vous à notre homme. Il s'y rendit .Ces espiègleries durèrent une année et sans que l'on sache pourquoi, Laurent quitta le Pilat . Des rumeurs circulèrent : Yolande serait revenue et Laurent l'aurait suivi dans le sud .

  Nantin laissa son auditoire à ses rires pour reprendre la route. La neige alors se mit à tomber drue épaisse froide formant un véritable rideau. La mule courageuse continua

 

 

son chemin encore un kilomètre jusqu'à la seconde ferme. Nantin s'y réchauffa et but café et rhum . Avant de repartir, il conta à ses hôtes , une histoire cocasse.

«C'était l'été. Un nouveau curé avait été nommé à Rochetaillée . Un soir la charrette qui devait livrer le vin et autres marchandises, eut un accident . Comme tous les hommes étaient au champ , le maire appela le curé pour les aider. Il faisait très chaud, n'ayant plus d'eau, les hommes ouvrirent un tonneau de vin. Arrivés au lieu dit «la Barbanche» , un violent orage éclata. L'attelage trouva refuse dans une vieille ferme . Nos voyageurs se réchauffèrent devant un feu .Dans la nuit, on entendit des aboiements . C’est alors que la porte s'ouvrit, qu'un monstre aux cheveux longs encadra l'ouverture .Il était escorté de quatre chiens qui se jetèrent sur nos réfugiés :

-Le diable! s'écria notre curé ! Le diable!

Nos quatre bonhommes quittèrent sur le champ leur couche et disparurent dans la nuit. Le curé s'étant perdu dans les bois , n' apparut qu' à l'aube en caleçon court sans chemise, tremblant de fièvre, proliférant des propos incompréhensibles : ils avaient vu diable ! Le diable était au village !

En fait de diable ,il s'agissait de Sylver le berger, le berger . Sa corpulence pouvait méprendre une nuit d’orage. Il avait plusieurs refuges et avait aménagé cette fermette de la Barbanche. »

- Tu nous as bien fait rire ! Un dernier verre !

L'homme avala d'un trait la bonne liqueur et quitta ses hôtes. Il en avait oublié sa mule qui dehors bravait la neige et le vent glacial. La bête énervée de ne point voir son maître , s’était mise à gesticuler dans tous les sens. Tant et si bien qu'un des tonneaux mal amarré tomba délivrant un précieux breuvage que notre coquine ne manqua pas d'apprécier .

Lorsque Nantin réapparut,il ne remarqua rien. Il neigeait de plus en plus..Il était incapable de se retrouver. Le crépuscule descendait inexorablement. C’est alors que sortit du brouillard un homme  en tenue de ski :

-Eh là !s'écria t-il !

-Eh là  ! Lui répondit l’homme. Je cherche la route de la Jasserie.

- Montez !

La voiture repartit mais au bout de dix minutes la congère obstrua le chemin.

-Il faut finir à pied ! dit l'homme.

-Et mon chargement? S'inquiéta Nantin. On l'attend !

-Il peut attendre demain !

-Et ma mule ?

-Laissons -la ,aussi !

S 'adressant à la belle Julie ,Nantin lui murmura :

-Je reviens !

La mule approuva d'un signe de tête..

Les deux hommes disparurent dans le brouillard ...

Ils continuèrent ainsi une petite heure, et virent enfin au loin des lumières.

-Ca y est nous y sommes ! Sauvés ! dit le skieur ! La Jasserie !

- Je m’inquiète pour ma mule mes tonneaux et le courrier !

-Bah ! Personne ne va boire votre vin et personne cette nuit ne lira vos lettres ! Eh qui sait peut- être que la coquine (en parlant de la mule) a un plan de sauvetage ! Acheva le randonneur en riant !

Il ne savait pas si bien dire  en parlant de la mule ! La Belle Julie abandonnée , parvint à se détacher de la charrette. Elle se précipita sur les tonneaux les fit tomber et les éventra de ses sabots. Puis elle savoura ce délicieux breuvage . Complètement ivre, la bête réussit néanmoins à rejoindre la Jasserie on ne sait comment. Elle se retrouva tout

 

 

en haut de la piste et par malchance accrocha son harnais au remonte- pente couvert de neige .Le frein gelé empêchait tout mouvement de l'engin. La mule alors immobilisée se mit à braire de toutes ses forces. Nantin sortit . Mais les hommes le dissuadèrent de grimper par ce froid , tout en haut de la piste . D'ailleurs la Belle Julie ne brayait plus et s'était assoupie.

La nuit fila d'un trait. Il se passa un phénomène étrange qui arriva parfois dans cette région du Pilat au solstice d'hiver : « le dernier salut de l'été. » Un vent chaud venu du sud qui souffle et en quelques heures fait monter la température au dessus de zéro faisant fondre la neige,  et découvrant le paysage.

Au petit matin, plus de neige, seules quelques plaques ici et là . C'est alors qu'on entendit des braillements et le grincement du remonte-pente. Le spectacle était digne d'un des plus grands films comiques ! « La belle Julie » attachée par son harnais au remonte-pente descendait et glissait le long de la piste et la remontait aussitôt. L’exercice recommença dix fois sous les rires ,les hourras et les suppliques de la pauvre bête qui au bout de trois descentes ,en prit son parti et ne brailla plus !

-Détachez -là ! hurlait Nantin qui ne riait pas, lui  ! Détachez- la ! Elle va tomber !

On arriva enfin à arrêter le remonte -pente, et à libérer la Belle Julie qui sans remercier ses sauveurs ,fendit la foule et s'enfuit dans le bois voisin.

Le remonte-pente auquel s'était accrochée malencontreusement la mule ,avait été mis en route par elle-même , une fois que le frein du moteur fut dégelé . En y tirant dessus elle avait débloqué le frein qui avait permis au remonte-pente de se mettre en mouvement. La suite nous la connaissons : « La Belle Julie fait du ski » !

Nantin continua à livrer les spiritueux et le courrier dans tout le Pilat .Toujours le bienvenu dans les familles, et aux villages ce passeur d'histoires, cet amuseur public, régala bien longtemps encore les oreilles des petits comme des grands.

Avec Julie sa mule, ils continuèrent aussi à goûter aux délices du breuvage des vignes mais avec modération !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3/3

Les aventures de maitre Nantin
Les aventures de maitre Nantin
Les aventures de maitre Nantin
Les aventures de maitre Nantin

Les aventures de maitre Nantin

Tag(s) : #Les aventures de maitre Nantin, #nouvelle
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :