
L'arrestation et l'envoie à Auschwitz
des enfants de la maison d'Izieu
Qui étaient ces enfants ?
Quelle était la vocation cette maison ?
Qui est venu les arrêter ?
Cette structure recueillait les enfants juifs clandestins dont les parents avaient été arrêtés et les orphelins . Elle commença à fonctionner en 1943.
Les « enfants d'Izieu » désigne un groupe de 44 enfants juifs de différentes nationalités, réfugiés dans une bâtisse transformée en colonie de vacances pendant la Seconde Guerre mondiale, sur le territoire de la commune française d'Izieu, dans le département de l'Ain
Historique
Sabine Zlatin, est une juive polonaise réfugiée en France avant la guerre et infirmière de la Croix-Rouge
Pierre-Marcel Wiltzer propose une maison à Sabine Zlatin, pour créer une colonie d’enfants
. Il sait qu’il s’agit d’enfants juifs provenant de Lodève
(Hérault), qu’il faut soustraire au danger.
La maison du hameau de Lélinaz, à l’entrée d’Izieu, se situe en retrait
de la route de Belley, à l’abri. Izieu est un petit village perché au-dessus
d’un bras du Rhône à la frontière de trois départements français : l’Ain,
« Ici, vous serez tranquilles », dit Pierre-Marcel Wiltzer à Sabine Zlatin.
Elle accepte et entame avec son mari, Miron Zlatin, les démarches pour
amener les enfants et recruter les éducateurs pour en prendre soin.
Pierre-Marie Witzler intitule officiellement la maison d'Izieu,
« Colonied'enfants réfugiés de l'Hérault ». Il présente
Marie-Antoinette Cojean secrétaire en chef de la sous-préfecture,
qui va jouer elle aussi un rôle important dans l'installation et
la vie quotidienne de la maison d'Izieu.
Pierre-Marcel Wiltzer se déplace en personne à Bourg-en-Bresse pour
obtenir des cartes d'alimentation et parvient à en obtenir quarante
. Pour Noël 1943, il vient rendre visite aux enfants les bras chargés
de cadeaux.
Jusqu'en 1942, Izieu était située en Zone libre, à proximité de la
Suisse ; puis, de novembre 1942 à septembre 1943, elle était
englobée dans la zone d'occupation italienne.
Le 8 septembre 1943
, l’Italie capitule et l’armée allemande occupe aussitôt les
départements
de l’ancienne zone italienne. Les persécutions antisémites s’y intensifient.
Dans les premiers mois de 1944, Sabine Zlatin prend conscience
de la nécessité de disperser les enfants de la colonie.
Jusqu'en janvier 1944, selon le registre tenu par Miron Zlatin, 105
enfants ont séjourné à Izieu. La durée du séjour va de quelques
semaines à quelques mois.
Le 7 janvier 1944, le médecin de Sabine Zlatin et de la colonie,
le docteur Albert Bendrihen ou Bendrihem est arrêté, à 16 heures,
par les Allemands, à son domicile, situé à 3 kilomètres d'Izieu, au hameau voisin
de Glandieu. Sabine Zlatin lui avait rendu visite le même jour, ainsi que 2 autres patients,
d'après son carnet de visites.
La dénonciation
Un certain Bourdon soupçonné d'avoir dénoncé les occupants de la maison d'Izieu à Barbie est laissé libre !
Les Enfants d'Izieu auraient été dénoncés par un français de Metz
Cependant, le procès de Klaus Barbie se termine sans que l'on connaisse, en définitive
Fritz Loebman, qui travaille, depuis septembre 1943 à la ferme de Lucien Bourdon à Brens, est de retour à la Maison d'Izieu, une semaine avant la rafle du 6 avril 1944.
Nous avons visité la maison d'Izieu il y a deux , les
adhérents d'un centre social d'un quartier populaire de
Saint Chamond " Izieux-le Creux".
Visite très émouvante car nous avons vu les écrits des
enfants, leurs dessins extraordinaires, tout un art littéraire
graphique pictural qui s'était exprimé dans cette
maison d'accueil.par des orphelins ,réfugiés de la guerre ..
Je ne saurais recommander à tous de vous rendre dans
cette maison de l'Ain, près de Walibi, maison de mémoire.
Le budget de la culture de madame R Datti a mis
en danger cette maison mémorielle . J'attends
du gouvernement un réajustement de crédits
concernant la survie de la maison d'Izieu au nom
de ces enfants disparus il y a 82 ans et au
nom de nos enfants.
Lors de notre visite juin 2024 nous n'étions pas
seuls à la visiter : une école avec des
classes de CM2 la visitait aussi !
Lucien Bourdon est né en Lorraine en 1906, donc officiellement né en Allemagne. Il fréquente l'école allemande. Mais il ne veut pas s'engager dans la Wehrmacht. Avec son épouse, il décide de quitter la Lorraine et de s'installer dans une ferme à Izieu. Durant l'occupation, il est de notoriété publique en bons termes avec les Allemands qui avaient une garnison dans la ville voisine de Belley.
Un jour Lucien Bourdon demande à Miron Zlatin, le mari de Sabine Zlatin, la directrice de la Maison d'Izieu, s'il y a un grand garçon pour l'aider à sa ferme. Les Zlatin désignent Fritz Loebmann, grand pour son âge de 15 ans, et qui possède une fausse carte d'identité, au nom de François Loban. Il est probable que Fritz Loebmann a laissé trainer une lettre dans la maison des Bourdon. Lucien Bourdon réalise que Fritz Loebmann et les autres Enfants d'Izieu sont Juifs. L'information passe à Klaus Barbie. Il ordonne la rafle. Lucien Bourdon renvoie Fritz Loebmann chez les Zlatin, au motif qu'en définitive, il n'a pas besoin de lui, n'étant pas en pleine saison. Une semaine plus tard, le 6 avril 1944, les Allemands arrivent à la Maison d'Izieu.
Lucien Bourdon accompagne la Gestapo et assiste aux arrestations.
Sa présence est attestée par Julien Favet,
ouvrier agricole à Izieu, lors du procès Barbie.
44 enfants sont arrêtés avec leurs 5 éducateurs .Un seul
adolescent réussira à échapper .
42 enfants et 5 adultes sont gazés à
Auschwitz.Un éducateur reviendra vivant d'Auschwitz
Deux adolescents et deux adultes sont fusillés en Estonie
Sabine Zlatin est partie à Montpellier,
où elle tente de trouver un refuge plus sûr pour
les enfants et disperser la colonie. Elle était venue demander de
l'aide à l'abbé Charles Prévost.
C’est à Montpellier qu’elle apprend la nouvelle de la rafle, par un télégramme
Le lendemain, le 7 avril 1944, ou, selon les sources, le 8 avril 1944 ou encore la semaine suivante, en tous cas certainement peu après, Lucien Bourdon et son épouse retournent, avec l'aide des Allemands, en Lorraine.
Dans les derniers mois de la guerre, Lucien Bourdon devient garde dans le camp d'internés politiques à Sarrebruck, en Sarre (Allemagne). Le 15 mars 1945, il est
incorporé dans les rangs de la Wehrmacht, avant d'être arrêté par
l'armée américaine, quinze jours plus tard. En juin 1945, il est
rapatrié en France.
Lucien Bourdon est soupçonné d'avoir dénoncé les enfants d'lzieu. Il est à nouveau arrêté le 1er mars 1946 près de Metz et transféré à Lyon où il est inculpé de trahison. L'un des chefs d'inculpation est d'avoir entretenu des intelligences avec une puissance étrangère, l'Allemagne, ou avec ses agents, en vue de favoriser les entreprises de cette puissance contre la France. Faute de preuves suffisantes, l'accusation de dénonciation n'est pas retenue mais, le 13 juin 1947, la Cour de justice de Lyon le juge « coupable d'indignité nationale » et le condamne à la « dégradation nationale à vie ».
Il est néanmoins immédiatement remis en liberté.
En 1987, lors du Procès Barbie, Lucien Bourdon est toujours en vie. Malgré une demande à comparaître, il est absent au procès.
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