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Le maquis des loges de Monteux

Hommage aux 20 jeunes gens fusillés par les nazis

 

Juillet 1944 dans un bar à la Ricamarie (la Ric)

d'après un fait historique réel

Chapitre I

 

On parlait polonais dans ce bar de la « Ric « .Henri le savait . Les polonais depuis plusieurs générations étaient travailler dans les mines de l'Ondaine et dans les industries textiles et métallurgiques . Ces ouvriers fiers et robustes se avaient l'habitude de se retrouver dans cet estaminet que tenait Josef le patron . La Son épouse Isabela était une cuisinière hors paire appréciée . Elle savait mijoter des spécialités de son pays .Malgré les restrictions, elle s'était débrouillée pour toujours servir ses clients .

Beaucoup de célibataires de jeunes gens venaient pour diner et manger la soupe du soir.

Henri n'était pas un ouvrier mais journaliste .Il avait vingt cinq ans. Depuis le début de la guerre il vivait dans la clandestinité.Il avait refusé de « se cacher en Angleterre » comme il disait car il voulait être présent sur le sol de France pour se battre contre l'occupant ?

.Il avait été dénoncé pour avoir participé à un attentat contre la kommandantur de Lyon. Il s'était réfugié dans les montagnes du Pilat à Saint Just en Doizieux .On l' avait caché , dans ce village « des justes » qui avait sauvé tant d'enfants juifs....

Mais après des mois d'inactivité, Henri trouva le temps long et voulut «  tenter quelques chose ». Le débarquement venait d'avoir lieu en Normandie. Bientôt les alliés seraient là .Partout en France « ça bougeait » Il voulait prendre part à sa libération . Le curé de Saint Just lui avait donné une adresse à la Ricamarie et des noms de jeunes polonais. Il était enthousiaste et plein d'espoir.

C'était le printemps , un printemps frais mais ensoleillé .Les arbres bourgeonnaient sur la place de la petite ville ouvrière .Il s'approcha d'un bistrot « Chez Jo ». Henri souhaitait rencontrer des jeunes réfractaires au STO service de travail obligatoire prêts à se battre pour aider les alliés à se débarrasser des nazis.

Il ouvrit la porte du café le coeur battant.

-Bonsoir ! Lança t- il à l'assemblée

Un silence se fit.

La patronne se dirigea jusqu'à sa table :

- Bonsoir .Vous désirez ?

-Bonsoir madame .Un cognac ! Connaissez vous les frères Czachara : Joseph*
et *Léon ?

Isabela ne répondit pas. Elle revint avec un verre de cognac.Voilà ça fait deux francs.  

Henri insista.

-Madame c'est le père Antoine de St Just qui m'envoie.Il m'a caché .Je suis recherché par la Gestapo .Je veux rencontrer des jeunes résistants.

La patronne le laissa.Elle passa derrière le comptoir et parla à l'oreille de son mari

  • -Et vous voulez quoi aux frères Czachara ? Questionna le patron qui s'était approché

  • -Je veux rencontrer des jeunes gens pour …

  • -Il n' a pas des frères Czachara ici !

  • -Monsieur, cette lettre du père peut vous rassurer si vous la lisez.

    Il tendit deux feuilles : une écrite en français avec la signature du père Antoine et une autre écrite en polonais.

L'homme s'assit en face d'Henri

-Vous êtes recherché ?

-Oui ! La Gestapo a mis ma tête à prix mais j'ai pu me procurer de faux papiers.

- Et vous voulez faire quoi , ici ?

-Monter un maquis dans la montagne pour déstabiliser les allemands par des actions  : attentats, vols, sabotage, réquisitions, blocage...Il faut aider la Résistance et montrer aux alliés que c'est tout le pays qui se libère.

-Revenez demain , seul !

-Savez vous où je peux loger cette nuit ?

-Nous n'avons que quelques chambres .L'une d'entre elle s'est libérée . Vous avez des bagages ?

-Très peu que ce sac !

-Suivez moi .

Et il conduisit Henri au premier étage .La petite chambre était claire .

- Si vous voulez la soupe est servie à 19 heures avec un morceau de lard du pain et un peu de fourme. Pour la pension nous verrons plus tard .Vous la prenez la chambre ?

-Oui ! Merci !

-Et la soupe ?

-Aussi je descendrai souper avec vous.

Le lendemain Henri entra en contact avec un groupuscule de six jeunes polonais . Tous parlaient un français sans accent Ils avaient vingt ans .Henri était le plus âgé.

- Ici on ne dit pas sa vraie identité  ! Expliqua celui qui paraissait être leur chef. Tu ne dois jamais connaître notre vrai nom .Nous avons un nom d'emprunt de guerre…Moi c'est César !

-Appelez- moi Antonin ! Proposa Henri

Les autres se présentèrent Auguste, Attila, Néron, Horus, Mars .Une jeune fille entra dans le bar .Henri eut un éblouissement. Elle était si belle si jeune et si pétillante.

-C'est Cléo notre seule femme du groupe ! Dit César.

-Salut les hommes ! Quoi de neuf ?

-Voilà Antonin venu nous parler de ses projets.

La demoiselle écouta attentivement Antonin.

L'exposé de notre ami fut interrompu par l'arrivée de deux autres personnes. L'un d'entre eux s'écria :

-Salut !

-Salut à toi Max !

Max s'approcha de la demoiselle et voulut l'embrassa sur les joues.

-Ah pas de familiarités ! Corrigea Cléo . Voilà Antonin .

La patronne les fit déplacer et s'installer dans une pièce plus discrète qui donnait sur la cour.

-Sommes- nous au complet ? Questionna Henri-Antonin

-Non ! ..Nous sommes plus nombreux mais ce groupe est la cellule numéro 1. Commencez sans moi , je reviens.

Henri interrogea

-J'en déduis qu' il y a d'autres cellules ! Combien ?

-Tu es bien curieux pour quelqu'un qui vient tout juste d'arriver ! Tu le sauras bien assez tôt ! Répliqua Max

Henri sentit que les jeunes se méfiaient de lui. C'était bien normal à leur place il aurait fait la même chose !

Henri pensa dans son fore intérieur .Ils sont déjà bien organisés et moi j'arrive là comme un chien au milieu de jeux de quilles !

Les évoquèrent la situation locale , les restrictions, la milice : que des banalités.Ils attendaient visiblement le retour de leur chef. Quand César poussa la porte, son visage était détendu.Il fit une tape amicale sur l'épaule d'Henri- Antonin et dit au groupe :

-Il est des nôtres !

César avait demandé à parler en personne au père Antoine pour s'assurer qu'Henri n'était pas un espion.

Durant le mois de mars, les jeunes gens de la Ricamarie prirent contact avec les maquis du département du Pilat d'Estivareilles, de Montbrison, la Versanne et aussi d'Annonay si proche.

Ils projetèrent d'établir leur maquis dans une ferme abandonnée : ce n'est pas ce qi manquait dans le Pilat . Ils prospectèrent à Saint- Genest Malifaux , Marlhes de Saint Régis du Coin .

Ils choisirent une ferme située entre ces trois communes .

Tag(s) : #le maquis de sloges de Monteux, #nouvelle
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