Le Grand pique-nique de Canfranc

Nous rentions de vacances, d'Espagne,
Après un mois dans la famille de mon père
Nous franchîmes en train la montagne
Jusqu'à Canfranc, la frontière .
Je savais que la police espagnole était sévère
Mon père la redoutait , il avait ses raisons
Il fallait ne pas éveiller les soupçons.
La guardia civil fit descendre tous les voyageurs
Les conduisit dans un grand bâtiment gris
Pour ouvrir valises bagages,sac, étui
Et déballa provisions,tabac, jambon, vin,liqueurs
Elle voulut confisquer cette belle marchandise
Disant aux gens qu'ils ne pouvaient l'emporter
Alors un voyageur bien avisé
Proposa de partager toutes ces belles prises.
Les couteaux sortirent aussitôt
On débita jambon saucisses et chorizo
Qu'on distribua sur de larges tranches de pain
Et on arrosa le tout de cognac et de bon vin.
Les voyageurs mangeaient à la barbe des policiers
Qui restaient muets, interloqués
Le pique-nique allait bon train
Quand prise de fou rire je me cachais en vain.
Mon père m'ordonna de manger
Mais je ne pouvais rien avaler
Et je me précipitais aux toilettes des dames
Pour sombrer des rires aux larmes.
Le pique nique touchait à sa fin
Car le train s'ébranla enfin.
Nous remontâmes dans nos wagons
Un silence régnait de plomb,
Des guardias civils étaient toujours présents
Et nous roulâmes cinq minutes durant.
Puis le train stoppa
Et les policiers descendirent.
Quelqu'un cria : France ! Francia !
Alors , les cris , les rires, à n'en plus finir
« Ce fut le beau repas de ma vie » !
Dit un vieil homme plein de joie
Chorizo, jambon, vin ,belle compagnie !
Emotions , rien n'y manqua ! »
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