Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Lettre à Robert

Notre histoire


»
Août 1991 Florence jardins de Boboli, Italie


Rencontre


Il était midi dans les jardins d'Italie
Dans une ville de la Renaissance , à Florence.
Une chaleur accablante m'obligeait à rechercher
L'ombre tant désirée dans une allée charmante
d'arbres entrelacés.
Installée sur un banc de pierre
Je les écoutais parler s’interpeller
Tous ces étrangers
Comme autant de rayons de lumière
Dans un été illuminé.
Soudain vous êtes arrivés
Avec tes trois amis
Près de moi tu t'es assis
Tu m'as dit des mots étrangers
Dans un sourire je t'ai suivi.


Septembre 1991 Izieux

Cher Robert,
Je revis sans me lasser notre rencontre à Florence.

Avons -nous eu la même histoire ?


20 septembre Izieux


Merci Robert,
Merci de ce coup de fil surprise !
Comment m'as tu retrouvée ?
Je ne t'avais laissé
Qu' une adresse mal écrite
Sur une page chiffonnée
J'ai repris le chemin de l'école
Le coeur si léger !.
J'entends toujours tes paroles
Dans ma tête, résonner...


Octobre, novembre 1991


Correspondance,
Cher Robert
Tes lettres je les attendais avec l'impatience

d'une adolescente
et le trouble d'une femme qui redoute la flamme
Qui peut l'éclairer ou la brûler.....
J'apprends petit à petit à te connaître,
Ton univers, tes paysages :
La mer du Nord , ses mirages.
Tes passions, tes idées tes tempêtes.


2 décembre 1991,
Cher Robert,
J'ai décidé de faire le pas de te rejoindre dans ton pays de mer
A Amsterdam après Noël au coeur de l'hiver.


26 décembre 1991


Amsterdam


Amsterdam notre histoire notre drame
Tes rires mes larmes.
Tu étais venu m'attendre à l'aéroport
Je ne te connaissais pas bien encore
Je t'avais rencontré quelques mois plus tôt
Dans un jardin italien, près des jets d'eau.
Nous n'avons pas parlé longtemps
Sur ce banc de pierre et pourtant
Les heures et le temps s'étaient figés
Comme dans un conte de fée.
J'avais l'impression de te connaître d'avant
Dans une autre vie , dans un autre temps.
Tes amis avaient pris des photos de nous deux
Tu voulais me retrouver , tu semblais si heureux !
Nous avons eu une longue correspondance
Et j'ai quitté la France.
Tu m'as fait visiter ton pays de mers
Les plaines les îles, les polders
Un village de pêcheur
Marken le petit port !
Tu m'as présenté à des amis charmants
Nous avons fêté ensemble le nouvel an
Avec toi j'ai découvert Bruges la Flamande
La mer du Nord, la Zélande .
Nous sommes restés à Amsterdam
La ville aux mille canaux
Nous sommes passés des rires aux larmes
Du musée de Van Gogh
A la librairie des docks
Aux promenades au bord de l'eau.
Puis il a fallu partir et te quitter
Dans cet avion qui m'emmenait
Vers la France je pleurais en silence
Et en secret
Je redoutais ton absence
J'avais peu de la distance
Amsterdam
Tu seras pour toujours
Ma plus belle histoire d'amour.

 

Izieux 10 janvier 1992
Robert,
Ton absence m'est insupportable
Je ne peux combattre le vide de ton absence de ton silence.
J'ai voulu tout te donner mais toi tu restais sur tes défenses
Derrière une muraille de glace ,véritable cuirasse.
Tu m'as dit que tu n'avais pas ressenti le déclic
Qui fait qu'une rencontre devient magique .
Tes mots étaient cruels et moi je souffrais en silence
Savourant chaque instant ta présence.
Robert , tu fermes les portes de ta maison
comme tu fermes les portes de ton coeur,
Chez toi il n'y a pas de pont
Qui conduit au bonheur.


20 janvier 1992
Robert
Pardon si je t'ai blessé dans ma lettre maladroite
Je sais que tu as eu mal en lisant ces mots tranchants
Ces mots de douleurs ces mots blessants
Sortis de mon coeur , véritables stigmates
Mais je voulais que tu me comprennes.
Je voulais briser cette glace qui t'entourait.
Ces barrières qui nous éloignaient
Pardonne-moi parce que je t'aime …

.
Avril 1992
Robert
Voilà des jours et des jours que j'attends un signe de toi.
Et puis le téléphone a sonné il y a un mois.
Il n'y avait personne au bout du fil.
Et puis les appels sans voix
Se sont rapprochés et multipliés
Et j'ai compris qu'il s'agissait de toi
Je décrochais le silence s’installait.
Je suis restée des jours sans bouger
Près de mon appareil
Attendant ton appel .
Je suis à bout de tout, à bout de toi
A bout de moi
Je n'ose t'écrire à nouveau
De peur de me tromper sur les mots.
Septembre 1992
Encore ces appels sans voix.
Ces appels que j'espère auxquels je crois .
Parviendras tu un jour à me parler ?
Auras -tu le courage de tout recommencer ?
Novembre 1992
Robert
Je t'ai écrit une lettre pour t'annoncer le décès de mon père.
Tu m'as répondu dans une missive très polie sans colère
Tu m'as envoyé une photo prise à Amsterdam
Tu termines par des mots sans feu ni flamme.
Décembre 1992
Robert
J'ai souhaité reprendre notre correspondance
Je t'ai écrit ce poème de d'errance et de souffrance
Je le garde posé sur ma table, je le lis et je soupire
Espérant un jour avoir le courage de te le faire parvenir.



T'aimer
T'aimer comme je t'aime t'aimer à la peine
Dans l'absence et le chagrin
Dans le doute de demain
T'aimer malgré toi malgré moi
T'aimer parce que c'est comme ça
Sans raison sans calcul
Sans espoir sans but
T'aimer et t'attendre
Dans l'enfer du silence
Te chercher et t'espérer
Dans le désert de ma pensée.
M'imaginer avec toi
M'asseoir près de toi
Te sourire te plaire
Revoir tes yeux clairs
Entendre ton accent
Te sentir hésitant
Sur les mots sur les gestes
Revivre tes maladresses.
Repartir avec toi
Repartir pour toi
Renaître à ton matin
M'ouvrir sous ta main..


janvier 1993
Robert
Voilà deux mois que le téléphone ne sonne plus en silence
Que je vis cette attente de souffrance
Je regarde la neige tomber et je pense à notre bel été.


Il a neigé


Il a neigé à coeur perdu
Et le temps s'est pendu un matin d'hiver
Triste sombre et amer Avec la corde de tes mots
Avec ta lettre , mortel garrot !
Et petit oiseau je suis tombée du pont
Que j'avais pourtant dressé
Pour que toi et moi ,puissions
A chaque appel le traverser.
Je suis tombée dans une nuit sans nuit
Dans une éternité glacée à la dérive condamnée
Sans rien où m'accrocher
Si ce n'est ton image ton souvenir
Ma souffrance mon délire .


22 Avril 1992
Robert
Toujours pas de lettre, mais les appels muets
Que cherches- tu à me parler ? Demain
Je prendrais mon courage à deux mains
Et c'est moi qui t’appellerai.
.
26 avril
Robert,
J'ai surmonté ma peur mon orgueil
« Allô ! c'est moi …
Silence.
 .
 Ton coeur en hiver


Tu m'avais dit
Que tu n'avais pas ressenti le déclic
Qui fait qu'une rencontre devient magique
Tu disais être honnête et sincère
Mais ton coeur était en hiver
Tu m'avais dit aussi
Que ma rencontre avait bouleversé ta vie
Que de ma personne émergeait
Un sentiment de « beau », de vrai
Tu m'avait dit : « tu as la poésie »
Tu as les mots »
Merci merci pour tous ces propos contradictoires
Aléatoires dérisoires
Qui sonnent faux
Dans le vent du nord
Dans les ports de Marken Amsterdam et d'ailleurs
Ils sonnent le glas de mon amour amer
Car ton coeur était en hiver !
Tu cachais dans ton sourire
Tout le désarroi tout le délire
D'un enfant blessé et meurtri
D'un jeune homme fragile et aguerri
Ta peur d'aimer faisait de toi un être froid
Tes défenses assurées, tu pouvais dominer de ta loi
Tu pouvais éviter le risque de souffrir
Le risque d'aimer mais aussi de grandir !
Ton coeur était en hiver
Il ne connaîtra pas la lumière
Des saisons verdoyantes et fleurissantes de l'amour
De l'été du printemps des beaux jours !
Il ne connaîtra que la tristesse de l'hiver
La tristesse , la solitude, la chimère !

 


juin 1992
Robert,
J'ai décidé de changer mon numéro de téléphone
Pour que ces appels sans personne
Cessent enfin que je retrouve la paix :
Ne plus entendre ces appels muets !


15 Août 1998
Robert, un anniversaire ,
Je pense toujours à toi , à tes yeux verts
Bien que sept ans nous séparent
Tu restes dans ma mémoire

.
Sept ans déjà
Sept ans se sont passés
Depuis notre rencontre ensoleillée
Dans ces jardins italiens là ou le destin nous avait unis
Dans les jardins de Boboli
Te souviens- tu de cet instant choisi
De cet instant béni
Où nos regards se sont dit oui ?
Pour construire une histoire
Pour remercier le hasard ?
Sept ans m'ont séparée de toi
Sept ans sans entendre ta voix
Te souviens- tu Robert
De ce petit banc de pierre
Où tu étais venu t'asseoir
Dans la tiédeur du soir ?
Te souviens tu encore
Des mots que nous échangeâmes alors ?


Août 2002
Robert,
Adieu ,
il m'a fallut du temps pour tourner la page
De notre histoire pour réapprendre à être sage
A sourire à nouveau et à aimer .
A m'émouvoir , à rêver.
Adieu et à toujours mon amour
Nous nous retrouverons dans l'éternité
Là où tu ne pourras pas m'échapper .
J'ai décidé de voguer vers d'autres rivages
D'autres sourires, d'autres rires d'autres visages

.
15 août 2016
Robert,
Une quart de siècle s'est écoulé depuis notre rencontre,
D'autres chagrins, d'autres amours, d'autres voyages,
D'autres plaies à panser ont surfé sur l'onde …
Des cours à préparer ,des personnages
A écrire , des livres à finir
Des combats à venir
Des imprévus,
Et toi qu'es -tu devenu ?
Sache que la mémoire
Est plus forte que les citadelles infranchissables
Et que le coeur recèle des trésors d'espoirs
Et de patience inépuisables

.
15 août 2017
Robert,
Est -ce le hasard qui se joue de moi ?
Ou tout simplement toi ?
A midi , un appel : « Allô « ?
On raccroche aussitôt
Puis on m'appelle de nouveau
Et on me raccroche sans un mot .
Je rappelle au numéro qui s'est affiché .
Ca sonne , mais la peur m'a gagnée
Je raccroche sans oser  parler .


Depuis le silence est de retour depuis bientôt cinq mois.
Et je souffre d'une blessure qui ne guérira toujours pas.
Est -ce toi qui veut inverser le cours du hasard ?
Est-ce toi qui désires changer la fin de notre histoire ?

Tag(s) : #lettres à Robert, #nouvelle
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :