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Le merveilleux été

conte de la balançoire

chapitre I Barbichon

Dans un pays de montagnes, de chalets et de sapins, vivait une petite fille du nom d’Ermine. Elle avait le teint clair, les cheveux d’or et le teint d’azur et vivait auprès de sa maman dans une bergerie. Elle était tout sourire et beauté. Son père était mort, il y avait très longtemps, une chute en montagne. La jeune maman avait dû travailler dur pour élever seule sa petite fille : elle cultivait un lopin de terre qui lui procurait le blé nécessaire à la fabrication de son pain. Elle possédait aussi une bergerie.

Ermine venait de fêter ses sept ans. Après un hiver très rude, qui avait isolé la fermette pendant des mois, le printemps s’était installé difficilement, mais l’été était enfin arrivé : un été radieux, merveilleux !

La maman d’Ermine lui offrit alors une ravissante petite chèvre, au poil blanc et doux comme la neige, aux grands yeux langoureux couleur noisette. La fillette la nomma Biquounette.

Toutes deux passaient des après-midis dans les alpages, à courir les ruisseaux, à s’amuser dans les près fleuris et odorants , à cueillir des papillons.

Un jour, alors qu’Ermine ramassait des framboises sauvages, près d’une cascade en compagnie de Biquounette, elle entendit un bêlement, pareil à celui de sa chèvre. Il venait de derrière les-----

herbages. Elle s’y précipita, biquounette à ses trousses. Un petit chevreau était prisonnier des ronces et s’était blessé au sabot.

-Ne crains rien ! rassura Ermine, je vais te tirer de là.
Et la petite fille se saisit d’un bâton et dégagea délicatement le petit animal. Pendant ce temps, Biquounette faisait connaissance avec le chevreau.

-Bonjour, lui dit-elle, je m’appelle Biquounette et je vis dans la bergerie de Stelly des montagnes. Ermine est sa fille et ma jeune maîtresse. Et toi, qui es-tu ?

-Je m’appelle Barbichon. Mon maître est berger, il s’appelle Nathan. Il a aussi un enfant, un garçon qui doit avoir l’âge de ta maîtresse...Il vit au sommet de ce pic, tout en haut...là où la montagne touche le ciel...
Ermine questionna aussi Barbichon :
- Dis-moi, comment as-tu fait pour tomber dans ce buisson ? Le petit chevreau baissa la tête, honteux, mais répondit :

-J’ai désobéi à mon maître Nathan et à son fils Gontran. Je voulais voir Biquounette car je l’avais aperçue du haut de la montagne. Mais mon maître refusait de descendre car il était en plein travail : les moutons à garder. Je voulais faire une escapade rapide mais je me suis emmêlé dans les ronces, et piqué la patte.

- Voilà ce qui arrive lorsqu’on désobéit ! répondit sévèrement Ermine. Ton maître a raison : tu ne dois pas t’éloigner de lui et de ton refuge.

-Oh maîtresse! cajola langoureusement Biquounette, il a fait cela pour moi, ne le gronde pas !

Ermine les regarda tous deux et comprit que l’amour pouvait faire faire des sottises.

-Bien, soit ! maintenant vous vous connaissez, mais je vais te reconduire auprès de Nathan sans plus tarder...

Aussitôt dit aussitôt fait ! La fillette prit le chemin du mont Perdu : la montagne la plus haute du pays. Elle marcha longtemps avec les deux chevreaux, puis arriva enfin au refuge. Un garçon les attendait :

-Ah, te voilà, Barbichon ! Quelle peur tu nous as faite ! Nous t’avons cherché partout ! D’ailleurs père est encore à ta recherche. Je suis resté pour surveiller les moutons.

Ermine s’approcha alors et expliqua au garçon comment elle avait retrouvé Barbichon.

- Mon père va être très en colère après lui, car à présent la nuit tombe et vous êtes ici. Il devra vous reconduire dans la vallée. 

-En effet, maman sera très inquiète si je ne rentre pas !
-Et ton père, il ne sera pas inquiet ?
- Papa est mort, je n’étais qu’un tout petit bébé ! Il est tombé lors d’une escalade en montagne : il était parti sauver un alpiniste.

-Je suis désolé, répondit Gontran. Moi aussi j’ai perdu maman, il y a quelques années à la suite d’une mauvaise grippe...
Et les enfants restèrent ainsi à discuter. Le berger était de retour, furieux :

-Ah ! mais je comprends, fit-il en fixant Biquounette. C’est pour les jolis yeux de cette petite chèvre que tu nous as quittés, n’est-ce pas ?

Barbichon, honteux, baissa la tête :
-
Maître, je regrette !
-Eh bien, dit Nathan, je suppose que tout le monde est affamé ?

Allons manger et après je raccompagnerai la fillette.
La nuit était tombée, mais Nathan connaissait bien la montagne. Il arriva sans problème à la bergerie Stelly. La maman de la fillette était morte d’inquiétude et poussa un soupir de soulagement :

-Merci, Monsieur, de me l’avoir ramenée !
Nathan restait muet : il fixait de ses grands yeux bleus le visage de la jeune femme, très ému.

-Pardonnez-moi, je m’appelle Nathan !
- Et moi, Stelly !
-Vous vivez seule ici ? questionna le berger
-Oui, depuis que mon mari nous a quittées en montagne. Je vous en prie, entrez !
-Désolé, Stelly, mon fils est resté seul là-haut. Ce sera pour une

prochaine fois..


L’homme partit, Stelly resta sur le seuil de la maison cherchant dans la nuit la silhouette du jeune berger...

Les jours passèrent et Ermine pensait sans cesse à sa rencontre avec Gontran. Biquounette, également, ne cessait de penser à Barbichon. Et Stelly, elle aussi, pensait au jeune berger...

De leur côté, Barbichon se languissait de Biquounette, Gontran d’Ermine, et Nathan de Stelly.

Alors Biquounette décida de partir dans la montagne rejoindre Barbichon. Elle ne dit rien à ses maîtresses. Elle quitta le pré fleuri, un matin à l’aurore. Le soleil était levé de- puis deux heures déjà et Biquounette avait atteint le premier alpage. Elle s’arrêta à la cascade afin de se désaltérer et de se reposer. Elle vit alors un magnifique oiseau se poser près d’elle :

- Bel oiseau( lui dit-elle) connais-tu le chemin qui mène au refuge de Nathan le berger ?

- Sûr que oui, je le connais, s’exclama l’oiseau, mais dis-moi, pourquoi veux-tu y aller ?

- Pour revoir Barbichon, un chevreau que j’aime de tout mon cœur et qui m’aime.

- Le sentier est escarpé ! Mais le paysage est magnifique là-haut ! Je t’accompagne ! dit l’oiseau. Mais il faudra être de retour avant que la nuit ne tombe car...
- Car ? questionna naïvement la jeune chèvre
- Tu pourrais faire de mauvaises rencontres !
- De mauvaises rencontres ? De quoi parles-tu ?

- Du renard, des loups des ours...
- Mais il n’y a plus d’ours par ici !
- Le berger Nathan ne pense pas comme toi.

Biquounette sentit un frisson lui parcourir le dos. Dans son aventure elle n’avait pas pensé aux dangers d’une telle expédition. Mais l’idée de retrouver Barbichon apaisa sa peur. Elle reprit la montée en direction du second alpage sans plus tarder.

Elle fit une seconde pause, il était midi. Tout était si beau : les grands sapins procuraient de l’ombre. Le soleil tapait fort. On apercevait tout en bas le fond de la vallée. Le torrent sautait de rocher en rocher. Les edelweiss tapissaient les prés. L’oiseau se pose sur une branche d’épicéa et dit :

- Dépêchons-nous Biquounette, il reste encore une heure de marche.

Trois petits louveteaux sortirent de derrière les sapins et s’approchèrent de la petite chèvre :

- Que fais-tu là ? 

- Je vais chez Nathan le berger, le connaissez-vous ?

- Bien sûr ! Tous les animaux de la montagne connaissent le berger ! Il est rude avec nous. Il nous lance les chiens si nous nous approchons...

Trois castors intrépides leur répondirent :

- Evidemment, vous leur volez leurs poules ! Avec nous ils sont très gentils.

- Il faut bien manger, tenta d’expliquer un des louveteaux.

- Allons, partons, assez de bavardages ! cria l’oiseau

- Au revoir mes amis ! dit Biquounette aux louveteaux et aux castors...

Enfin, Biquounette atteignit le troisième alpage. Barbichon et Gontran la virent immédiatement :

- Tu es venue seule ? questionna Gontran.

- Non, Ma maîtresse et Ermine m’attendent au premier alpage ! Elles sont à la recherche de framboises et de groseilles. Je les retrouverai plus tard.

- L’après-midi passa comme un éclair. Les deux chevreaux passèrent de délicieux moments. Gontran, lui, était triste : il aurait voulu rejoindre Ermine mais il ne pouvait laisser le troupeau. Son père était parti avec d’autres bergers sur les traces d’un ours.

- Il faut que tu partes avant la tombée de la nuit, dit Gontran à la petite chèvre

- Encore un moment !

- Et ainsi le temps passa. Il faisait nuit noire lorsque Biquounette se décida à rentrer :

- Vous inquiétez pas, leur dit-elle, ma maîtresse m’attend : elle n’est pas seule : il y a les paysans du val avec elle. Ils ont les chiens.

- Vraiment, Biquounette, tu ne veux pas rester ici cette nuit ? Supplia Barbichon.

- Non, je t’assure, je ne crains rien et puis l’oiseau qui m’accompagna jusqu’à vous, me reconduira !

- Biquounette partit donc dans la nuit...mais ce n’était plus le même paysage : tout était noir, pas de lune, pas d’étoiles... Des ombres inquiétantes se profilaient. On entendait de drôles de hurlements.

- Ce sont les chiens !  se rassura Biquounette. Elle rechercha le bel oiseau mais il avait disparu. Comme elle cabriolait sur les rochers, elle tomba et se cassa la patte. Elle essaya en vain de se relever.

- Je vais attendre le lever du soleil. Se dit-elle, on finira bien par me trouver.

- Elle pensa s’endormir mais d’étranges lueurs la fixaient dans le noir. Elles se rapprochaient de plus en plus : Quatre lueurs vertes et blanches, énormes, terrifiantes ! Soudain deux loups, un mâle et une femelle se présentèrent près d’elle..

.

-Voilà notre repas, lâcha le loup.
-Attends ! supplia la louve, je vais quand même lui demander si elle ne-

les a pas vus.
Puis s’adressant à Biquounette :

-Petite chèvre n’aurais-tu pas vu trois jolis petits louveteaux par ici, ce jour ?

Biquounette réalisa qu’elle pouvait gagner du temps en mentant :

-Si fait : l’un était noir avec les pattes blanches, l’autre était blanc avec les pattes noires et le dernier était moucheté et portait une cicatrice au front ! Elle décrivait les petits loups rencontrés plus tôt dans la journée.

-C’est bien eux ! s’écria la louve, où les as-tu vus ?

-Je veux bien vous aider mais vous aussi il faut m’aider, et ne pas me faire de mal, dit la petite chèvre.

-D’accord !  Convient le loup.

 - Eh bien, ils ont été sauvés par Nathan le Berger : ils allaient se noyer. Ils sont auprès de lui. Trouvez-le et vous le trouverez. Prenez ma clochette il comprendra que vous êtes mes amis. Ne vous approchez pas de lui puis conduisez-le jusqu’ici. Je me charge de tout lui expliquer.

Le couple de loup sans plus tarder,  partit à la recherche de Nathan. Le plan de Biquounette était astucieux : éloigner un danger et alerter Nathan.

Les loups trouvèrent le berger...L'homme reconnut la clochette et pensa que quelque chose avait dû arriver à Biquounette. Il lança ses chiens à la poursuite des loups. Très rapidement tout ce petit monde se trouva auprès de la chèvre. Nathan tira alors des coups de fusils en direction des animaux sauvages qui s’enfuirent  se cacher dans la forêt.

-Et bien que t’est-il arrivé ? questionna le berger.

- Pardonne-moi Nathan ! Je voulais tant revoir Barbichon ! 

-Ta maîtresse est-elle au courant ?
-Non, je ne lui ai rien dit : j’avais peur qu’elle refuse !

-C’est très dangereux ce que tu viens de faire là ! 

- J’avais un plan !  Biquounette expliqua sa ruse : comment elle avait trompé les loups.

Nathan sourit et dit :

-Tu es une petite chèvre entêtée mais très intelligente ! Je vais te monter dans mon refuge et soigner ta patte. Demain nous irons voir tes maîtresses.

Le lendemain, Nathan se prépara et se fit beau. Il enveloppa des fromages dans un panier avec des fruits sauvages. Gontran de son coté s'habilla élégamment cueillit les plus belles fleurs des montagnes, tandis que Barbichon guerissait Biquounette. Puis ils descendirent tous au fond de la vallée.

Stelly et Ermine les accueillirent en pleurant de joie. Elles s'étaient si inquiètes pour la chevrette !

.
Gontran offrit ses fleurs à Ermine et Nathan ses fromages à Stelly. Ils partagèrent une journée inoubliable et ...décidèrent de ne plus jamais se quitter.
C'était un merveilleux été.
Nathan devint peu de temps après le mari de Stelly.Il s'installa à la ferme et cultiva le blé et l'orge. Il quitta le métier de berger. Barbichon et Biquounette ne tardèrent pas à avoir de nombreux chevreaux ; quant à Gontran , il dut attendre encore quelques années pour devenir le fiancé d'Ermine.

 

Tag(s) : #Le merveilleux été, #conte
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