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5 aout 1939

Les larmes des treize roses

 

Iy a 82 ans le 5 aout 1939, treize jeunes filles et femmes républicaines espagnolefurent fusillées en représailles à l'attentat meurtrier d'un commandant franquiste :  Isaac Gabalbon .

Contexte

La guerre civile était finie depuis quelques mois  en avril, s'accompagnant d'un des plus grands exodes de l'histoire contemporaine : la « Retirada » et l'accueil des réfugiés dans des camps de concentration en France à Argelés Barcarés, Gurc... (lire les articles sur le dictionnaire de la guerre d'Espagne sur Lithistart)

Pour ceux qui restèrent en Espagne ,la répression s'abattit partout : la chasse aux rouges était ouverte et les guardias civiles patrouillaient dans les rues et dans les villes les villages, à Barcelone et ailleurs passant de maison en maison pour faire parler les gens, pour leur faire dénoncer des rouges qui se seraient cachés.

En Espagne tous les républicains n'avaient pas choisi le chemin de l'exil .

En 1939, la ville de Madrid défendue par les forces républicaines espagnoles tombe finalement aux mains des troupes nationalistes, après trente mois de siège. Les principaux dirigeants du Parti communiste d'Espagne (PCE) et de leur mouvement de jeunesse, les Jeunesses socialistes unifiées (JSU), quittent l'Espagne pour échapper à la répression. Les JSU, qui ne comptent plus que des membres peu connus, tentent pourtant de se réorganiser clandestinement, sous la direction de José Pena Brea, un jeune militant de 21 ans qui devient secrétaire général du comité provincial de Madrid. Ce sont des jeunes de divers horizons politiques : socialiste communiste anarchiste qui veulent mettre en place une «  résistance anti franquiste. »

 

L'enchainement des faits 

José Pena Brea sera dénoncé par un traitre qui le livrera à la police . Torturé, il finira par donner les noms des militants et parmi eux les noms de jeunes filles et femmes .José devra signer une lettre dans laquelle il reconnaît des crimes qu'il n'a pas commis. Les femmes vont être arrêtées, torturées et enfermées en attendant leur procès.

Survient quelques jours après ,l'attentat d'un commandant.

« Le 27 juillet 1939, un attentat est commis sur la route d'Estrémadure, près de Talavera de la Reina, contre la voiture dans laquelle circulent le commandant Isaac Gabaldón, membre éminent de la  colonne madrilène et chargé depuis plusieurs semaines de la répression, puisqu'il s'occupait des « Archives de la maçonnerie et du communisme », qui fournit aux juges militaires des conseils de guerre les documents qui servent à accuser les partisans de la République. Sa fille et son chauffeur sont les autres victimes de cet attentat. »

Le régime franquiste veut punir ceux qu'il considère responsables de l'attentat, alors que ce genre d'assassinat se multiplie dans la région de Madrid, et l'attribue à un réseau communiste de grande ampleur. Un procès est ouvert contre 67 membres des JSU, déjà jetés en prison au moment de l'attentat, mais accusés d'appartenir à une organisation rebelle, d'avoir distribué des tracts avant l'entrée des troupes nationalistes à Madrid. On les accuse finalement de « troubler l'ordre social et juridique de la nouvelle Espagne », d'« adhésion à la rébellion », et indirectement d'avoir soutenu l'attentat contre le commandant Isaac Gabaldón. C'est dans ce groupe de 67 accusés que figurent les « treize roses ». Un premier conseil de guerre, le 4 août 1939, condamne à mort 65 des 67 accusés, l'exécution étant placée aux jours suivants. Comme la majorité pour les femmes était fixée à 23 ans (21 pour les hommes), onze des « treize roses » étaient mineures, mais ces dernières furent jugées par la « Loi des responsabilités politiques » qui avait abaissé l'âge de la responsabilité à 14 ans.

Les treize jeunes femmes, enfermées ensemble à la prison de Las Ventas, sont exécutées contre le mur du cimetière de la Almudena, le même jour que 50 de leurs camarades masculins, au matin du 5 août. Le 7 août, un autre conseil de guerre condamne plusieurs hommes à mort et, quelques jours plus tard, 24 autres personnes sont condamnées à mort dans un  procès. Sur 364 personnes jugées pour l'attentat contre le commandant Isaac Gabaldón, la plupart sont exécutées.

Leur exécution connait un certain retentissement international lorsqu'on apprend que, parmi les 63 premiers exécutés se trouvaient treize femmes dont 11 mineures.

Malgré l'émotion internationale Franco continuera à assassiner tout opposant à son régime, et enfermera à tout va  les femmes républicaines avec leurs enfants...On apprendra plus tard comment Franco et son régime ont volé les enfants des républicaines.

.... Rendons hommage aujourd'hui à ces treize roses , il y a 82 ans ces jeunes femmes qui  tombaient sous les balles du dictateur.

Postérité

Une fontaine des Trece Rosas a été inaugurée en mai 2006 dans la ville madrilène de Getafe, au croisement de l'avenue de España et de l'avenue Juan de Borbón. Elle comporte treize jets agrémentés chacun d'une statue d'acier, avec le nom de chacune des treize femmes. Dans la même ville, un parc du quartier El Bercial a été appelé Parque de las Trece Rosas.

Souvenirs de cet événement douloureux :

-dans la  littérature ( théâtre, roman) révèlent le martyr des treize roses « 

-au cinéma ; film tiré du roman les treize roses rouge de Foncesa connut un succès 

- dans la  musique d'aujourd'hui : un groupe aragonais rock a édité en 2005 une chanson « las tres rosas » pour leur rendre hommage

-Commémoration : Depuis 1988 se tient chaque année, le 5 août, une cérémonie en hommage aux treize roses, dans le cimetière de la Almudena, à Madrid, face à la plaque commémorative posée en 1988, près du lieu où elles ont été exécutées.

Hommage à ces treize résistantes 

Les Treize roses

Carmen

 

Il y avait treize roses sur un rosier

Certaines épanouies et d'autres en bouton

Treize fleurs qui ne demandaient qu'à aimer

Aux robes de pétales cernées d'aiguillons.

Dionisa

Treize chevelures qui vibraient au vent

Treize âme pures aux cœurs ardents

Face aux fusils aux loups et aux chiens

Elles s'étaient dressées, un beau matin.

Anna

On vint les arracher  pour les détruire 

Qu'avaient -elles fait pour mourir en martyr ?

Elles regardèrent un dernier fois le soleil

Près du cimetière , un arc-en-ciel. 

Julia

Elles s'appelaient Carmen, Martina ,Blanca 

Pilar, Vertudes, Julia

Joaquina, Adelina, Ana , Elena

Dionisia,  Luisa, Victoria

 

Elles ne demandaient qu'à fleurir 

Qu'à répandre le parfum du désir

Mais les balles assassines 

Ecrasèrent leurs pétales et  leurs racines.

 

Trece rosas

Trece rosas en un rosal

 

Había trece rosas en un rosal
Algunas florecen y otras cerradas
Trece flores que solo querían amar
Con vestidos de pétalos y  de espinas.



Trece cabellos que vibraban en el viento.
Trece almas puras con corazones ardientes
Frente a pistolas con lobos y perros
Se habían enderezado para siempre



Vinieron a romperlas y destruirlas
¿Qué habían hecho para morir como mártir?
Miraron por última vez el pájaros lira
Cerca de un cementerio, un arcoíris

Blanca

Llamadas Carmen Martina ,Blanca 

Pilar, Vertudes, Julia

Joaquina, Adelina, Ana , Elena

Dionisia, Luisa,Victoria



Solo querían florecer
Difundir el aroma del deseo
Fueron las balas à l' amanecer 
Quien disperso sus pétalos .

 

 

Tag(s) : #les treize roses, #Histoire
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