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Election de Savador Allende au Chili

il y a 51 ans : le 4 septembre 1970

A sa quatrième tentative, le candidat de l'Unité populaire, Salvador Allende, arrive en tête de l'élection présidentielle avec 36,6 % des suffrages et devance le conservateur Jorge Alessandri Rodríguez (35,3 %) et le démocrate chrétien Radomiro Tomić (28,1 %)

Les alessandristes ont peur du gouvernement socialiste, alors que les allendistes et les démocrates-chrétiens expriment leur joie dans la rue.

Ce score électoral ne signifie toutefois pas encore qu'Allende devient le nouveau président chilien. En effet, si aucun candidat n'obtient de majorité absolue, il est d'usage que celui qui arrive en tête du scrutin soit confirmé par le Congrès alors dominé par les démocrates-chrétiens et les conservateurs.

Candidat

Votes

%

Allende

1 075 616

36,6 %

 Alessandri 

1 036 278

35,3 %

Tomić

824 849

28,1 %

Total

2 936 743

Source : El Mercurio, 5 septembre 1970.

 
Réaction des États-Unis

Dès le lendemain du scrutin, l'ambassadeur des États-Unis au Chili, Edward Korry, avertit Washington : « mon pessimisme électoral de la nuit dernière s'est renforcé. Ni les politiques ni les forces armées ne se sont opposées à l’élection d'Allende ; nous n'avons plus la moindre parcelle d'espoir. Les États-Unis doivent commencer à prendre en compte la réalité d'un régime Allende. Nous ne pouvons compter pour l'instant sur les forces armées, chacun espérant qu'un autre prenne l'initiative et aucun n'étant prêt à assumer la responsabilité historique de faire couler le sang et de déclencher une guerre civile. »

Le 14 septembre, Agustín Edwards Eastman, l'homme le plus riche du Chili à l'époque, rencontre Nelson Rockefeller afin de demander de l'assistance. Le lendemain, Edwards rencontre Richard Helms, directeur de la CIA, et le soir les deux hommes se retrouvent à la Maison-Blanche, à Washington, D.C. Richard Nixon réagit très durement à la perspective inattendue de la victoire d'Allende, que les services américains avaient mal appréciée. Il ordonne alors d'éviter qu'Allende devienne président. La CIA met en place un plan pour empêcher qu'Allende prenne ses fonctions grâce au vote du Congrès, prévu pour le 24 octobre, plan parfois connu comme le Track One. Parallèlement, Nixon demande la promotion d'un coup d'État à travers une autre procédure en cercle restreint, afin d'éviter de passer par le département d'État (ministère des Affaires étrangères) qu'il estime incompétent, et de court-circuiter l'ambassadeur, c'est le Track Two :

Le Track Two consistait à inciter les forces armées chiliennes à intervenir et annuler les élections. Le général Roberto Viaux devait mettre en place ce plan. La sédition au sein de l'armée chilienne fut favorisée en coordination avec le mouvement d'extrême-droite Patria y Libertad

. Les États-Unis avaient renoncé à mettre en œuvre ce plan quand le 22 octobre 1970 Roberto Viaux passa à l'action : le chef d'état-major Schneider, susceptible de s'opposer à un coup d'État est grièvement blessé par les éléments séditieux menés par le général Roberto Viaux, lors d'une tentative d'enlèvement.

Bien que son chauffeur l'ait amené dans un hôpital militaire, il allait mourir le 25 octobre. Les circonstances de sa mort entrainent une large condamnation de la population et éloignent la possibilité d'un putsch.

Le vote du congrès 

Le Congrès commence à voter. Le président du Sénat est Tomás Pablo. Il y a 195 parlementaires. À la fin du vote le porte-parole du Sénat, Pelagio Figueroa, annonce : Salvador Allende Gossens, 153 votes ; Jorge Alessandri Rodríguez, 35 votes ; 7 votes blancs. Tomás Pablo ferme la session en déclarant ceci : « Selon les articles 64 et 65 de la Constitution politique, le Congrès proclame président de la République du Chili pour la période comprise entre le 3 novembre 1970 et le 3 novembre 1976 le citoyen Salvador Allende Gossens.

La première année

Le 3 novembre Allende prend ses fonctions de président de la République après le vote du Congrès national. Ensuite il va à la cathédrale entendre le Te Deum œcuménique célébré dans toutes les églises du pays.

Ce jour-là, Allende nomme ses ministres

Devenu le premier président élu démocratiquement sur un programme socialiste, Allende ne dispose cependant pas de la majorité parlementaire. Il décide alors de gouverner régulièrement par décret, ce qui lui évite de passer par le Parlement. Dans les deux premiers mois suivant l’élection de Salvador Allende, les classes possédantes et les investisseurs procèdent à des retraits massifs de capitaux du Chili par peur d'un nouveau président qui se reconnait volontiers anticapitaliste

L'oeuvre du « gouvernement Allende « 

-1) industrie et banques : il nationalise  de nombreuses entreprises dont neuf banques sur dix, les mines de cuivre, qui représentent les trois quarts des exportations. 

Les éléments clefs de l'économie du pays (c'est-à-dire le cuivre, l'industrie agroalimentaire, la compagnie aérienne nationale et l'industrie sylvicultrice) sont aux mains de l'état et non plus aux mains de grands propriétaires ou lobbies. 

- 2)en Agriculture : les réformes agraires sont menées accompagnées du gel des prix des produits de grande consommation.

redistribution de près de 10 millions d'hectares à plus de 100 000 familles

-3) en politique économique : Dans la première année de présidence d'Allende, dopés par le contrôle des prix et les augmentations de salaires, les résultats économiques sont immédiats : le PIB progresse de 9 % en 197141 et le chômage diminue (il sera de 3,1 % en 1972) On veut aussi augmenter de 40 à 60 % les salaires de tous les travailleurs, en les payant avec des billets spéciaux.

-4)impôt un nouvel « impôt sur les bénéfices » est créé 

-5) vie sociale : ldivorce est légalisé, la sécurité sociale est étendue

-6)Les institutions : on veut établir une nouvelle constitution et mettre en place une seule chambre représentant le peuple.

  1. Éducation : réforme du système d'éducation, poursuite des réformes entreprises par son prédécesseur Eduardo Frei Montalva 

-8) des mesures diverses : programme de lait gratuit pour des enfants (à raison

d'un demi litre de lait par jour et par bébé) 

-numérique 20 ans d'avance sur le numérique : Le but du projet Cybersinco est d'optimiser la planification économique au moyen d'outils informatiques. Dans le cadre d'une économie fortement nationalisée et centralisée, les entreprises envoient quotidiennement des télex comprenant des informations économiques (production quotidienne, utilisation d'énergie et travail) à un ordinateur central.

Lors du coup d'État de 1973, les salles d'opérations du projet Cybersin qui avaient été déplacées dans le palais présidentiel l'année précédente sont bombardées. 

 

Réactions intérieures 

Les classes populaires favorables et enthousiastes

Les classes moyennes hostiles 

le Congrès : l'adversaire numéro 1

 

Certaines des décisions prises par Salvador Allende visent à favoriser les classes populaires, ce qui entraîne des craintes chez les classes moyennes

Durant tout son mandat, Salvador Allende s'affronte politiquement avec le Congrès chilien, le Parti démocrate chrétien et le Parti national.

Politique étrangère d'Allende

Cuba apporte son soutien à Allende et à son programme socialiste

En 1971, à la suite d'une visite d'un mois du président cubain Fidel Castro, avec qui il entretient une amitié étroite, Salvador Allende annonce le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, en dépit d'une convention précédemment établie par l'Organisation des États américains précisant qu'aucune nation dans l'hémisphère occidental ne le ferait (la seule exception étant le Mexique, qui a refusé d'adopter cette convention). Salvador Allende et ses adversaires au Congrès s'accusent mutuellement à plusieurs reprises de miner la Constitution chilienne et d'agir de manière antidémocratique.

L'ingérence américaine de Nixon  

Selon Peter Kornbluh, la CIA a pour mission de déstabiliser le régime chilien afin « d'alimenter un climat propice au coup d'État .

L'entreprise « Neslé » sera la complice du complot contre le peuple chilien.

Le directeur de la CIA de 1973 à 1976, affirme dans ses mémoire que sept millions de dollars ont été dépensés dans le but de faire tomber Allende, par la centrale de renseignement américaine. Le mouvement de grève des camionneurs qui paralyse le pays en octobre 1972 est soutenu financièrement par les États-Unis. Réagissant aux nationalisations effectuées par le gouvernement d'Allende, plusieurs firmes américaines dont ITT, ou internationales comme Nestlé, apportent leur concours à cette stratégie

Préparation au coup d'état :

-La marche des casseroles et des bourgeoises 

-la presse achetée par les américains 

-la grève des patrons camionneurs payés par la CIA

L'Unité populaire remporte les élections municipales d'avril 1971 avec 51 % des suffrages

En 1972 commencent les marches des « casseroles vides » contre le gouvernement Allende, par lesquelles des ménagères, bien qu'en grande partie issues de la bourgeoisie, affirment qu'elles ne trouvent plus suffisamment de produits alimentaires sur le marché. Des manifestations de soutien au gouvernement sont également organisées.

La résistance de la droite se durcit avec l'appui de la presse d'opposition. Les journaux El MercurioLa SegundaLa Tercera de la HoraLas Últimas NoticiasLa PrensaLa Tarde et La Tribuna  attaquent sans cesse le gouvernement. Ce dernier journal (appartenant à des militants du Partido Nacional), diffuse des titres méprisant le gouvernement socialiste  

El Mercurio reçoit de la CIA 1 665 000 dollars en 1971 et 1972. Pour sa part la presse de gauche ne se laisse pas faire et profite de toutes les occasions pour discréditer les adversaires .
 

Les opposants et les entrepreneurs se lèvent contre la Papelera, entreprise distributrice de papier. Avec cette nationalisation, l'opposition a peur que le gouvernement puisse contrôler la presse de droite et l'empêcher de dire ses revendications. En juillet 1973, la Fédération des camionneurs (organisme patronal) déclenche une grève illimitée. 

Chaque patron reçoit des États-Unis entre 40 et 160 dollars par camion et par jour d'immobilisation. Les camionneurs envoient leurs demandes en un mouvement qui sera connu comme « pliego de Chile », où ils demandent la fin des fermetures radicales des commerces, de la banque unique, le retour au service des imprimeries et autres demandes similaires. 

Après trois ans de gouvernement socialiste, les clivages politiques se radicalisent. L'opposition appelle la classe moyenne à « vaincre le communisme destructeur de la

civilisation chrétienne en terre chilienne »[réf. nécessaire].

Comment de l'étranger on asphyxie une démocratie ?

La CIA reçoit pour instruction de Richard Nixon de « faire crier l’économie » chilienne.

-L'économie chilienne entre en récession.

 

Conséquences du boycott des entreprises chiliennes 

L'augmentation des salaires du secteur public, l'augmentation des subventions aux entreprises publiques et la baisse des recettes fiscales, non adaptées à un environnement inflationniste, génèrent un déficit public croissant. Ces dépenses sont financées par l'émission monétaire de la Banque centrale du Chili.

En résulte une augmentation de la quantité totale de monnaie en circulation de 173 % en 1972 à 413 % en 1973

-L’augmentation du pouvoir d'achat des classes populaires entraîne une forte augmentation de la consommation

L'opposition remporte les élections deux ans et demi plus tard

Le 4 mars 1973 l'opposition, regroupée au sein de la Confédération de la démocratie (CODE) remporte les élections législatives avec 55,60 % des voix, ce qui est insuffisant pour destituer Allende dont le parti obtient 44,11 % des voix

Le 29 juin, le régiment blindé du colonel Roberto Souper se soulève et essaye sans succès de prendre le palais présidentiel. En août 1973 a lieu une crise constitutionnelle et la Cour suprême du Chili se plaint publiquement de l'incapacité du gouvernement d'Allende d'appliquer les lois.

 Allende nomme de nouveau des militaires à son cabinet. Ce « gouvernement de salut national » (Gabinete de Salvación Nacional) est notamment composé de Carlos Prats, général en chef des armées chiliennes, au poste de ministre de la DéfenseRaúl Montero Cornejo, commandant en chef de la Marine, au poste de ministre du Budget, César Ruiz Danyau, commandant en chef de la force aérienne chilienne, au poste de ministre des Travaux publics, et de José María Sepúlveda, directeur général des carabineros de Chile, au poste de ministre des Terres et de la Colonisation. Ce gouvernement est formé dans le but de résoudre la nouvelle grève des transporteurs qui accusent le gouvernement de ne pas respecter ses engagements.

La Chambre des députés du Chili adopte à 81 voix contre 47 une résolution « sur la violation grave de l'ordre constitutionnel et juridique de la République ». Les députés appellent les forces armées à « rétablir les conditions de pleine application de la Constitution et des lois et la coexistence démocratique essentielle pour assurer au Chili la stabilité institutionnelle, la paix civile, la sécurité et le développement » et ils affirment notamment.
Les camionneurs poursuivent une grève longue de plusieurs mois grâce aux financements des États-Unis et paralysent une grande partie de l'économie (le Chili est un pays très allongé), des actions terroristes alimentent un climat politique très conflictuel et contribuent à détériorer l'économie (les attentats entrainent des pannes fréquentes

Le 11 septembre 1973, l'armée se soulève ocntre Allende et osn gouvernement .Le général Pinochet bombarde le palais présidentiel

Le 11 septembre 1973, à 9 heures du matin, le palais présidentiel  la Moneda ,est assiégé par l'armée sous le commandement du général Augusto Pinochet, commandant en chef des forces armées. Allende n'a alors pas encore connaissance de la trahison de Pinochet et s’inquiète à son sujet. Le palais présidentiel est bombardé par l'aviation. Pendant le coup d'État, Allende s'adresse une dernière fois aux Chiliens à la radio où il remercie ses partisans et annonce son intention de se battre jusqu'à la mort.

C'est dans le palais que Salvador Allende meurt finalement d'un tir d'AK-47 dans le menton. L'arme lui avait été offerte par Fidel Castro et portait une plaque dorée sur laquelle on pouvait lire : « À mon bon ami Salvador, de la part de Fidel, qui essaye par des moyens différents d'atteindre les mêmes buts ». Après sa mort, il est enterré anonymement sur ordre du régime militaire dans un cimetière de Viña del Mar, à 120 km de la capitale. En 1990, sa dépouille est exhumée et transférée à Santiago

Après le coup d'État, Augusto Pinochet installe un régime militaire qui durera jusqu'au référendum de 1988 par lequel il est désavoué et quitte volontairement le pouvoir deux ans plus tard.

Tag(s) : #4 septembre 1970 il y a 50 ans le président Allede était élu au Chil, #Histoire
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