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Le village englouti, la légende de la chapelle de Savines, le viaduc de Chanteloube 

 

Savines village sous le barrage de Serre Ponçon

Un peu d'histoire et de géographie

 

Dans les Hautes-Alpes, les villages de Savines et d’Ubaye ont été détruits au début des années 1960 lors de la mise en eau du barrage hydro-électrique de Serre-Ponçon

Cette grande étendue d’eau bordée de montagnes n’a rien de naturel. Elle est le fruit de l’homme, qui a transformé cette vallée alpestre, coincée entre le massif des Écrins et celui du Parpaillon, en un gigantesque lac artificiel, le plus grand en volume (1,27 milliard de m³) de France métropolitaine.

Le 16 novembre 1959, le début de la mise en eau du barrage hydro-électrique condamne deux chefs-lieux – Savines et Ubaye – ainsi que cinq hameaux. L’État exproprie plusieurs dizaines de familles, soit près de 2 000 personnes à la fin des années 1950.

Un village fut reconstruit plus haut.

Si Ubaye a disparu, laissant seulement son nom à une vallée en amont du barrage, Savines a été reconstruit quelques centaines de mètres plus haut. Construit en longueur, le long de la Nationale ,le village marque par son architecture très « années 1950 »
 

Un besoin économique pressant

Le pays sortait de la guerre et avait cruellement besoin de son indépendance énergétique. Le barrage eut plusieurs vocations :

  • produire de l’électricité,

  • réguler la Durance qui à l’époque était capricieuse et avait de grandes crues, entraînant régulièrement des inondations dans la région.

  • Servir de réservoir pour les agriculteurs durant l’été pour l’irrigation des basses terres, jusqu’à Cavaillon, afin de contrer la sécheresse. »

  • -désenclavée la vallée

  • remplacer l'agriculture moribonde par un tourisme de masse avec le 

lac de Serre-Ponçon, sept plages publiques une dizaine de ports, répartis sur les onze kilomètres de berges aménagées (sur un total de 91 km de littoral)

générer de l'emploi : le barrage attire chaque été entre 35 et 40 000 touristes et génère près de 400 emplois.

Le maire voudrait faire venir de nouveaux habitants afin de passer la barre des 1 500 habitants, contre 1 100 aujourd’hui. « Ce serait symbolique, car c’est le nombre d’habitants que comptait l’ancienne commune avant sa destruction. »

Le traumatisme des habitants

Les expropriations ont été vécues comme un véritable traumatisme, et la plupart des gens de la vallée ont décidé, la mort dans l’âme, de quitter leurs terres millénaires pour ne pas les voir englouties par les eaux. 

Ainsi, seulement 247 personnes ont choisi d’habiter dans le nouveau Savines.

De l’ancien Savines, il ne reste rien, mis à part le cimetière, construit alors sur les hauteurs, qui a aujourd’hui quasiment les pieds dans l’eau. Mais il a survécu, contrairement à celui du village d’Ubaye, qu’il a fallu déménagé sur les rives, et qui est aujourd’hui un lieu fantôme, rappelant qu’autrefois, il existait à quelques centaines de mètres un village.

Chaque année, les anciens habitants ou leur famille se retrouvent le 1er novembre pour fleurir les tombes et se souvenir de ce lieu disparu à jamais. Lors des marnages hivernaux, l’eau qui baisse laisse découvrir encore certains vestiges, comme ce chemin qui mène à la chapelle Saint-Michel, qui trône fièrement sur son île au milieu du lac le reste de l’année (photo en tête d’article), ou encore le viaduc de Chanteloube, qui émerge de l’eau et que les piétons peuvent emprunter pour rejoindre l’autre rive.

Ce pont ferroviaire fut construit dans les années 1930, il suivait le tracé de la future ligne Chorges/Barcelonnette, qui fut abandonnée en 1937 pour des raisons économiques et politiques. 

e film d’introduction raconte ainsi la vie de ces habitants déracinés, qui préférèrent quitter la vallée qui les avait vu naître plutôt que de continuer à vivre devant ces terres inondées. « La plupart d’entre eux étaient paysans et attachés à leurs champs et leurs pâtures, transmis de génération en génération, explique Florence Ubrun. Dans l’ensemble, les gens ont été bien indemnisés, mais c’était à eux de trouver à se reloger. La majorité des familles a décidé de partir loin de tout cela, pour tenter d’oublier ce traumatisme. Beaucoup sont partis en Provence, mais cela a été compliqué pour eux. Ils étaient agriculteurs en montagne, ici dans les Hautes-Alpes, et se sont retrouvés sur un territoire où ils ont dû s’adapter à un climat différent, mais aussi à de nouveaux voisins qui les considéraient comme étrangers. »
 

La légende de la chapelle de Savines 

On dit que les habitants de Savines qui vivaient en ces lieux des Hautes Alpes, à l'emplacement actuel du barrage de Serre Ponçon, éleveurs, paysans, bergers, artisans forgerons....étaient hostiles à la construction de ce barrage qui entrainerait la disparition leur village englouti sous les eaux.

Beaucoup quittèrent la vallée la mort dans l’âme .Seule vestige de cet ancien village anciennement fort peuplé : 1500 personnes au milieu du Xxème siècle, la chapelle Saint Michel.

Légendes ou histoires vraies, on évoquait la fin tragique d'une jeune fille du village, fortunée qui fuyant son père opposé à un mariage, s'était réfugiée dans l'église de Savines avant le lâcher des eaux de la Durance dans ce village fantôme qu'on s’apprêtait à sacrifier à la fée des « eaux électricité ».

Sabine était le nom de la belle , son père veuf à la naissance de sa fille l'avait ainsi appelée du nom de son village dont il était un notable .La fillette avait eu une enfance heureuse. Son père s'était remariée , la belle mère de l'enfant était douce et gentille .Sabine n'eut pas de frère ni sœurs.Pour lui tenir compagnie son père recueillit l'été des enfants de l'assistance publique dans sa grande maison près de la Durance . Parmi ces enfants, il y avait Jean un petit orphelin avec qui Sabine sympathisa tout de suite . Elle avait sept ans et le garçonnet onze ans .Il revient tous les étés à Savines et cela pendant dix ans.
 

Il était question de détruire le village pour donner naissance à un immense barrage qui sauverait la vallée et redonnerait du travail à beaucoup d'habitants sinistrés.

1960 : c'était le dernier été à Savines. 

Sabine désespérée ne voulait pas quitter son village. Son père indemnisé avait fait construire une demeure dans le nouveau village mais sa fille refusait de quitter son enfance son passé et l 'idée que tout serait englouti sous des tonnes d'eau était insupportable.

Jean essaya tant bien que mal de la consoler . Le jeune couple devenu deux beaux adultes, bercés par le chagrin et l'amour , errèrent dans ce village déjà dépeuplé.Ils s'installèrent dans la petite chapelle de Saint Michel et ne se quittèrent plus. Le père de la demoiselle la fit rechercher et ramener de force à la maison.Il renvoya Jean et le somma de ne plus revenir : il n'était pas un parti pour sa fille. Sabine pleura .

Les mois passèrent : c'était au printemps que le barrage allait ouvrir ses vannes .

Sabine était enceinte. Elle ne dit rien au début à son père . Jean vint la rejoindre c'était la fin de l' automne.Ils trouvèrent refuge encore une fois dans l'église du village .Le prêtre les maria.

Le père de Sabine n'accepta pas cette union.Il fit tout pour éloigner Jean de sa fille, l'accusant de vol avec violence et destruction d 'outillage.Il voulait faire annuler le mariage .Innocent, Jean fut jugé et emprisonné. C'était l'hiver. Un hiver rigoureux. Les routes enneigées ne laissaient passer personne. Sabine voulut rendre visite à Jean . Elle fut retrouvée dans la neige à moitié gelée . Elle avait perdu le bébé.

Jean était tomba malade dans cette prison sordide .Un détenu de cellule le sauva. 

Au printemps, ils réussirent tous deux à s'échapper.

Mai fleurissait ses rameaux. Les deux fugitifs se séparèrent. Jean se rendit à Savines. Il devait se cacher car les gendarmes allaient le rechercher bientot. 

Il revit Sabine .Elle habitait à présent une grande maison au dessus de la Durance.

Elle réussit à sortir et à rejoindre Jean . Ils retournèrent au village fantôme .Le couple se réfugia encore dans l'église désertée.Ils dormirent profondément 

Le lendemain devait avoir lieu le lâchage des eaux vives et l’engloutissement du village. 

Au petit matin on entendit l' explosion  fatale : l'église venait d’être dynamitée .Les eaux engloutirent le village,le viaduc,les rues, les maisons, la voie ferrée.Il ne restait rien de Savines. 

 

On dit que parfois quand le temps est claire et que les eaux sont basses ,on peut voir les silhouettes de Sabine et Jean sortirent de l'église et se promener autour de la chapelle de Saint Michel .

 

Le viaduc de Chanteloube

Le Viaduc de Chanteloube est un viaduc à destination ferroviaire, situé dans la commune de Chorges, département des Hautes-Alpes. La ligne de Chorges à Barcelonnette à laquelle il était destiné n'ayant pas été achevée, l'ouvrage n'a jamais reçu d'équipement ferroviaire et n'a vu passer aucun train. 

Vingt-cinq ans après l'abandon du projet de chemin de fer, la mise en eau du barrage de Serre-Ponçon en 1960 a provoqué la submersion presque complète du viaduc

 Celui-ci fut donc totalement submergé en 1961, mais il réapparaît, au moins partiellement, au-dessus des eaux chaque fois que le niveau de celles-ci s'abaisse. Ce fut le cas notamment en 2003 lors d'une grande opération de vidange du lac (hauteur d'eau de -35 mètres), et à l'hiver 2008-2009 Un hameau appelé Chanteloube proche de Savines a donné son nom au viaduc

On dit que dans les siècles passés, les hivers étaient très rigoureux dans cette région des Alpes dans le parc de s Ecrins. On dit que les loups et les louves s'approchaient dangereusement des maisons pour trouver quelque nourriture. 

Animaux forts intelligents et organisés, les femelles se montraient hurlaient ou chantaient pour attirer l'attention des hommes tandis que les mâles , discrètement se faufilaient jusqu'aux étables et poulaillers afin d'attraper quelques poules, ou brebis.

 

C'est pour cela que l'on baptisa des hameaux : Chanteloube.

Le viaduc de Savines reprit le nom du hameau surplombé . Ce viaduc ne servit. Jamais aucun train n'y circula.

On dit qu'un train fantôme à l'appel de l'automne passe et que les louves l'accompagnent en hurlant tout le long de la voie .
 

Pour conclure , Savines le lac, le barrage de Serre Ponçon, est un site exceptionnel qu'il faut visiter à tout prix !

 

 

Tag(s) : #le village englouti de Savines, #conte
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