
La révolte du ghetto de Varsovie est un soulèvement armé, organisé et mené par la population juive du ghetto de Varsovie contre les forces d'occupation allemandes entre le et le . C'est l'acte de résistance juive pendant la Shoah le plus connu et le plus commémoré.
Sources : wikipédia ,Histoire juive,La seconde guerre mondiale ,La shoa
Début janvier 1943, les autorités allemandes décident d’accélérer la déportation de la population civile du ghetto vers les camps d'extermination afin de le « liquider » définitivement. Dans le cadre de l'Aktion Reinhard, la population du ghetto est en effet déjà passée de 450 000 à environ 70 000 personnes.
Les déportations massives de l'été avaient eu comme conséquence l'apparition d'une résistance juive armée dans le ghetto autour de deux organisations : d'une part l'Organisation juive de combat (Żydowska Organizacja Bojowa, ŻOB) d'inspiration sioniste et bundiste, dirigée par Mordechaj Anielewicz, 23 ans, et Marek Edelman, 24 ans, et d'autre part l'Union militaire juive (Żydowski Związek Wojskowy, ŻZW), organisation sioniste révisionniste du Betar dirigée par Pawel Frenkel et Dawid Moryc Apfelbaum3
Le 18 janvier 1943, ces deux groupes s'opposent par la force à une nouvelle vague de déportation. Après quatre jours de combats de rue, le ghetto est paralysé et les déportations suspendues.
Heinrich Himmler donne donc l'ordre à son représentant en Pologne, Friedrich-Wilhelm Krüger, dans une lettre du , de détruire complètement le ghetto. Il écrit : Pour des raisons de sécurité, j'ordonne que le Ghetto de Varsovie soit détruit (…), après que tous les éléments de maisons ou les matériaux ayant de la valeur ont été récupérés.
Le , la police allemande et les forces SS
entrent dans le ghetto sous le commandement du
SS Oberführer Ferdinand von Sammern-Frankenegg
afin de faire reprendre les déportations. Bien qu'équipés
de chars, d'artillerie et de lance-flammes, les quelque 2 000
policiers et SS rencontrent une très vive résistance et le plan
prévoyant la maîtrise complète du ghetto en trois jours est
un échec complet.
Jürgen Stroop, qui met quatre semaines à anéantir le ghetto, en recevant chaque jour ses ordres du Höhere SS- und Polizeiführer Friedrich-Wilhelm Krüger et de Heinrich Himmler en personne. Krüger lui recommande ainsi de faire exploser la synagoguede Varsovie6.
Les forces juives polonaises alignent 400 insurgés du ŻZW
conduits par Dawid Moryc Apfelbaum et Paweł Frenkel et environ
500 combattants de la ŻOB (Organisation juive de combat)
sous les ordres de Mordechaj Anielewicz. La résistance polonaise
non juive, c'est-à-dire l'Armée Intérieure polonaise (Armia Krajowa, AK)
fournit quelques hommes, mais aussi des armes. Marek Edelman,
seul commandant survivant de l'insurrection, donne un nombre de combattants
plus restreint : Je me souviens d'eux tous, des garçons et des filles, 220 au total
Marek Edelman a 24 ans lorsqu'il prend le commandement de
l'un des trois groupes de combattants, constitué de cinquante
insurgés Après la mort des premiers dirigeants et le suicide de Mordechaj
Anielewicz le , c'est lui qui dirige l'insurrection. Ayant survécu aux combats
, il participe l'année suivante à l'Insurrection de Varsovie.
Durant les combats, environ 7 000 résidents du ghetto ont été tués, 6 000 ont été brûlés vifs ou gazés durant la destruction totale du quartier, les Allemands déportèrent les survivants, afin de les faire mourir, dans les camps d'extermination de Treblinka et Majdanek et dans les camps de concentration de Poniatowa et de Trawniki.
Après la destruction des état-majors de la ŻOB et de la ŻZW et la chute du ghetto, de petits groupes de survivants continuent la lutte armée dans les ruines jusqu'au mois de . Certains groupes de combattants parviennent également à sortir du ghetto et continuent la lutte, rejoignant les partisans dans les forêts de la région.

L'impact moral et historique de l'insurrection du ghetto de Varsovie fut important. La résistance dépassa les prévisions allemandes, même si l'issue était certaine au vu du déséquilibre des forces
Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d'ici. Nous voulons sauver la dignité humaine
).Dit "Jurek" le chef de la résistance juive de Varsovie.
Elle remet aussi en cause le cliché et stéréotype raciste du Juif passif
En 1970, le chancelier Willy Brandt s'agenouille devant le mémorial du ghetto de Varsovie en Pologne.
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