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Le blues du cadet

Histoire des mentalités

 

1)définition du cadet

cadet, cadette : qui est né ou née après un autre frère ou une autre sœur... Définition dans le Littré, dictionnaire de la langue française, obligatoirement le second enfant.

Historiquement le cadet est le petit chef de la famille en opposition à l'ainé qui est le chef de famille, l'héritier , le seul à conserver le patrimoine indivisible.

 

2)Historique de l'ainé et du cadet

Tous les cadets des familles nobles pendant la monarchie en France et ailleurs , étaient destinés à rentrer dans les ordres .Les nobles achetaient des abbayes, des monastères.Leur cadet devenaient prieur, chanoine ,abbé ….

Dans la bourgeoisie le cadet est considéré comme dans la noblesse , venant après l'ainé qui héritera de la fortune familiale.Le cadet doit « faire sa route » , son chemin. Mais tous ne finissent pas dans les ordres ! Beaucoup s’enrôlent dans l'armée : les familles fortunées leurs achètent des charges d'officier .

Pour le peuple , le métayer le fermier le paysan, la terre ira à l'ainé et la propriété ne sera pas divisée pour maintenir entier ,le patrimoine. Les mariage co-sanguins sont aussi fréquents entres cousins  pour ne pas diviser les terres et agrandir les biens de la famille. Les mariages des fils ainés des gros propriétaires se fait avec la signature de contrat.Pour les seconds, le mariage n'est pas aussi important.

Chez les paysans pauvres et chez les ouvriers, les avantages dus à l'ainé n'existent pas : comme les parents n'ont rien, à leur mort il n'y aura  rien à partager. Leurs enfants   iront au champ ou à la mine.

En cas d'absence du père, (départ ,mort) c'est l'ainé qui remplacera le père et qui assurera l'autorité dans leur famille.

La révolution veut briser le code privilégiant exclusivement de l'ainé des familles , elle veut accorder à tous les enfants les mêmes droits..

La Convention décrète, le 7 mars 1793, que « la faculté de disposer de ses biens, soit à cause de mort, soit entre vifs, soit par donation contractuelle en ligne directe, est abolie, et que, en conséquence, tous les descendants auront une portion égale sur les biens des ascendants ». Le père ne peut favoriser aucun de ses fils ; le grand-père ne peut favoriser aucun de ses petits-fils. Tous, ils recevront absolument, mathématiquement, part égale.  Il a été aboli en 1792, lors de la Révolution, puis rétabli partiellement en 1826, avant d'être définitivement aboli en 1849.

Au Xx ème siècle les lois ont bien changé : c'est l'égalité qui l'emporte : tous les enfants ont les mêmes droits lors du décès de leurs parents (partage du patrimoine , des avoirs) et partage des devoirs aussi ( frais médicaux, maisons de retraite  ). 

3)Place du cadet dans la famille et dans la vie

Bien des cadets ne peuvent s’empêcher de penser que leurs aînés ont eu plus de chance qu'eux  : plus âgés, ces derniers jouissaient de privilèges tels que le droit de se coucher plus tard, de sortir seuls. L’aîné, lui, se souvient des servitudes inhérentes à sa place : supporter ses cadets, ces intrus qui ont bouleversé sa vie. En fait, aucune place n’est plus propice qu’une autre pour la construction de soi. Chacune oblige à faire face à des difficultés spécifiques. « Lorsque, dans une réunion de travail, l’un des participants se pose d’emblée en organisateur des débats, il s’agit presque à coup sûr d’un aîné, il se comporte comme il le fait depuis son enfance vis-à-vis de ses cadets 

Notre place dans le monde adulte serait-elle déterminée, ou , prédéterminée par notre rang de naissance : aîné, cadet, petit dernier ? Selon que l'on soit ainé, cadet ou benjamin ?

Nous en sommes persuadés  pour une écrasante proportion d'entre nous ! 

4)Quelles conséquences sur la personnalité du cadet ?
 

« Cette place médiane force l'enfant à faire ses preuves au quotidien. En effet, celui-ci aura besoin de s'imposer et de s'affirmer davantage par rapport à ses frères et soeurs, « explique une psychologue" .

Sa capacité d'adaptation peut par conséquent l'amener à devenir plus sociable que l'aîné, qui lui, ne cherche pas forcément à se faire accepter. L'enfant du milieu pourra par exemple être plus généreux ou avoir plus d'empathie, cherchant toujours à protéger les plus sensibles et notamment les plus petits. Parce qu'à force de se positionner en second plan, l'enfant du milieu fini par détester l'injustice. Par ailleurs, le cadet, contrairement à l'aîné, grandira avec plusieurs figures d'identification. Son grand frère ou sa grande soeur représentant pour lui un modèle, tout comme ses parents. 

Comment le rassurer ? 

« Si l'enfant du milieu peut parvenir à s'affirmer et à s'adapter aux autres, il peut tout autant être introverti et étouffé par son aîné. Dans les relations frères et soeurs, il peut y avoir de la jalousie, d'autant plus lorsque l'écart d'âge est peu important, précise Yvonne Poncet-Bonissol. »

L'aîné peut alors exercer une certaine emprise sur son petit frère. Ce dernier peut alors se sentir "étouffé", mis à l'écart, et aura du mal à se faire une place au sein de la fratrie. Dans une telle situation, les parents doivent faire en sorte de le sortir "des griffes" de son grand frère ou de sa grande soeur. Comment ? En le valorisant, par exemple en organisant des activités seules avec son enfant, parce que chacun à le droit à un moment privilégié, sans partage, avec ses parents.

Le cadet (l’enfant du milieu)

Voici une position dans laquelle il est plus difficile pour l’enfant de trouver sa place. À la fois ni aîné , ni benjamin, la place du cadet est relativement difficile à gérer puisqu’il ne bénéficie pas d’avantages comme l’aîné ou encore comme, le dernier  qui jouit de passe-droits des parents. Si le cadet a de la difficulté à s’identifier par rapport à ses frères et sœurs, c’est dû en grande partie à  la relation logique que détiennent les deux autres enfants. Ainsi, l’aîné devra protéger le dernier-né et le dernier-né verra en l’aîné l’exemple à suivre. Quant au cadet, il se demandera souvent quoi faire pour attirer l’attention de ses parents. Couramment, on assistera à une série de bêtises orchestrées destinées à se faire valoir.

Alors ?

Les seconds ont plus à montrer à s'affirmer que ses autres frères et sœurs. 

Venant après la «merveille du monde» : le premier, le second ( le cadet ) portera souvent les habits du grand frère ou de la grande sœur) , et déjà tout est dit ! 

Quand son grand frère aura grandi ,on lui achètera un lit et lui, le « pichou « on le mettra dans celui de son grand frère.

Bien sur que tout dépend des familles de la manière dont les enfants sont éduqués, de l’intérêt que chaque enfant suscite auprès de ses parents ,de leur l’attitude mais aussi celles des grands parents, des oncles et des tantes ! Mais d'une manière bien générale , il faut constater que le second( huit cas sur dix) a besoin de s'affirmer, de faire mieux que son ainé, de s'imposer, de creuser son nid dans la famille.Il recherche l’intérêt dont il se sent injustement ou justement privé. La même affection que celle de son ainé, (ayant le sentiment d'être moins aimé).Il ressent un besoin de justice de partage très prononcé, et en cela il peut devenir à l’adolescence un rebelle .Souvent complexé , introverti, timide, sage pendant sa petite enfance ,il s'affirmera en grandissant et épatera sa galerie ses parents , ses amis de mille façons : humour, théâtre, chant, réussite, talents, voyage, émigration,  rebellion,engagement politique humanitaire, sociétal.  Souvent les seconds rompent avec les traditions familiales en ouvrant le chemin à leurs frères et sœurs : ce sont les premiers à réussir aux examens, aux études supérieures, à vivre des expériences, des formations, à se marier, à divorcer à avoir des enfants...

Bien sur les témoignages divergent : beaucoup de cadets se sentent bien dans leur famille et n'ont jamais eu un sentiment d'injustice ni éprouver de jalousie pour leur ainé ou le benjamin..La famille ici a bien fait son travail et c'est tant mieux et formidable mais beaucoup de témoignages affirment que pour la majorité des cadets ,la vie ne fut pas un fleuve tranquille, qu'étant considérés comme seconds, ils n'ont pas eu la même affection que leur ainé , que de ce manque d'amour, ils en ont souffert tout petit et toute leur vie.Ils chercheront longtemps à se faire aimer et à prouver qu'ils méritent l'amour et la reconnaissance pour ne pas dire l'admiration de leurs parents.Cette frustration est la cause d'un sentiment d'infériorité,qui peut traumatiser l'enfant et lui faire perdre toute confiance en lui .

Paradoxalement les seconds sont plus créatifs que leurs ainés, plus imaginatifs, plus libres et prêts à contester l'autorité et tout ce qu'ils considèrent arbitraire. Ce sont des battants, des inventeurs, voyageurs découvreurs.Leur chemin , il savent qu'ils doivent le tracer, le chercher souvent seul, faire leurs preuves !. Animés par un sentiment à la fois de solitude de curiosité, et de rancoeur, ils n'hésiteront pas à quitter tôt le nid familial ou à opter pour des orientations des choix qui pourront surprendre. L'ambition et la détermination sont les piliers de ces caractères au demeurant très sensibles mais très forts et têtus.

Les seconds sont les moins sages à l'école (cela est prouvé par des études) et sont souvent punis, car ce sont des agitateurs ! Aux Etats Unis, des études montrent que les cadets sont les plus nombreux à être renvoyer plusieurs fois d'établissment scolaires.Ils transgressent les règles et en cela « provoquent l'adulte » .

 

Les cadets ont comme modèle un enfant un peu plus âgé , ce qui est beaucoup moins contraignant.Leur ainé ont le modèle de l'adulte ce qui est à la fois rassurant et exigeant.

Les cadets peuvent avoir tendance à sortir des cadres pour se faire remarquer, bénéficiant en général d'un peu moins d'attention que l'aîné, ou le petit dernier de la famille.

Beaucoup d’entre eux vont occuper des postes de première importance dans leur pays et dans le monde : deuxième dans la famille et dans le coeur de leurs parents, ils ont toujours chercher une première place qu'ils ont revendiquée, qui leur revenait et sont devenus pour beaucoup les premiers dans leur pays, leur ville, la société .Précurseur, révolutionnaire artiste, président...les voilà au sommet des lois des institutions, de la culture, de l'art, de la science . Leur univers est devenu par substitution ,leur deuxième famille. 

5) Quelques cadets, célèbres :

 

-Honoré d'Urfé : écrivain , politique

-Voltaire : philosophe

-Georges Sand : écrivain( son frère ainé est un enfant illégitime)

-Lénine : homme politique révolutionnaire

Vincent Van Gogh : peintre (son frère ainé décédé  était né le même jour que lui ,un an avant )

-Camille Claudel :  sculpteur( ayant perdu son frère ainé tout bébé)

-Claude Monet : peintre impressionniste 

-Garibaldi : homme politique

-Durruti : révolutionnaire espagnol

-Marilyn Monroe : artiste 

-Coco Chanel : styliste 

Françoise D'Orléac : actrice 

-Juliette Gréco : chanteuse

-Hemingway : écrivain

-Maréchal Leclerc second fils d'une fratrie de six enfants

-Jacques Prévert : poète scénariste

-Barbara : interprète musicienne

-Léo Ferré :poète, chanteur

-Joan Baez : compositrice, écrivaine chanteuse

-Jacques Brel :chanteur poéte 

-Sophie Marceau : comédienne

-François Hollande : ancien président 

-Emmanuel Macron : (son frère ainé est mort petit): président 

-Jean Luc Mélenchon :homme politique

-Donald Trump : président des Etats Unis 

-John Kennedy : ancien président des états Unis

6) Quelques témoignages

 

Nous avons recueillis quelques témoignages de cadettes de fratrie :

 Marie Claire :   « Cadette d'une fratrie de trois filles, je dois avouer que ma place dans la famille ne fut ni simple ni reposante. Coincée entre l'ainée qui attirait toute l'attention des femmes  : mère, grand mère , tante, et la benjamine la petite dernière , gâtée particulièrement par mon père , au milieu , d'elles deux , j'ai éprouvé petite, un sentiment de frustration non pas de jalousie  ! Plutôt un sentiment d'injustice »

Isabelle :    J'avais deux ans et ma sœur ainée quatre ans. Pour Noel ,mes parents pensant bien faire, avait acheté à ma grande sœur un gros poupon avec des habits et un berceau à roulettes et à moi, la petite, un gros ours. Quand je vis le cadeau de mon ainée, la rage me prit et je jetais la peluche dans la cuisine en hurlant  .Plus tard j'attendais le moment opportum pour « piquer" à ma sœur son berceau  dans lequel j 'installais mon ours et je partais aussi vite que possible courant de toutes mes petites jambes autour de la table de la cuisine, de peur qu'on me reprenne le berceau ! Ce que j'éprouvais sans pouvoir l'exprimer était un sentiment injustice. De ce jour, mes parents nous achetèrent les mêmes jouets à Noel .

 

Agnès :    L'arrivée de la troisième fille ,je l'ai accueilli non pas comme une concurrente mais comme un petit être à protéger et je me suis tournée vers elle. N'ayant que quatre ans de différence, j'ai été très proche d'elle... Lorsque j'avais un franc , j' achetais un jouet pour  elle et non  pour moi. Plus tard, elle me suivra partout lorsque J'avais besoin de "protéger" , de donner toute mon affection, ce surplus d'affection qu'inconsciemment je recherchais et dont je me sentais dépossédée.

Michelle :     la première fois que j'allais au cinéma , j'avais onze ans . Nous avions décidé avec une copine de cette sortie : nous voulions voir au cinéma du quartier : » Fanfan la Tulipe »

Ma jeune sœur voulut à tout prix aller avec moi, tandis que ma sœur ainée non seulement ne nous accompagna pas, mais avec ma mère,  se moqua de moi.On m 'obligea à trainer avec moi ma petite soeur !

Je fus  de fait la première de la famille à organiserune sortie avec une copine et à tout gerer .

Plus tard, je serai dans de très nombreux domaines l'initiatrice, la première à ...(avoir le bac, rentrer à la fac...être animatrice d'enfant...) : à ouvrir la voie  à mes sœurs.

Dominique : Le dernier jour d'école, primaire , alors que j'entrais en sixième à la rentrée , ma  meilleure copine qui habitait la campagne et dont je serai séparée à la rentrée car elle irait en pension à la grande ville  m'invita . Ma petite sœur voulut me suivre. Elle prit son landau et ses poupées et nous voilà parties toutes deux , sur les routes. Nous marchâmes deux kilomètres cinq cent. Arrivées dans la cour de la maison de mon amie, nous nous amusâmes, puis avant la nuit nous reprîmes chemin du retour .

Je dois dire que ma place de seconde me donna un certain sentiment d'indépendance, et de responsabilité . Ma soeur ainée n'était jamais partie seule rejoindre à pied une copine .. J'ai toujours été animée d'un esprit d’initiative, d'innovation.

Plus tard je vais suivre des formations d'auxiliaire sanitaire, travailler avec des enfants malades ,cela pendant les vacances , dans des centre sociaux et dans des  instituts médicaux.Ma soeur ainée qui avait commencé à travailler dans le secrétariat, suivra ma trace et fera elle aussi ces formations . Elle se réorientera et sera infirmière. Je lui avais ouvert la voie.

 

  • Mari Lou :  Ma soeur ainée était pour moi un pilier, un bouclier une protection . En colonie je n'osais parler de ma tristesse, de mon mal être de mon languissement.Un jour je revenais de promenade et m'avais mal au ventre.Ma sœur parla pour moi et on m'emmena à l'infirmerie.

    Au cours des jours, elle me défendit et tapa une gamine qui avait pris la lettre de notre mère.J'avais son soutien ce qui me rassurait .J'avais la sécurité de pouvoir compter sur quelqu'un !

    Ma mère disait ne pas faire de différence entre ses trois filles : je pense que c'est cela qu'elle désirait . Nos étions habillées (spécificité espagnole) de la même manière avec mes deux sœurs 

  • Cependant j'ai toujours ressenti une différence entre mes sœurs et moi : un manque d’intérêt ,de considération de la part de certains adultes de la famille,dont j'ai souffert  ( pas de mon père ) mais de ma grand mère maternelle qui portait son affection exclusive sur   ma sœur ainée.

    Cette souffrance s'est concrétisée par des révoltes d'enfant, »des tenir tête » .J'avoue n' avoir pas réussi à capter l'attention de ma grand mère .Quant à ma jeune sœur , elle était la chouchoute de tous ! 

    Ecolière ,adolescente et jeune lycéenne j'ai fait en sorte que l'on soit soit fière de moi.Je  me démarquais  d'une manière positive et valorisante en voulant être la première de ma classe ( hélas pour moi,  encore , j'étais le plus souvent la seconde) !

    -des trois filles c'est moi qui ai eu le plus grand nombre de prix en primaire : trois en CE1, CE2, CM2 sur 5 classes (en CM1 je n'en ai pas eu car j'ai manqué l'école trois mois à cause d'une crise de rhumatisme articulaires).Ma sœur ainée a eu deux prix scolaires, et la plus jeune, aucun.

  •  

  • J'ai eu, la première de la fratrie, mon bac,

  • j'ai été le plus loin des trois filles dans les études supérieures : j'ai le plus grand nombre de diplômes 

    Marie France :  cadette , aussi j'ai eu le sentiment qu'on ne m'accordait pas assez d'attention .J'ai revendiqué longtemps l'égalité de traitement de la seconde.Il est vrai que ma soeur ainée avait du essuyer les plâtres et alors qu'elle n'avait pas le droit d'aller dans les boums à quinze ans de sortir se promener en ville, avec une copine, moi à son age et même avant, j'ai pu sortir à ma guise sans que cela pose un problème..

    Mais c'est moi qui ,plus tard, fus la première à me marier , à avoir un enfant , un fils, la première à divorcer, aussi !

     

  • Dany :      Place de seconde ! Quel blues !

  • J'ai eu trois fils et je peux vous dire que j'ai tout fait pour que le second n'ait pas à vivre ce que j'ai vécu enfant , cadette d'une famille de trois filles .

  • Oh je n'étais pas malheureuse : mon père ouvrier spécialisé dans une grand usine d'armement gagnait bien sa vie, maman restait à la maison : mère au foyer. Mais elle avait misé beaucoup sur l'ainée : musicienne non accomplie, maman voulait que ma sœur, la grande accomplisse son rêve . Oui certes l'ainée aimait la musique . Elle suivit des cours . Mon père s'endetta pour acheter un piano. Tout tournait autour d'elle. Nous n'avions pas beaucoup de différence d'âge entre nos trois.La plus jeune était la gâtée de papa , il faut dire qu'elle lui ressemblait beaucoup physiquement : toute bonde comme mon père, espiègle souvent capricieuse et nerveuse...Mon père lui passait tout tandis que ma mère n'avait d'yeux et d'oreilles que pour l'ainée , enfin c'est comme cela que je ressentais les choses , d'une manière exagérée j'en ai conscience car mes parents m'aimaient, certes, à leur manière et moi je pensais qu'ils m'aimaient moins que mes soeurs .

  • Il fallait que je fasse mes preuves que je leur prouve que je méritais leur attention ! Alors tandis que ma sœur «  se contentait de pianoter sur son instrument d'une manière passable, à l'école en théâtre, on me donnait les premiers rôles , et je faisais un tabac lors des représentations ; on m'enregistrait pour réciter Verlaine et Prévert.

    J'optais pour des études littéraires et je me mis à écrire et à publier.Ma sœur ainée suivant mon exemple, ma passion,se mettra à écrire bien après moi.Je créais des associations de poétes des clubs d'écriture .Mon ainée y participera et me copiera plus tard .

    J'ai pu me réaliser en dehors de la famille. Pourtant la famille est pour moi nécessaire : une force mais aussi une faiblesse

    Camille :   cadette , entre deux sœurs moi aussi j'ai du tracé mon sillon . J'ai voyagé la première à l'étranger : j'ai découvert le monde les Baléares et surtout l'Italie L'Autriche ,Versailles .Ma sœur benjamine influencée par mes voyages, mes photos voudra à son tour découvrir ces lieux .

  • Armelle :   cadette je parlais surtout politique avec mon père. Mes deux autres soeurs n'étaient pas passionnée de la chose publique. Etait-ce un moyen d'attirer l'attention de mon père qui était très politisé  ? Peut-être ou  peu être pas !  Comme lui j'étais passionné par l'Histoire et par  l'actualité ! Je m'engageais la première dans un parti ayant lu Balounine et  Marx à quatorze ans. Je militais.. Puis  j'étais élue au conseil municipal de ma ville et j'assumais un mandat de déléguée.Mes deux sœurs n'iront pas aussi loin que moi dans l'engagement .

  •  

  • Chantal : Très proche de mes soeurs , je dois reconnaître qu' elles m'ont toujours considérée comme innovatrice, originale, , imaginative , conquérante . J'ai utilisé internet, le numérique comme outil de communication , la première, et j'ai créée mon blog.

  • Josy :   Cadette, entre la grande et la petite , j'ai vécu à quelques pas de mes parents après mon divorce .Mes parents m'ont aidée. J'ai trouvé auprès d'eux du réconfort.Je me suis occupée jusqu'au bout de mes parents de ma mère restée veuve . .Je leur ai bien rendu service ,permettant à mes deux soeurs de vivre leur vie : les deux étaient  parties vivre très loin ,  à des centaines de kilomètres me laissant  la charge de mes parents... Inconsciemment peut- être cherchai-je la place qui m'avait été interdite dans la famille : la première : celle  de l'enfant unique ? Très vite, je comprenais que je n 'occuperai jamais cette place exclusive (même si au quotidien chaque jour à chaque heure ma mère avait besoin de moi. Je l'emmenais partout : chez le coiffeur la podologue, le médecin , au supermarché, au marché à la mairie.) .J'assumais mon rôle de fille et je remplacerais mes soeurs absentes .Pour autant , pas de gratitude, « d'amour supplémentaire » . Parfois elle me témoignait de l'agressivité , jamais un merci, comme si tous mes services, ma présence lui était dus, allaient de soi  .  Je ne regrette pas d'avoir été auprès de mon père et de ma mère jusqu'au bout.., mais j'ai bien conscience aujourd'hui que tous les sacrifices de la terre ne sont pas  suivis de reconnaissance ! L’égoïsme fait place dans bien des cas à l'esprit de famille de solidarité !

  •  

Paula. J'ai trois enfants j'ai consulté une psy pour mon second car il était introverti et rebelle.Elle m'a beaucoup aidée et m'a fait avancer . Depuis avec mon mari, nous prenons des demi journées pour être exclusivement avec lui  : nous déjeunons nous trois, nous regardons un film , nous discutons, nous allons au parc. Et mon cadet s'est épanoui , nous a parlé : il s'est ouvert. Nous avons  retrouvé un équilibre dans la famille.Il ne faut pas délaissé un enfant dans une fratrie.

 

Conclusion

 

Rien de plus beau qu'une famille .Mais elle peut être la meilleure comme la pire des choses ! Tout dépend de la volonté des parents à vouloir donner , à chacun de leur enfant,  le même amour, la même reconnaissance , la même  attention , compréhension , compassion , patience !

Tous différents ,certes ,mais tous égaux devant l'amour maternel et paternel ! Telle est la condition sinequanon indispensable pour l'épanouissement de chaque enfant  : de l'ainé, du cadet et du benjamin  et pour  un vrai équilibre familial !

     

    Tag(s) : #le blues du cadet, #histoire des mentalités
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