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Le 11 mai 1987 débute le procès du plus grand criminel de guerre de l'Histoire :

Klaus Barbie le bourreau de Lyon

responsable de la mort de milliers d'enfants juifs et d'adultes et de résistants

 source : Wkipédia

Parcours d'un criminel 

En 1935, il entre dans la SS. La même année, il commence à travailler, à Berlin, au service central du Sicherheitsdienst (SD), le service de sécurité du parti nazi 

Fin 1938, durant trois mois, il effectue son service militaire au  régiment d’infanterie, puis poursuit sa formation d’officier.Il est nommé SS-Untersturmführer (sous-lieutenant SS). Quelques jours plus tard, il épouse Regine Willms qui a adhéré au parti nazi en 1937 et travaille dans une crèche de l’association des femmes nazies.

En 1940, après l'invasion des Pays-Bas, Klaus Barbie y "est envoyé au sein d'un détachement de la Sipo-SD (Sicherheitspolizei und Sicherheitsdienst, police de sécurité — État — et service de sécurité — parti nazi) à la section VI (Amt VI, Ausland-SD, renseignements à l'étranger) chargée de la préparation du débarquement en Grande-Bretagne. Avant même que celui-ci ne soit annulé"

 A La Haye, puis à Amsterdam, il participe activement à la poursuite et à la rafle des juifs, des francs-maçons et des émigrés allemands. Il travaille avec tant de zèle qu'en , il est promu SS-Obersturmführer(lieutenant SS). Pour avoir été l'un des officiers les plus énergiques dans l'assaut du ghetto juif d'Amsterdam et pour avoir commandé des pelotons d'exécution, il est décoré de la croix de fer de seconde classe (Eisernes Kreuz II.Klasse)

Klaus Barbie aurait été envoyé en URSS, de l'été 1941 au printemps 1942.

Au printemps 1942, comme il est bien noté et qu'il parle français, Klaus Barbie est nommé chef de la sécurité à Gex, sous-préfecture de l'Ain en France, à proximité de la frontière suisse. En fait, une mission délicate l'attend : il doit enlever Alexander Foote, un agent secret travaillant pour l'URSS à Genève. Barbie réussit à soudoyer le chef d'un poste de la garde-frontière suisse et s'introduit en Suisse par le poste de Prévessin-Moëns, douane proche de sa résidence privée, avant de constater qu'Alexander Foote avait disparu.

Klaus Barbie est affecté au Kommando der Sipo-SD (KDS) de Dijon où il est chargé de la surveillance des douaniers allemands  ;

Chef de la Gestapo de la capitale de la résistance : Lyon 

Il est au casino de Charbonnières-les-Bains dans les faubourgs de Lyon où, avec une partie du commando DONAR, il est chargé de détecter les radios clandestines ; puis, après l'invasion de la zone libre en France par les Allemands  , au KDS de Lyon (commandé par Rolf Mühler de Novembre 1942 à janvier 1943, par Fritz Hollert et, à partir de l'été 43, par Werner Knab), où il prend le commandement de la section IV (lutte contre les résistants, les communistes, les juifs…).

Klaus Barbie devient le chef de la Gestapo de la région lyonnaise (troisième officier, par ordre d'importance, au sein du KDS de Lyon). 

Sous ses ordres, sont torturés et exécutés de nombreux résistants, dont Jean Moulin.

Il arrête aussi personnellement, à la demande de Joachim von Ribbentrop,  Albert Lebrun et André François-Poncet en Isère. Surnommé « le bourreau de Lyon », il donne l'ordre d'exécuter de nombreux otages et de déporter des milliers de Juifs à Drancy — étape intermédiaire avant Auschwitz. Parmi ses victimes, se trouvent les 86 personnes raflées le 9 février 1943 au siège de l'UGIF, situé 12, rue Sainte-Catherine à Lyon, mais aussi les 44 enfants d'Izieu  .

Barbie réussit à faire partir directement de Lyon pour Auschwitz le dernier convoi de déportés avec 650 personnes dont 342 non-juifs et 308 juifs. Lors de son procès, il est accusé d'avoir fait fusiller 22 otages, dont des femmes et des enfants, en représailles d'un attentat sur deux policiers allemands en 1943, d'avoir torturé ou fait torturer au moins une vingtaine de personnes en 1943 et d'en avoir fait fusiller au moins une quarantaine la même année, d'avoir fait fusiller 70 Juifs à Bron et beaucoup d'autres parmi les 120 prisonniers de la prison Montluc exécutés à Saint-Genis-Laval durant l'été 1944, où il est vrai que, selon Max Payot, un agent français de la GestapoFritz Hollert, deuxième officier du KDS de Lyon, donc supérieur à Klaus Barbie, est présent.

Durant le premier semestre de l'année 1944, Barbie dirige également le commando de la Sipo-SD qui accompagne les troupes de répression des maquis, notamment dans l'Ain et le Jura : il torture, tue ou fait tuer de nombreux villageois censés soutenir les maquisards. L’organigramme des services de la Gestapo à Lyon publié par le journal clandestin Spartakus du groupe des Révolutionnaires communistes allemands et autrichiens (RKD) exilés en France le mentionne sous le nom de Mayer.

Il est également très actif du côté savoyard de la frontière franco-suisse, lieu de passage de clandestins vers la Suisse. Accompagné de son interprète Gottlieb Fuchsnote , il conduit des interrogatoires accompagnés d'actes de torture à l'hôtel Pax d'Annemasse en Haute-Savoie .

Klaus Barbie se trouve dans les Vosges. Sa présence est attestée à Bruyères avec de nombreux membres de la Sipo-SD de Lyon  

L'après guerre

"L'ancien patron de la Gestapo de Lyon se fait discret, mais n'hésite pas à organiser, fin 1945, avec d'anciens SS, un réseau de résistance nazie." Cependant, en butte à l'indifférence de la population et à la répression des Alliés, ce réseau est vite infiltré et la plupart de ses membres arrêtés début 1947 (opération Selection Board). Plusieurs fois arrêté, il réussit à cacher sa véritable identité et à s'évader.

Après la Libération de la France, Barbie parvient, blessé, à gagner la ville de Baden-Baden en Allemagne. Il est promu SS-Hauptsturmführer. En poste à Halle, puis à Düsseldorf et à Essen, il termine la guerre à Wuppertal.

 

Klaus Barbie protégé par les Etats Unis

 La (Counter Intelligence Corps, US Army) services secrets américain protègent Barbie et refusent de le livrer à la France sous prétexte que :

- son aide est vraiment précieuse au moment de la guerre froide,

  • ensuite, que ses prétendus crimes contre la Résistance étaient des actes de guerre et que les Français recherchent davantage la vengeance que la justice,

  • enfin, qu'on ne peut plus faire confiance à une France submergée par les communistes qui veulent en fait interroger Barbie sur la pénétration en Amérique du Parti communiste allemand et des services secrets français.

 Dans le cadre des deux procès intentés à René Hardy "suspecté d'avoir trahi Jean Moulin, le tribunal militaire de Lyon poursuit Klaus Barbie, qui est condamné à la peine capitale par contumace le 16 mai 1947 et le 25 novembre 1954"

Exfiltré par les américains il trouve refuge en Amérique du sud, en Argentine Bolivie et Pérou 

 

Un grand ami des américains et des dictateurs ???!!!

En 1951, Barbie est accusé de vol par la police allemande. Il est exfiltré vers l'Argentine avec le concours des services secrets américains(CIA) et de Krunoslav Draganović.

Dans sa fuite, il passe notamment par Vienne, où il est aidé par Kurt Waldheim — MilanRome et Gênes.

Sous une fausse identité de « Klaus Altmann », il s'installe en Bolivie, obtient la nationalité bolivienne et dirige une entreprise d'exploitation du bois, puis, de 1966 à 1971, la Compagnie Transmaritima Boliviana, première compagnie maritime du pays qui s'adonne au trafic d'armes  et de drogues au profit des dictatures militaires d'Amérique du Sud.

Il a aidé à faire capturer Che Guevarra par l'armée bolivienne

À partir de 1964, il collabore activement avec l'armée bolivienne et donne des conseils pour la recherche et la torture des opposants. De 1965 à 1967, jusqu'à la mort de Che Guevara dans la jungle bolivienne, il semble qu'il soit de nouveau au service de la CIA

 

. En 1971, il soutient le coup d'État du colonel Hugo Banzer et pour conforter son régime, Barbie crée une organisation paramilitaire d'extrême-droite les fiancés de la mort. Sa compagnie ayant fait faillite, il s'installe au Pérou.

Cependant, l'arrivée de Beate Klarsfeld, militante allemande anti-nazie majeure de l'après-guerre, l'oblige à regagner la Bolivie.

La traque 

"Dès 1961, une enquête de la police allemande, alimentée par les archives de la VVN, détermine que Barbie s'est réfugié en Bolivie.

En 1969, lorsque sa fille Ute Messner, demande un visa pour l'Allemagne, les autorités découvrent finalement que « Klaus Altmann » est Klaus Barbie.

Toutefois, face aux difficultés administratives, l'affaire est sur le point d'être classée quand les protestations de Beate Klarsfeld viennent la relancer : elle obtient, non sans mal, du procureur allemand Manfred Ludolph la reprise de l'instruction ouverte en 1960 par le parquet de Munich contre l'ex-SS-Hauptsturmführer Barbie."

D'après l'historien Peter Hammerschmidt, Klaus Barbie aurait même travaillé pour le Service fédéral de renseignement de la République fédérale d'Allemagne entre 1966 et 1967 sous le nom de code Adler

 

Le scandale .médiatique

"Le magistrat Manfred Ludolph remet à Beate Klarsfeld deux photos de Barbie, dont l'une prise en 1968 à La Paz, avec un homme qui lui ressemble fortement autour d'un groupe d'hommes d'affaires. Les Klarsfeld ( juifs résistants à la recherche des nazis)obtiennent d'Allemands établis en Bolivie l'adresse et le faux nom des Barbie installés à Lima. La photo paraît dans la presse, si bien que les autorités péruviennes demandent aux Barbie de partir, ne voulant pas risquer de refuser à la France son extradition.  L'Aurore publie un article retentissant : « L'ex-nazi Klaus Barbie vient de se réfugier au Pérou après un long séjour en Bolivie. La France va-t-elle le réclamer ? ». Le dossier des Klarsfeld monté contre Barbie est désormais médiatisé

 

.Beatle kLARFELD

La stratégie d'un journaliste fera tomber l'intouchable Barbie  !

 

"Le journaliste Ladislas de Hoyos parvint à l'interviewer les 3 et 4 février 1972 , en Bolivie. Durant cette entrevue surveillée par le gouvernement bolivien, le journaliste s'adresse à Klaus Altman en français, et ce dernier répond à la question en allemand, trahissant sa compréhension de la langue française. Plus tard, Ladislas de Hoyos piège Klaus Altman en lui transmettant deux photos de Jean Moulin, lui demandant de les identifier. Altman nie connaître le résistant français et rend les photos au journaliste. En les manipulant, Altman laisse sur celles-ci ses empreintes digitales qui permettront aux autorités françaises d'identifier sa vraie identité. Le reportage fut ensuite diffusé sur Antenne . C'est lors de cette diffusion que Klaus Barbie a été reconnu par Simone Lagrange, qu'il avait torturée, en 1944. Lejournal O Globo publie l'entretien dans lequel Altmann avoue être Klaus Barbie".

Encore un répit d'une dizaine d'années pour le criminel nazi
 

Klaus Barbie, personnage important en Bolivie, est protégé par le régime Banzer jusqu'à sa chute en 1978, puis, après le coup d'État de 1980, par le nouveau régime dans lequel Barbie est nommé colonel honoraire des services de renseignements. Cependant, le gouvernement américain contraint le président bolivien à démissionner l'année suivante. Avec le retour des centurions dans leurs casernes, l'étau se resserre sur Barbie. Dans Le Monde du , l'ancien président Hernan Siles Zuazo qui sera élu pour un nouveau mandat de 1982 à 1985, déclarait déjà sans ambages : Évidemment, un gouvernement démocratique ne peut pas protéger un criminel comme Barbie. Nous luttons contre le fascisme local et contre tout fascisme d'où qu'il vienne.

Expulsion et condamnation (1983-1991)

"Après bien des péripéties et des atermoiements, après que le gouvernement français a accordé à la Bolivie une importante aide au développement (certains parlent d'une livraison de plusieurs tonnes d'armes pour la police bolivienne en échange de Barbie, Klaus Barbie est arrêté à La Paz  sous l'inculpation banale d'escroquerie pour défaut de paiement d'une dette de dix mille dollars et d'infraction aux lois sur l'immigration. Il est expulsé vers la France le  5 février 1983 et, fait symbolique, incarcéré pendant une semaine à la prison Montluc

Le procès

Son procès devant la cour d'assises du Rhône débute le , dans la salle des pas-perdus du palais de justice de Lyon. Le président du tribunal, André Cerdini, décide de ne pas faire comparaître Barbie dans une cage de verre blindée, estimant que l'accusé n'avait pas à bénéficier d'une telle protection. L'accusation est menée par Pierre Truche, assisté de Jean-Olivier Viout. Sa défense est assurée par l'avocat Jacques Vergès ainsi que par Jean-Martin Mbemba (avocat congolais) et par Nabil Bouaita (avocat algérien). 39 avocats représentent les parties civiles, anciens juifs et résistants déportés.

Au troisième jour du procès, quand commencent les dépositions de ses victimes, Barbie, fuyant la confrontation, se lève et lit une brève déclaration. Il annonce son intention de ne plus comparaître aux audiences comme l'y autorise le droit français, au motif de l'illégalité de sa détention

Le , au terme de neuf semaines de procès, et après six heures et demie de délibération, la cour d'assises du Rhône reconnaît Klaus Barbie coupable de dix-sept crimes contre l'humanité et le condamne à la prison à perpétuité pour la déportation de centaines de Juifs de France et notamment l'arrestation, le 6 avril 1944, de 44 enfants juifs et de 7 adultes à la maison d'enfants d'Izieu et leur déportation à Auschwitz33.C'est la première fois que ce chef d'accusation est retenu en France.

Le , 25 septembre 1991 Klaus Barbie meurt à la prison Saint-Joseph à Lyon, à 77 ans, des suites d'un cancer du sang et de la prostate


 

Sources : Wikipédia

Beate KlarsfeldPartout où ils seront, édition spéciale, premier trimestre 1973,

  • Erhard Dabringhaus. L'agent américain Klaus Barbie, Pygmalion, 

  • Jacques BaynacLes secrets de l'affaire Jean Moulin : contexte, causes et circonstances,

  • Isabelle Doré-Rivé (sous la dir.), Le procès Barbie : justice pour la Mémoire et l'Histoire, Lyon, Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation


 

 

 

 

 

Tag(s) : #procès d eklauss Barbie, #Histoire
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