Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les légendes de Perpignan

 

Origines du nom Perpignan

Une légende populaire attribue l'origine du nom de Perpignan à un laboureur surnommé en catalan "Pere Pinya", qui serait descendu de la montagne pour fonder la ville. Mais il est plus probable que la ville tire son nom d'un domaine de l'époque romaine dont le propriétaire aurait eu pour nom de famille Perpenna, un nom courant dans le monde romain. Ce dernier pourrait être Marcus Perperna Veiento, venu en Hispanie avec son armée en 77 av. J.-C., pour renforcer les troupes du général

I) La légende du seigneur poète :

Guillem de Cabestanh


 

-Le guerrier combattant des Sarrasins

Guillem de Cabestanh a participé à la bataille Las Navas de Tolosa en 1212 contre les sarrasins en Andalousie près de Jaen. Il combat aux cotés du Roi d'Aragon Alphonse II qui le considère comme un ami .

Dans cette bataille il y a  d'un côté, une coalition de plusieurs États chrétiens de la péninsule Ibérique secondée par des troupes de croisés en provenance de plusieurs nations européennes, et, de l'autre, des troupes islamiques provenant de tout le Maghreb ainsi que des taïfas musulmanes dominant alors en Andalousie, sous le commandement de Muhammad an-Nâsir de la dynastie berbère des Almohades. Remportée par les armées chrétiennes, la bataille marque une étape décisive de la Reconquista et accélère sensiblement le délitement de la domination almohade et l'effacement de la présence musulmane en Espagne.

  • Le chatelain

C'est le fils d'Arnau de Cabestany, noble du Roussillon et sans doute vassal ou en relation avec les seigneurs de Château-Roussillon

Cabestany est un fief situé immédiatement à l'est de Château-Roussillon et au sud-ouest de la seigneurie de Canet (future vicomté).

Guillem de Cabestany est cité, par l'historien valencien Pere Tomich en 1534, parmi les nobles catalans ayant pris part à la croisade contre les Almohades en 1212 et ayant combattu au côté de Pierre II d'Aragon à la bataille de Las Navas de Tolosa. Se trouvaient avec lui notamment Aymar de Mosset (troisième mari de Saurimonda) et Ramon de Toreillas (un des signataires figurant sur le contrat de mariage entre Raimon et Saurimonda

Châtelain de Cabestany il fait partie de cette aristocratie valeureuse du sud .

-Le poète

Guillem de Cabestany (forme catalane) est aussi connu sous les noms de Guilhem de Cabestanh (forme occitane) ou Guillaume de Cabestaing (forme française).

Guillem de Cabestany est un troubadour du Roussillon né au  XII ème siècle  siècle et mort au  XIIIè siècle

Ses poésies étaient parfois écrites en occitan :

Aissi cum selh que baissa el fuelh,

E pren de les flors la gensor

(Comme celui qui courbe une branche,

et prends la plus belle fleur)

L'intégralité des œuvres de Guillem de Cabestany sont parues, avec texte original en occitan et traductions en français, dans l'ouvrage de Michel Adroher, Les Troubadours roussillonnais (2012).

Neuf chansons sont parvenues jusqu'à nous. Parmi celles-ci, sept sont incontestablement de Guillem de Cabestany, deux de manière plus incertaine.

L'amoureux éperdu

Epris de Saurimonde, femme de Raimond de Castell-Rossello, il la célébra dans ses vers et sut lui plaire. Le mari, transporté par la jalousie, emmena Guillaume loin du château et, l'ayant tué par trahison, lui arracha le cœur qu'il fit manger à son épouse.

Lorsqu'il eu révélé le secret à Saurimonde, celle-ci dit que "ce mets avait été si bon et si savoureux que jamais autre ne lui en tirerait le goût de la bouche". Le mari, en entendant cette réponse, courut chercher son épée. Saurimonde effrayée se précipita du haut de la tour de son château et périt dans la chute.

Le roi d'Aragon Alphonse II se rendit sur les lieux et ordonna d'arrêter le mari barbare. Il exigea d'ensevelir les deux victimes dans un même tombeau devant la porte de l'église Saint Jean, à Perpignan. Un service solennel fut institué pour le repos de leurs âmes, et il dura un temps où les chevaliers et les nobles dames de Catalogne, de Cerdagne, du Roussillon et du Narbonnais venaient y assister chaque année. Il fit faire de magnifiques funérailles à Guillem et à sa dame. Ils furent mis dans un même tombeau devant une église de Perpignan. Saint Jean le vieux On y grava leur histoire, et, longtemps encore après, les chevaliers et les dames du pays venaient annuellement à Perpignan assister au service solennel en l'honneur des deux infortunés amants.

Le roi fit mettre Raymond à mort dans sa prison et confisqua ses châteaux et ses terres pour les donner aux parents de Guillaume et de Saurimonde.

Un opéra reprenant la légende sera écrit et joué bien des siècles plus tard au XIX d'après une épopée médiévale « Gabriella di Vergy »

 

II ) Les légendes du Castellet

C'est certainement le monument le plus typique et emblématique de Perpignan

C’est en août 1368 que l’Infant Don Joan d’Aragon, fils aîné du Roi Pierre IV fait ériger un  fortin (véritable petit-château : Castellet) la porte dite « Al portal del Vernet »  est une voie de communication nord entre la ville et le faubourg.
 

Plaque commémorative du Roi d'Aragon

Joan II roi d’Aragon Comte de Barcelona, décerne le titre de « Fidelíssima Vila » à la ville de Perpinyà.

Espionner à l’intérieur sa population

1475. les troupes françaises font le siège de la ville. Elles capturent le capitaine de l’armée de Catalogne, fils du consul de Perpignan. Les Français menacent le Consul Joan Blanca (équivalent actuel du maire) d’exécuter son fils s’il n’ouvre pas les portes de la ville. Joan Blanca résiste et proclame : «  Je déclare que par dessus tout, je suis fidèle à mon roi et à ma patrie, la Catalogne, et je préfère la mort de mon seul fils, que la traîtrise ». et d’ajouter :  » Français , si vous avez besoin d’armes pour tuer mon fils, voici les miennes ». Les Français exécutent capitaine de l’armée de Catalogne au pied des murailles de Perpinyà. Pour avoir résisté à ce long et pénible siège, Joan II roi d’Aragon Comte de Barcelona, décerne le titre de « Fidelíssima Vila » à la ville de Perpinyà.

1477. La ville est aux mains des troupes françaises. La population hostile donne des signes de soulèvement latent ; afin de la dissuader le roi de France, Louis XI réalise rapidement des travaux (de 1478 à 1479) Les objectifs ? Surveiller les extérieurs de la ville et surtout espionner à l’intérieur sa population. C’est ainsi que des meurtrières sont percées, davantage côtés ville que côtés extérieur ;  l’escalier principal est surélevé chapeauté du lanterneau typique.  Peine perdue ! Le 2 septembre 1493, par le traité de Narbonne,  le roi de France Charles VIIIle transmet le Roussillon à l’Espagne.

Découverte d’un squelette d’enfant

En 1948, lors de travaux des ouvriers découvrent un squelette d’enfant dans une pièce murée ! Un moment il a été évoqué le dauphin de Louis XVI (un 2°masque de fer corps de Louis XVII ? ) Même si des tests ADN effectués bien plus tard ont tordu le cou à la légende, on ne sait toujours pas qui est ce malheureux emmuré. Quelqu’un qu’il fallait faire taire et faire oublier ?

III ) Le Campo Santo

 est un édifice situé dans la villede Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales en région Occitanie.C'est le plus ancien et le plus vaste cimetière du Moyen Âge subsistant en France

Les premiers travaux du cloître ont pu être entrepris dès 1298, et avant 1302 qui est la date portée sur la pierre tombale de l'hebdomadier Guillem Jorda, « initiateur de l'œuvre du cloître

Une ordonnance du roi Jacques II de Majorque du 21 mars 1331 donne la date de reprise des travaux de construction du cloître demandée par les consuls à la suite des travaux de la nouvelle église Saint-Jean qui empiétait sur l'ancien cimetière situé au sud de l'église Saint-Jean-le-Vieux.

Plusieurs legs testamentaires à l'« œuvre du cloître » ont été faits entre 1317 et 1334. Deux tombeaux gardaient des inscriptions funéraires de 1315 et 1317
 

IV  Le Palais des Rois de Majorque : 

histoire

Ce très beau palais du 13ème siècle fut construit par les Rois des Baléares lorsqu'ils régnaient sur la Catalogne

Situé au cœur de Perpignan, ce palais médiéval a été pendant près d’un siècle le centre de l’éphémère royaume de Majorque.
Construit sur la butte du Puig del Rey à partir des années 1270, le Palais des rois de Majorque constitue un jalon important de l'évolution de l'architecture palatiale en Europe occidentale. Cette résidence fut bâtie ex nihilo en bordure de la ville de Perpignan pour accueillir la cour du tout jeune royaume de Majorque.

Palais éphémère.. il ne dure que de 1276 à 1344 !

C’est Jacques Ier d’Aragon qui le crée pour son fils cadet Jacques II, premier à être roi de Majorque, comte de Roussillon et seigneur de Montpellier.

La cité devient un grand centre commercial (pour les étoffes surtout), et l'une des villes les plus importantes d’Europe.

À l’aîné, Pierre, revient le comté de Barcelone et le royaume d’Aragon.

Sauf que les deux frères ne vont pas arrêter de se faire la guerre pour toutes ces belles terres.

Et puis, inexorablement, la fin de l'histoire arrive en 1344, avec l’Aragon qui annexe le royaume...

Ce palais est né de la volonté de Jacques II qui désirait une demeure dans la capitale continentale de son royaume. Le château fût commencé avant 1274 dans un style roman tardif et achevé après 1300 dans le style gothique. Les chapelles fastueuses indiquent tout le raffinement de cette époque et le statut de Perpignan comme centre économique, politique et culturel de la Méditerranée médiévale.

Achevée après 1300 dans le style gothique, sa construction rappelle le statut de Perpignan comme centre économique, politique et culturel de la Méditerranée médiévale. A partir du XVIè siècle, les ingénieurs français et espagnols l’entourent de murailles pour le transformer en citadelle.

Ce palais habitait des fauves, des lions dont on prenait grand soin mais aussi des moutons , des chèvres..

lLes rois d’Aragon faisaient élever des lions, dans ces fossés ?

Les registres mentionnent une liste de personnes de la noblesse spécialement chargées de prendre soin des félins.

Les conseils sur l'alimentation et les soins des lionceaux « sont transmis par le garde des lions de Charles roi de France, qui n’est autre qu’un catalan, Guillem de Castello d’Empúries ».

Et on apprend aussi qu’une partie de l’herbe des jardins est réservée aux chèvres et autres moutons destinés à la nourriture des lions.

La légende

La fuite par les égouts !

1285. Les armées de Pierre III d’Aragon assiègent Perpignan

Il veut toutes les places-fortes du Roussillon !

Jacques Roi de Perpignan du Roussillon halète dans son lit. Malade, couché sous ses draps, il trouve la force de convoquer son architecte.

Il veut s’enfuir et lui demande comment y arriver. L’architecte reste silencieux... il n’avait jamais pensé à ça !

Aussi, un peu embêté, il lui dit que la seule issue se trouve... dans les égouts, celles des latrines qui débouchent dans la campagne.

La chronique raconte :

« Le roi se montra plein de joie et s’étant vêtu d’un surcot d’étoffe de Narbonne en teinte sombre et doublé de vair, il s’engagea dans l’égout, précédé de son architecte et suivi de deux serviteurs. »

Jacques ressort du boyau complètement crotté et un peu moins enjoué, mais sain et sauf !

Il regagne son palais en 1295, après la signature d’un traité qui lui rendait ses terres…

Bien d'autres légendes sont à découvrir , voyageur curieux et laissez vous envouter par la bise marine venant de la mer laissez vous porter par ces parfums de sel , de poivre, de piment et d'épices d'ail, de cannelle d'estragon et des mollusques. Perpignan est une mosaïque de cultures méditerranéennes : l'Espagne, Majorque , le Roussillon la Catalogne.

Porte de la péninsule ibérique, la frontière du Perthus a représenté pour beaucoup un refuge, un nouveau départ, un futur lors de la Retira  hiver 1939 après la chute de la République espagnole et la victoire de Franco et ses copains : le  nazi Hitler,   les fascistes  Mussolini et Salazar


Pensées  personnelles

Cette ville fait partie de ma saga familiale . Elle a été la ville d'adoption d'un de mes oncles : Michel parti à 17 ans car il n’aimait ni la ville ni le climat de ma région natale : la Loire Saint Etienne . Devenu garçon de café il a travaillé toute sa vie à Perpignan dans l’hôtellerie.

Ma mère réfugiée en novembre 1946 venant de franchir clandestinement les Pyrénées avec ma tante ma grand mère et un oncle fuyant la dictature de Franco, sera recueillie elle et les siens à Perpignan chez Michel .

Mes première vacances (j'avais trois mois) je les ai passées à Perpignan et à Canet plage.Plus tard, enfant, j'avais six ans, je me souviens très bien de ce voyage en train jusqu'à la Nouvelle, l'entrée dans l’hôtel de mon oncle Michel , puis l’arrivée à Perpignan, les vacances, la plage les premières querelles avec des filles de la bourgeoisie locale au sujet d 'une balançoire à laquelle nous n’avions pas accès avec mes sœurs.... Le voyage au Perthus la frontière. Dans le car je regardais par la fenêtre les montagnes en flammes nous cerner Je me souviens ..de la journée à déambuler dans les ruelles commerçantes et touristiques de cette petite localité , l'achat de nos robes «  très typiques » magnifiques toutes brodées . Le commerçant avait dit à mes parents de mettre les robes sur nous pour n'avoir pas de problème en repartant Je me souviens j'avais une robe blanche et je dus enfiler la belle robe par dessus.Ma mère avait acheté un tonneau en bois avec ses tasses vertes

que j'ai gardé. .

 C'est pour cela et pour bien d'autres souvenirs très personnels que cette ville "Perpignan "occupe une place toute particulière dans mon cœur .

Tag(s) : #Perpignan la Catalane, #Conte
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :