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La grève générale le 25 février 1941 à Amsterdam

Il y a 81 ans !

"La  ville  courage " !

 

Contexte historique : invasion des pays Bas par les nazis

Lorsque la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne en 1939, les Pays-Bas se déclarent neutres, une fois de plus, mais pour contourner la ligne Maginot, cette ligne de défense que les Français avaient disposée sur leur frontière à l'Est, et pour prévenir un possible débarquement anglais, l'Allemagne envahit les Pays-Bas le . C'est la Bataille des Pays-Bas ou Bataille de Hollande qui ne dure qu'une semaine. Malgré la disproportion des forces, l'armée néerlandaise présente une forte résistance à l'AfsluitdijkGrebbeberg et Dordrecht. Un commando aéroporté atterrit à La Haye avec l'objectif de capturer la famille royale, mais celle-ci parvient à s'échapper en Angleterre avec le gouvernement.

Le 14 mai , les Allemands lancent un ultimatum exigeant la reddition du port de Rotterdam faute de quoi la ville serait bombardée. Peu de temps après la fin de l'ultimatum, la reddition est annoncée, mais la première partie des bombardiers déjà envoyés en mission ne peut pas être rappelée, et la ville subit un bombardement sauvage qui fait 800 morts et 78 000 sans-abri. Cette bavure est imputée à un problème de communication2. C'est après le bombardement de Rotterdam que l'armée néerlandaise se rend, mais quelques combats se poursuivent en Zélande, jusqu'au bombardement de Middelbourg .

Les Néerlandais espèrent alors fortement que les Français et les Britanniques viendront vite libérer le pays, mais ils perdent tout espoir à la fin du mois de mai - lors de la capitulation de la Belgique et lors de l'évacuation de Dunkerque qui voit l'armée britannique rembarquer avec peine pour échapper à l'encerclement. Quelques semaines plus tard, la France dépose les armes lors de l'Armistice du 22 juin 1940. Le premier ministre néerlandais Dirk Jan de Geer, suivant l'exemple français, s'efforce de négocier depuis Londres une paix séparée avec les Allemands qui l'invitent à revenir dans son pays, mais la reine Wilhelmine le dissuade d'accepter l'invitation. 

La flotte néerlandaise ainsi que les réserves pétrolières des Indes orientales néerlandaises, l'actuelle Indonésie, restent un atout militaire pour les Alliés. Après que le Japon a forcé la France à lui céder les droits d'utiliser la base de transit d'Haïphong et plusieurs aérodromes, Wilhelmine envoie Dirk Jan de Geer pour éviter qu'une situation identique ne se reproduise dans les Indes néerlandaises. Celui-ci n'y parvint jamais 

L'occupation allemande

Pendant la période de l'occupation, les Pays-Bas sont placés sous l'autorité directe d'Arthur Seyss-Inquart qui prend le titre de Reichskommissar. Il mène une double tâche, organisant l'administration du pays comme une prise de guerre qu’il convient d’exploiter sur le plan économique et humain, au profit de l’Allemagne. Par ailleurs, il s'efforce de répandre l’idéologie nazie. Quelque 400 000 ouvriers néerlandais sont envoyés de force en Allemagne, au titre d'une sorte de travail obligatoire. Le NSB (Mouvement national-socialiste aux Pays-Bas), devient le seul parti autorisé et bénéficie du soutien des occupants et en même temps Seyss-Inquart favorise la création de toutes sortes d'organisations nationales-socialistes. À partir de 1941, les Allemands traquent la population juive et organisent la déportation qui conduit à la mort la plus grande partie des juifs néerlandais. 

Seule une minorité de la population se rallie au national-socialisme. L’échec de la politique de Sess-Inquart est marqué par trois grèves de protestation : 

  • La grève de février 1941, à Amsterdam, contre la déportation des juifs ;

  • Les grèves d’avril- contre le projet allemand d'envoyer en captivité les soldats néerlandais 

  • La grève des chemins de fer de  pour soutenir l'avancée de l'armée britannique.

Assez vite après l'invasion des Pays-Bas par les Allemands commence une politique de persécution des Juifs. Les premières mesures anti-juives datent de  avec la radiation des Juifs des services de défense civile antiaérienne. Ensuite, on assiste à une série de mesures d'exclusion, allant jusqu'à l'interdiction professionnelle dans la fonction publique.L'exclusion des universités provoque des manifestations étudiantes à Leyde et ailleurs.

Après l'installation du gouvernement sous l'autorité de Seyss-Inquart, ils instituent un Bureau juif dont le but officiel est de recenser les juifs. Un certain nombre de notables en provenance des milieux d'affaires du diamant se prêtent au jeu. Les Allemands laissent entendre aux juifs qu'on ne leur ferait pas d'histoires pourvu qu'ils organisent eux-mêmes leur recensement. Ceux qui refusent de se faire enregistrer sont alors une minorité

 

La grève du 25 février 1941

 

La grève de février à Amsterdam est une grève générale de la population qui dura deux jours et amena à la paralysie de la ville le 25 février . Organisée par le Parti communiste des Pays-Bas, elle fut soutenue par quasiment tous les habitants de la capitale néerlandaise et s'étendit à d'autres grandes villes. Les grévistes protestaient contre la ségrégation systématique des Juifs par l'occupant nazi.

 

Une population juive très importante aux pays bas 

 

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la population juive aux Pays-Bas était très élevée, plus de 140 000 personnes étant recensées. Plus de trois quarts des Juifs seront déportés. Amsterdam, plus grande agglomération du pays, avait notamment une importante communauté juive qui résidait dans les quartiers comme le Plantage et Waterlooplein. C'est en février que débutent les premières rafles à Amsterdam, organisées par le gouverneur nazi des Pays-Bas, Arthur Seyss-Inquart, à la suite d'affrontements de rues dans le quartier juif de Waterlooplein provoqués par le parti nazi néerlandais, le NSB et son bras armé, les WA (Weerbaarheidsafdeling) à partir du 11 février.


 

Le Reichskommissar Seyss-Inquart était très peu accepté de la population amstellodamoise : rares sont ceux qui adhèrent au NSB. Le début des arrestations de Juifs provoque ainsi un mouvement contestataire de la population amstellodamoise le  : un meeting en plein air est organisé sur le Noordermarkt, afin d'organiser une résistance pacifique contre la ségrégation des Juifs. Les communistes, pourchassés par les Allemands, avaient imprimé des tracts pour appeler à la grève générale dès le lendemain matin. Les premiers grévistes furent les conducteurs du tramway d'Amsterdam, rejoints par les fonctionnaires des autres services municipaux dont le personnel enseignant. Le grand magasin De Bijenkorf se mit également en grève. Le , 300 000 personnes défilent ainsi, bloquant la vie de la ville et prenant les occupants nazis par surprise.

Bien que le  jour suivant, la police allemande mena des opérations de répression pour empêcher toute nouvelle manifestation, cet acte est le premier de grande ampleur de Résistance contre les Nazis aux Pays-Bas.

Les organisateurs et les communistes furent farouchement pourchassés et punis ; Beaucoup furent fusillés ou déportés en Allemagne .

Dans les jours qi suivirent une rafle au cours de laquelle 425 Juifs, des hommes de 20 à 35 ans sont pris comme otages sont envoyés dans les  camps de concentration de Buchenwaldet Mauthausen où la plupart d'entre eux périssent dans l'année.

En ,1942 les dirigeants catholiques et protestants envoient au commissaire du Reich un télégramme de protestation contre les mesures d'exceptions contre les Juifs et les déportations. Le texte de ce télégramme est lu dans les églises et dans les temples le 5. En représailles, les nazis font arrêter les juifs convertis5 et à partir de ce moment, les nazis durcissent leur attitude vis-à-vis des Néerlandais : des dirigeants socialistes sont arrêtés et des prêtres catholiques comme Titus Brandsma sont déportés en camps de concentration.

Un « service du travail » (Arbeitseinsatz) est imposé aux Pays-Bas, obligeant tout homme de 18 à 45 ans à travailler dans les usines allemandes qui étaient régulièrement bombardées par l'aviation alliée. Ceux qui refusent sont amenés à plonger dans la clandestinité. Un rationnement a été mis en place pour faire face à une pénurie résultant du fait qu'une partie importante de la nourriture produite aux Pays-Bas part vers l'Allemagne. Ce rationnement va servir également à contrôler la population et à débusquer les réfractaires au travail forcé. Tout Néerlandais qui viole les lois allemandes en se cachant ou en cachant quelqu'un d'autre n'a plus droit aux tickets de rationnement. Encore plus grave, cacher des juifs est passible de la peine de mort.

La grève du 25 février 41 est un véritable camouflet pour Hitler et le régime allemand qui pensait s’être mis la population néerlandaise dans la poche !

Cet acte d'insoumission de toute une population contre l' occupant ennemi,acte héroïque marque ( malgré la répression qui s'en suivie ), d'une pierre blanche le début de la Résistance néerlandaise .

Bravo au courage de ses femmes et hommes anonymes qui se sont dressés pour protéger d'autres compatriotes, voisins amis, relations des femmes des enfants et des hommes juifs menacés 

Cet acte de bravoure et de courage est inscrit sur les murs de l'histoire des Justes .
 

Le désir des nazis : faire des Pays Bas une seconde patrie aryenne

Gleichschaltung (rendre égaux) est le nom de la politique que les Allemands mènent dans les Pays-Bas occupés, avec deux objectifs poursuivis : d'abord, mettre fin à la pilarisation (verzuiling en néerlandais), c'est-à-dire à une vision communautariste de la société (catholiques d'un côté, protestants de l'autre, classe laborieuse d'un côté, bourgeoisie de l'autre), et ensuite dissoudre la nation néerlandaise dans le peuple des seigneurs, le Herrenvolk, germanique et aryen. Sur cette base-là, les autorités d'occupation allemandes entreprennent de changer graduellement la société pour ne pas effaroucher la population. Cela n'empêche pas l'Église catholique et quelques socialistes de s'opposer depuis le début à la Gleichschaltung. En 1941, tous les catholiques reçoivent de leurs évêques la consigne de quitter les associations nazifiées. 

Finalement cette politique a complètement échoué, principalement à cause des revers subis par les Allemands sur le plan militaire, et à cause de la récession économique. L'idéologie nazie n'a pas pu pénétrer les subtilités des idéologies néerlandaises. Toutes avaient en commun de donner une bonne place à l'humanisme, et les atrocités nazies ne font qu'amplifier l'hostilité de la population vis-à-vis du régime d'occupation. Avant 1943, la domination de l'Allemagne en Europe est suffisamment éclatante pour que la majorité de la population se réfugie dans l'indifférence ou le silence, mais le nationalisme batave redevient vivace lorsque l'armée allemande subit des revers militaires

La résistance néerlandaise 

Les Allemands par la suite perdent alors tout contrôle sur la société qui se constitue en un front informel contre les Allemands et les Néerlandais collaborateurs.

 

Tag(s) : #Un 25 février 1941 : Un acte de courage de la population d'Amsterdam, #Histoire
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