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Les justes de notre région et d'ailleurs

 La Loire

 ( Pilat) : Hier nous avons évoqué le père Antoine Dumas de Saint Just en Doizieux qui avait sauvé des dizaines d'enfants juifs, aidé du maire du village et de tous les villageois !Il n'y eut dans ce village aucune dénonciation !

Jamais commune ne  porta aussi bien son nom : Saint Just en Doizieux. Reconnus par le peuple d'Israel "justes parmi les justes " !

Saint Etienne : Aujourd'hui nous évoquons le cas de deux stéphanoises  méconnues  qui ont sauvé près de 200 juifs pendant la dernière guerre

Marinette Guy et Juliette Vidal ont sauvé pendant la seconde guerre mondiale près de 200 mères et enfants juifs. Elles ont été reconnues Justes parmi les nations par l’état d’Israël en 1969. Un cas meconnu révélé à l'occasion de la Journée du souvenir des victimes de la déportation

Tout débute dans l’entre-deux guerres. Quand deux femmes d’une petite trentaine d’années, Marinette Guy, une jeune Lyonnaise, et Juliette Vidal, une jeune Stéphanoise fille de médecin, toutes deux catholiques pieuses et impliquées, fondent l’Aide aux mères, une structure d’accueil et de prise en charge de mères en difficultés et de leurs enfants. Tout se passe à Saint-Etienne. Ce dispensaire va devenir d’un des rouages de  la résistance locale, l’un des foyers de mise en sécurité de nombreux enfants juifs notamment, réfugiés en zone libre. Parents et enfants sont alors placés dans des familles dans la région stéphanoise, en concertation avec l’association juive OSE qui intervient en faveur des enfants qui nécessitent d’être cachés et mis en sécurité. Marinette et Juliette n’hésiteront pas également à se lancer dans la production de faux papiers pour les mères et leurs enfants, tout comme pour les groupes de résistants éparpillés dans les collines ligériennes.

De Saint-Etienne à Chamonix

A partir de 1942, raconte Christine Guy-Vidal (qui a épousé Pierre Guy Vidal, le fils adopté par les deux jeunes femmes Marinette et Juliette après la guerre), des enfants sont transférés à Chamonix, dans un ancien baraquement d’EDF qui va faire office de colonie de vacances. Un lieu où les enfants parviennent, bon an mal an, à oublier la guerre et à vivre une vie presque normale. « Ils allaient se promener, ils faisaient des concours de ceux qui ramassaient le plus de myrtilles, ils lisaient par terre sur le trottoir. Et puis ils chantaient pour les fêtes, aussi bien à Noël que pour toutes les fêtes juives. » Au total, ce sont pas loin de 200 personnes qui ont pu être sauvées. Dont une cinquantaine qui ont pu passer en Suisse. A l’issue de la guerre, Marinette et Juliette retournent créer à Saint-Etienne une maison de famille pour accueillir, toujours en partenariat avec OSE, des enfants juifs dont les parents sont morts dans les camps d’extermination.


Reconnues Justes parmi les nations

Deux ans plus tard, elles prennent la direction du sud et s’établissent à Nice où Pierre, leur fils adoptif, grandit dans une ambiance pacifiée. Juliette Vidal et Marinette Guy vont être reconnues "Justes parmi les nations" par l’État d'Israël à la fin des années 60, à la demande de leurs protégés désormais installés en Israël. Elles seront accueillies avec les honneurs à Tel Aviv.

sources : France info 3 Auvergne Rhone Alpes

Combien sont-ils, ces Justes ?

- 197 : en Auvergne

- plus de 300:  en Rhône-Alpes et

-3 800 en France, qui est la troisième aire pour le nombre de Justes dans le monde.

La grande région Auvergne Rhône Alpes  est au second rang après l’Île-de-France pour le nombre des Justes.

Le titre de Juste parmi les Nations est décerné par l’État d’Israël. Un arbitrage mémoriel distingue des sauveteurs non-juifs qui, gratuitement, et en ayant conscience du caractère dangereux de leurs actes, ont sauvé un ou plusieurs juifs. 

En Auvergne

Grâce aux Justes, au moins 1 500 juifs ont été sauvés

Julien Bouchet, docteur en histoire contemporaine à l’université Blaise-Pascal, à Clermont-Ferrand, est l’auteur d’une étude sur les Justes d’Auvergne. Celle-ci a été demandée par la communauté juive, l’archevêché et les protestants de l’Église réformée clermontoise
La rafle du Vel’d’Hiv’, en juillet 1942, constitue le point de départ des sauvetages en France. En Auvergne, le tout premier acte remonte à 1940, après les premières lois sur les juifs. L’hôtel de La Poste de Chamalières (Puy-de-Dôme, NDLR) employait une jeune juive. Ce qui a permis de la sauver. »
 "En Auvergne, les Justes sont polyactifs. Certains vont chercher des juifs à Paris, les cachent, leur cherchent un refuge. J'ai l'exemple d'une commerçante clermontoise allait récupérer des enfants juifs en Isère. Elle les cachait chez sa mère en Haute-Loire, puis les ramenait chez elle. »
En Haute Loire au Chambon sur Lignon
 

Les Justes protestants des Cévennes

Le Chambon -sur- Ligon  

Les Justes protestants des Cévennes « La commune du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire) et le plateau Vivarais-Lignon occupent une place exceptionnelle dans l’histoire du sauvetage des Juifs en France… Non seulement [la population de la commune] prodigua une aide immense aux Juifs, mais elle en fit une norme largement respectée…
Par dizaines, des familles du Chambon et des communes du plateau ont donné abri qui à un ou plusieurs enfants, qui à une famille entière…
L’insigne modestie et la discrétion naturelle des Chambonnais ont rendu particulièrement aléatoire la mise au jour des actes de sauvetage. 
Plusieurs centaines de Juifs sauvés par des Chambonnais et des habitants du plateau ont témoigné…
Une stèle érigée sur le site du Mémorial Yad Vashem en hommage à la population du
Chambon-sur-Lignon et du plateau Vivarais-Lignon porte l’inscription : « Ils sont tous des Justes ceux de ton peuple » (Isaïe, LX, 21).
La commission de Yad Vashem a cru devoir déroger à la loi qui n’autorise de décerner le titre de Juste qu’à des personnes nommément désignées, et l’a attribué dans ce cas unique à l’ensemble de la population (la seule autre dérogation concerne la commune néerlandaise de Nieuwlande).
Le Chambon et les communes avoisinantes du plateau Vivarais-Lignon devinrent un refuge unique en France pour les persécutés juifs. 

Ailleurs en France  

-Dieulefit

Dieulefit, un village français de 3.000 âmes, a réussi à cacher plus de 1.500 personnes sous l'Occupation

Grâce à la bonté et la discrétion de ses habitants, plus de 1.500 personnes échappèrent à la déportation. Juifs, résistants, artistes, intellectuels, orphelins... Tous trouvèrent refuge à Dieulefit. Aucun d'eux ne fut dénoncé, aucun d'eux ne fut arrêté.

À ce jour, seuls neuf habitants – tous décédés du village se sont vus décerner le titre de «Juste parmi les nations» par l'institut Yad Vashem. Le silence des Dieulefitois, qui a permis de sauver tant de vies, semble avoir joué par la suite contre la reconnaissance de leur engagement. À titre de comparaison, la commune du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, qui a caché plus d'un millier de juifs sous l'Occupation, compte aujourd'hui 90 Justes.

 À l'instar de la secrétaire du maire pétainiste du village, Jeanne Barnier, qui distribuait sous l'Occupation plus de tickets de rationnement que le village ne comptait d'habitants et produisit à la chaîne des faux papiers d'identité:

«Avec le temps, Jeanne Barnier était de plus en plus professionnelle. Elle commença à veiller à ce que les initiales restent les mêmes, afin d'éviter qu'une broderie, par exemple sur un mouchoir, ne démasque l'imposture. Elle choisissait des villes dont les registres avaient été détruits pendant la guerre comme lieux de naissance, de manière à ce que personne ne puisse vérifier si les papiers d'identité avaient bien été délivrés à cet endroit-là.»

Les trois directrices d'un établissement scolaire alternatif créé en 1929 dans le village, l'École de Beauvallon, que les habitants surnommaient affectueusement les «fées de Beauvallon» ont également joué un rôle actif dans la résistance. Grâce à Marguerite Soubeyran, Catherine Krafft et Simone Monnier, des centaines d'enfants ont pu être sauvés. Comme tous au village, elles faisaient avec les moyens du bord:

«Quand il n'y avait plus d'épinards, les élèves allaient cueillir des orties dans la forêt. Et parce que les nombreux enfants avaient tout le temps besoin de nouvelles chaussures mais qu'il n'y en avait plus, Marguerite a annoncé que tout le monde ne porterait plus de chaussures. De février à novembre, les fées, les professeurs et les élèves pieds nus.»

source  :Slate magazine

Dans le Tarn et Garonne :

Moissac l'oubliée , Moissac la juste

Le 18, quai du Port, à Moissac, est une bâtisse de deux étages aux grandes fenêtres à carreaux blancs serties de volets bleu-gris. Quand ils arrivent, les enfants réfugiés - environ un tiers de Français, deux tiers d'étrangers, dont beaucoup de réfugiés allemands - sont accueillis ces termes « Ici, on parle français » ..... A la maison des enfants, l'ambiance joyeuse et chaleureuse se déploie dans un cadre discipliné, empreint de scoutisme et de judaïsme. Parmi les impératifs édictés figure, donc, la pratique immédiate et exclusive du français. C'est à la fois un principe, une perspective et un nouvel ancrage. Mais aussi une précaution face à la certitude que le pire peut arriver : les rafles, les contrôles, la nécessité vitale d'avoir un jour à se fondre et à se cacher.

Si beaucoup d'éducateurs de la maison des enfants sont de jeunes Français juifs stoppés dans leurs études par le numerus clausus instauré par Vichy, le 18 compte aussi son lot de Moissagais, comme Mme Deschamps, surnommée », l'économe de la maisonnée.  

 

De 1939 à 1943, la vie des enfants s'entremêle avec celles des habitants de Moissac. Les plus jeunes vont à la communale, les plus âgés sont apprentis chez M. Chauderon, le serrurier, M. Dreuil, l'ébéniste, M. Roger, marchand de légumes, ou encore suivent des cours de dactylo à l'école Genyer - une institution tenue par des religieuses de la congrégation des sœurs de la Miséricorde . Les deux maires qui se succèdent à l'époque, Roger Delthil et Louis Moles, en plus d'être des protecteurs administratifs précieux, officient tour à tour comme médecins attitrés de la maison. Avec l'aide de son assistante, Alice Pelous, le secrétaire de mairie, Manuel Darrac, s'occupe, lui, de fournir les tampons officiels pour les faux papiers.

Beaucoup d'adolescents sont envoyés en apprentissage chez les artisans de la ville. D'autres fondent des fermes écoles, comme celle de Charry, sur les hauts coteaux de Moissac, où une quinzaine de jeunes, filles et garçons, consacrent leur vie à l'agriculture sous le haut patronage d'Isaac Pougatch, dit « Poug » (un juif russe réfugié), et sa femme. La ferme de Charry : une dizaine d'hectares jusque-là en friche, travaillés avec cœur par « un groupe rural qui a pour but de créer un nouveau type de paysan juif régénéré par le travail de la terre 

Une préfiguration du kibboutz.

 

Ecoliers, apprentis, aspirants paysans, tous se retrouvent le vendredi soir pour shabbat. Sur la façade du 18, Shatta fait plisser des draps blancs aux fins liserés brodés. Quand le temps est clément, on dresse la table dans la petite cour devant la maison, sous les trois arbres feuillus. 

 "La gaieté, malgré tout. Les chants, malgré tout. Les rites, malgré le danger. La vie, malgré la mort. « La force intérieure que l'on met dans un enfant pour vaincre, c'est la force la plus importante », a dit Shatta Simon à Catherine Lewertowski, auteur du livre référence sur la maison des enfants"

En 1943, cependant, les rafles se multiplient. Les jeunes du 18, quai du Port, et de ses annexes ont déjà échappé à plusieurs d'entre elles - sûrement grâce à des fuites administratives bienveillantes. Il serait désormais suicidaire de ne pas disperser les enfants. Fin novembre, la maison est « dissoute ».

Il faut cacher les enfants. Chez les Moissagais ou dans des familles alentour. Dans les monastères, ou dans les écoles religieuses des environs, comme le collège Sainte-Foye-la-Grande, à Castres. Pour ceux qui parlent encore mal le français - ou avec un accent qui peut les mettre en danger -, des filières sont organisées vers la Suisse ou vers la Palestine via l'Espagne. Les adultes qui accompagnent les petits fugitifs prennent tous les risques. Certains le paient de leur vie, comme Marianne Cohn, cheftaine d'origine juive allemande, pionnière de Moissac, faite prisonnière à Annemasse alors qu'elle encadre un groupe de 28 enfants pour passer en Suisse. Elle meurt en héroïne, refusant de s'évader, de peur que les Allemands ne se vengent sur les enfants. Elle fut exécutée. Eux survivront.

 

Moissac doit etre reconnue ville des justes

 

Soixante-dix ans plus tard, les enfants de Moissac forment une amicale solide, qui se retrouve lors des colloques, des grandes occasions, joyeuses ou tristes. Certains anciens sont devenus célèbres, comme l'auteur et homme de théâtre Jean-Claude Grumberg, ou feu Marcel Mangel (le mime Marceau).

 

En mars 2012, la mairie de Moissac a reçu un curieux coup de téléphone. « Bonjour, mademoiselle. Vous savez, j'ai caché des petits juifs pendant la guerre », a entamé une dame, en faisant rouler quelques vieux cailloux dans son filet de voix d'ancêtre. Devant le silence de son interlocutrice un peu surprise, la femme a poursuivi : « J'appelle parce que je viens de voir ce qui s'était passé à l'école de Toulouse, où les enfants juifs se sont fait assassiner [c'était juste après la tuerie de Mohamed Merah]. Eh bien, je voulais juste vous dire : je suis encore là s'il y a besoin. Je suis encore là. » Elle ne s'est pas étendue plus longtemps, la vieille dame. On n'a jamais su son nom. Où était-elle ? Qui avait-elle caché ? Elle demeure une grandeur anonyme. Une spécialité local

Merci madame qui que vous soyez du fond  du coeur Merci !

Souhaitons n'avoir  plus à revivre les pages sombres  de la seconde guerre mondiale ! L'amour la solidarité doivent l'emporter sur la haine.Le témoignage de ceux qui savent qui ont vécu qui ont sauvé est capital ..mas avec le temps ils ne sont plus nombreux nos passeurs et nos faiseurs  de l'Histoire  !

sources : Marianne , histoire du Tarn et Garonne

Tag(s) : #Les "Justes de la Loire" : honneur et respect à elles et à eux, #Histoire
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